Accomplir une vie, ce n’est pas en allonger indéfiniment la durée ; même scientifiquement possible, cela demeure absurde, hors toute sagesse

Publié le par Michel Durand

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Après son déjeuner avec les dirigeants des grands entreprises high-tech (Google, Facebook, Mozilla, Tesla, Twitter...), François Hollande a inauguré le French Tech Hub, à San Francisco. (ALAIN JOCARD / AFP)

 

Didier Renard, profitant de la visite de François Hollande en Silicon Valley, dans une lettre ouverte au président, lui livre (je cite) : « des principes directeurs et des faits relatifs aux nouvelles technologies et de l'humanité dont je sais, écrit Didier Renard, que vous pensez qu'elles seront centrales dans l'évolution du monde en général et de la France en particulier ».

Cet informaticien pense que les élites françaises doivent revoir totalement leur manière d'appréhender la nouveauté. Voir la lettre dans Le Point.

Il dit qu’il y a urgence.

« À très court terme, l'espérance de vie va augmenter de façon drastique. Le directeur de l'innovation de Google, Ray Kurzweil, espère très sérieusement vivre 800 ans... Le clonage d'organes vitaux est pour bientôt. Cela aura des conséquences majeures en termes de financement du système des retraites et d'assurance maladie ».

Selon Ray Kurzweil, « en 2050, des robots nanoscopiques circuleront à toute vitesse dans nos vaisseaux sanguins, faisant de nous des humains non biologiques. On atteindra enfin l’idéal du savoir universel, on pourra se gaver sans prendre de poids, revêtir la forme qu’on voudra, ne plus jamais être malade et choisir l’heure de sa mort. » Les technoscientifiques de cette tendance affirment que « les religions ont fait leur apparition dans des sociétés préscientifiques. Quand on n’avait aucun espoir de pouvoir allonger la durée de vie de manière significative, les gens assénaient des idées telles que : “La mort n’est pas si terrible”. Aujourd’hui on peut contourner la mort. L’objectif est d’atteindre… une année de vie par année jusqu’à ce que nous soyons en mesure d’allonger à l’infini la vie humaine. »

Devant un si beau programme, il n’y a pas à hésiter, un chef d’Etat ne peut qu’encourager et soutenir les jeunes pousses françaises de la Silicon Valley. Et, au regard du milieu de la haute technologie, notre liturgie ne peut qu’être absurde. Ben Sirac le sage et sa vision de la mort, est totalement préscientifique. Sa croyance en un Dieu qui connaît les actions des hommes dénuée de toute intelligence.

Je vous concède que mon introduction est un peu longue. Pourtant nécessaire, afin de sérieusement situer la Parole de ce jour dans notre contexte. Car il ne s’agit pas de juxtaposer la Révélation divine à ce que nous font vivre les promoteurs d’un monde toujours meilleur, mais d’interroger ce monde à l’aide de la pensée divine.

Alors, regardons ce que Jésus nous propose dans l’Evangile selon Matthieu au chapitre 5.

(...)

Je voudrais, à la suite de la proclamation de la Parole rappeler qu’une liturgie est vraie quand, par elle, Dieu, en Christ, nous accomplit. Oui, une liturgie authentique nous place dans la dynamique de l’accomplissement, de l’affirmation à la suite de Jésus, le maître des accomplissements. Il montre sans cesse qu’il n’est pas venu démolir nos histoires de vie, nos activités, nos mondes relationnels, mais les accomplir, les transfigurer, en toute sagesse ; allonger indéfiniment la durée d’une vie, même scientifiquement possible, demeure absurde.

Entendre ou lire toute l'homélie de ce jour en l'église Saint-Polycarpe à Lyon ? Venir ici.


Publié dans Eglise

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