Accueil des migrants et dialogue islamo-chrétien

Publié le par Michel Durand

Nourrir l'espérance

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La question de la migration ne se pose pas seulement en Europe. Les pays du Sud de la méditerranée sont également concernés.

Touchant la question cruciale des migrants l'Europe cherche à mettre en œuvre une protection drastique qui ne va pas toujours dans le sens de la justice, et devient souvent source d'exclusion et de discrimination.

L'argent qui sert à protéger les frontières pourrait servir à développer l'indépendance alimentaire des pays d'où partent les migrants et des moyens pourraient être mis en œuvre pour assurer une vie digne à tous les citoyens.

 

Tunis, le 4 mai 2011

Les évêques de la Commission mixte

Méditerranée-Maghreb Europe

et leurs collaborateurs à la Conférence des évêques de France écrivent :

 

Du 2 au 4 mai 2011 s'est tenue à Tunis une rencontre d'évêques venus de France, d'Espagne et du Maghreb. Accueillie chaleureusement par Mgr Maroun Lahham, archevêque de Tunis, leur réunion appelée : « Commission mixte» avait pour objet d'échanger sur l'accueil des migrants et de faire le point sur le dialogue islamo-chrétien dans leurs communautés ecclésiales. tunisie-migrants.jpg

En ces temps que nous vivons, les pays du Maghreb et d'autres pays arabes connaissent des revendications importantes touchant la dignité humaine, la liberté, la justice et l'aspiration à une vraie démocratie. Les évêques ont échangé sur les répercussions politiques et sociales que ces événements provoquaient dans de nombreux pays pris de court par ces évolutions rapides. Concernant la Libye, ils appuient les interventions du Pape Benoît XVI et de Mgr Giovanni Martinelli, vicaire apostolique de Tripoli, sur la priorité du dialogue politique : personne ne pourra maîtriser les conséquences des interventions armées qui frappent aussi des victimes innocentes. (Voir ci-dessous la vidéo prise sur France 24)

Touchant la question cruciale des migrants, les évêques constatent que l'Europe cherche surtout à mettre en œuvre une protection drastique qui ne va pas toujours dans le sens de la justice, et devient souvent source d'exclusion et de discrimination.

Le Maghreb est le lieu de transit des migrants en provenance de l'Afrique sub-saharienne et les Églises y sont témoins des drames que vivent des hommes et des femmes qui quittent leur pays, et elles font d'importants efforts pour les accueillir et les accompagner.

Ces personnes sont remarquables, dans leur détresse, par la force humaine et spirituelle qui les pousse à continuer leur transhumance, qui hélas se transforme souvent en calvaire. Se mettre à leur écoute, aide à changer le regard, à être plus exigeants sur les questions de justice et de solidarité à l'égard de ces frères et sœurs étrangers qui frappent à notre porte.

Sur cette délicate question des migrations, deux attitudes ont du mal à se rejoindre : celle de nombreux politiques qui veulent assurer d'abord et parfois exclusivement la sécurité et la protection de leurs citoyens, malheureusement souvent pour des raisons électoralistes, et celle des disciples de l'Évangile, qui, au risque d'être taxés de naïveté, veulent envers et contre tout servir d'abord les personnes et les défendre dans leur dignité, y compris si elles sont clandestines et sans papiers. Ces deux attitudes pourraient se conjuguer si l'argent qui sert à protéger les frontières servait à développer au moins l'indépendance alimentaire des pays d'où partent les migrants et si des moyens étaient mis en œuvre pour assurer une vie digne à tous les citoyens. Ceux-ci ne seraient plus dans la nécessité de partir au péril de leur vie. Depuis des dizaines d'années, les papes ne cessent de le dire, comment ne pas le redire avec eux ?

Concernant les efforts mis en œuvre pour voir avancer le dialogue entre chrétiens et musulmans, les évêques sont pris entre la joie de voir mises en oeuvre des initiatives encourageantes au sein de leurs diocèses et la peine de voir s'amplifier des résistances dues à la peur et à la méconnaissance réciproque dans tous les pays à majorité chrétienne ou musulmane. Il est vrai que certains courants fondamentalistes ne peuvent que renforcer ces craintes.

Ils restent persuadés que la priorité doit être donnée à la rencontre entre personnes d'horizons différents qui laisse souvent place à un échange plus vrai et plus spirituel. La convivialité, vécue au quotidien, reste le terrain d'élection d'un dialogue théologique toujours nécessaire. Les évêques se réjouissent de toute initiative en ce domaine.

Nous soulignons la fécondité et la nécessité de ces travaux réguliers entre les Églises des deux rives de la Méditerranée: elles nourrissent l'espérance.

 

Tunis, le 4 mai 2011

Signé par : Les évêques de la Commission mixte

Méditerranée-Maghreb Europe

et leurs collaborateurs à la Conférence des évêques de France

 

 

 

Appels pour la paix et l'hospitalité

Quelques déclarations au sujet des événements en Libye

Non seulement la Libye est un pays voisin de l'Algérie avec lequel nous avons près de 1000 km de frontières communes, mais nos Églises collaborent dans la même Conférence Épiscopale du Nord de l'Afrique (la CERNA).

Nous nous sentons donc particulièrement touchés par les appels émanant de Mgr Martinelli, vicaire apostolique à Tripoli. Nous relevons ci-dessous quelques-unes de ses interventions.

 (À noter que nous n'arrivons pas à avoir de nouvelles de l'Église dans la partie est du pays où se trouve Mgr Sylvester Magro, vicaire apostolique à Benghazi)

 

- « Hier, 2.000 Erythréens de Libye sont venus dans l'église et dans nos locaux en nous demandant assistance », Fides 28 février 2011

 

- « Il faut encourager les fidèles qui restent : Des immigrés africains et philippins », Zenit 11 mars 2011

- « la guerre ne résout rien » Fides, 22 mars 2011

- « l'Église peut approuverl humanitaire, mais pas la guerre. », Fides 6 avril 2011

- « Les femmes libyennes se plaignent des bombardements et des violences à l'encontre des civils», Fides 16 avril

- « On joue avec la vie des civils -les bombes ne résolvent pas les problèmes », Fides 02 mai 2011

- « L'Église est devenue le point de repère pour les communautés étrangères privées d'ambassades », Fides 7 mai

- « Une trêve est nécessaire pour permettre à la population de reprendre son souffle », Fides 14 mai 2011

 


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