Bientôt une réelle crise humanitaire

Publié le par Michel Durand

Ces dix derniers jours, j’ai reçu plusieurs appels téléphoniques de jeunes femmes, enceintes, vivant dans la rue. Le 115 ne répond plus, me dit-on. Il n’y a plus de place dans les foyers et structures d’accueil.

Une avocate puis un membre de « médecins du monde » m’ont demandé si la paroisse pouvait accueillir une femme avec enfants.

Hélas non, la maison paroissiale est bien pleine et, pour le respect de celles et ci qui y vivent déjà ou qui fréquentent régulièrement et fidèlement les lieux, il n’est pas possible de dépasser les limites du convivial possible.

La conversation que j’ai eue avec un militant lyonnais de « médecins du monde » reflète ce qui se passe un peu partout. Les centres d’accueil n’ont plus les moyens de leurs engagements.

Je me suis alors tourné vers les services officiels de l’Eglise catholique à Lyon pour avoir quelques idées possibles d’action. Il semble qu’ils n’aient pas non plus mes moyens de leur vocation. Un nouveau responsable vient d’arriver au service « migrants » (cela change souvent) et n’a pas encore fait le tour de toutes les questions. Celui qui a regardé attentivement la situation des Roms, notamment dans un dialogue avec la préfecture, a rejoint une autre ville. Et l’on me rappela que le service migrants n’est en charge que des catholiques de rite latin. Pour les autres situations, il s’agit du service solidarité, actuellement vaquant. Enfin, j’espère me tromper.

 

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Dans la Croix du  jeudi 13 octobre, Olivier Bernard, docteur, président de médecin du monde, confirme le replis des gens sur eux-mêmes qui risque fort d’augmenter l’isolement des très pauvres.

La Croix : Dans votre bilan, vous dénoncez une politique qui « écarte volontairement du soin les plus vulnérables ». Qu’attendez-vous de la présidentielle ?

 

Les expulsions de campements roms, la chute des subventions de l’hébergement d’urgence, la création d’un droit d’entrée à 30 € pour les étrangers sans papiers qui souhaitent bénéficier de l’Aide médicale d’État (AME), tout cela a réduit les possibilités de se soigner. Nous aurons des propositions à défendre auprès des candidats.

Nous continuons à penser qu’il faut fusionner l’AME et la couverture maladie universelle (CMU), comme le préconise également l’Inspection générale des affaires sociales. Cela faciliterait les démarches administratives des patients tout en permettant de faire des économies de gestion.

Il faudrait également créer un dispositif dans lequel des médiateurs iraient expliquer aux populations fragiles le fonctionnement de notre système de santé. Car 76 % des personnes qui arrivent chez nous n’ont pas recours à leurs droits en matière de santé. Pour la plupart, ils se soignent en dehors des structures classiques par manque d’information.

RECUEILLI PAR JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS

 

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