Appels à théologiens

Publié le par Michel Durand

au-delà de l’utopie monétariste et matérialiste du progrès

De diverses manières, nous constatons l’épuisement des ressources naturelles sur toute la planète. Qui n’entend pas parler aujourd’hui du réchauffement climatique ? Ce qui se dit à Copenhague souligne l’existence de deux mondes, les pays pauvres et les pays riches ; un déséquilibre mondial qui traverse les siècles et manifeste, dans la durée, l’absence de fraternité et, encore plus, de solidarité. (Pour d'info, voir ici ; ici aussi ou encore)

Dans des domaines totalement différents, comme, par exemple, l’inconnu des manipulations génétiques, nous constatons, intellectuellement, qu’il est nécessaire de placer des limites aux désirs sans fin de l’homme.

Mais ces prises de conscience ne sont pas suivies d’effet, car au nom d’un prétendu progrès, la course en avant se poursuit. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le comportement des uns et des autres devant la crise monétaire. On alimente la machine pour que tout puisse se continuer dans le même sens. Les commentateurs s’empressent de rappeler que, de tout temps, le libéralisme a su imaginer à son profit les sorties de crise.

Or, il est certain qu’actuellement il faut sortir du capitalisme, d’une confiance absolue au progrès matériel, d’une conception de l’existence visant à acquérir toujours plus.

La Révélation du Christ invite, en effet, à mettre en place une économie de l’échange contre une économie concurrentielle visant une croissance infinie et indéfinie. « A quoi sert de gagner le monde entier si l’on en vient à perdre son âme ? »

Pour adopter de nouveaux modes de vie, la doctrine sociale de l’Église apporte déjà de nombreux éléments de réflexion. Mais ses appels ne sont pas suivis d’effets significatifs. Il leur faudrait une position anticapitaliste plus suivie. En ce domaine, soutenues par les grandes finances mondaines, les instances ecclésiales autorisées demeurent trop modelées par l’esprit du temps.

Tout ce propos ainsi résumé interroge la théologie. Quels sont les théologiens qui abordent ainsi les questions que posent nos actuels modes de vie ? Comment les convertir dans le sens de l’Évangile et au nom de quoi, de qui, les convertir ? Comment et pourquoi entendre les appels émanant des objecteurs de croissance à vivre simplement selon une pauvreté volontaire. Que signifie pour aujourd’hui la pauvreté évangélique ? Pourquoi et comment mettre en place une fraternelle solidarité universelle ?

appel à théologiens

Je ressens pour faire le point sur cette question la nécessité de rencontrer un théologien. Situé dans la ligne de Jacques Ellul, Jürgen Moltmann, Jean-Baptiste Metz, Joseph Moingt… il reprendrait pour aujourd’hui, les éternelles questions qui concernent Dieu, l’homme et la création, son usage. Le débat sur cette question doit être porté par des convictions sorties de l’emprise du capitalisme dont on ne peut se  satisfaire de sa moralisation.

Ce théoligien existe certainement, hélas je n'ai pas la chance de le recontrer.

 


Publié dans Anthropologie

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