« L’Église est en retard de 200 ans. Aurions-nous peur ? »

Publié le par Michel Durand

Je reçois beaucoup de messages à propos du décès de Mgr Martini. Tous reprennent les articles de La Croix et se réjouissent de l’ouverture pastorale portée par cet homme.

 

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Jean Baptiste Rougny communqiue à son réseau cette info :

La voix du cardinal Martini, ce jésuite bibliste ne s'est pas "éteinte" avec sa mort il nous laisse une interview posthume courageuse et tonifiante qui nous donne envie de relire ses oeuvres, ses articles.....ses conférences....ses encouragements !
Allons écouter sur le site de France culture la chronique de Philippe Meyer Trois minutes de bonheur !

 

 

 

Vincent Feroldi, écrit un courriel - qui me fut communiqué par un membre des groupes Reliance  avec ce commentaire : « Certains d'entre vous ont déjà reçu le texte de l'interview du cardinal Martini...  et j'aimerais savoir comment vous le recevez.

 

  • Quelques extraits de l’entretien  du cardinal Martini :

« L’Église est fatiguée. Notre culture a vieilli, nos églises sont vastes, nos maisons religieuses sont vides, et l’appareil bureaucratique de l’Église se développe. Nos rites et nos habits sont pompeux (…) Nous nous trouvons dans la situation du jeune homme riche qui s’éloigne, empli de tristesse, alors que Jésus l’appelle à devenir son disciple. Je sais bien qu’il est difficile de tout laisser… Mais au moins pourrions-nous chercher des hommes libres et attentifs au prochain, comme l’ont été Mgr Romero et les martyrs jésuites du Salvador. Où sont les héros qui pourraient nous inspirer ? En aucun cas, nous ne devrions nous en tenir aux limites de l’institution. (…)

Dans l’Église aujourd’hui, je vois tant de cendres qui cachent les braises que je me sens souvent pris d’un sentiment d’impuissance. Comment peut-on libérer ces braises pour revigorer la flamme de l’amour ? (…)

Je conseille au pape et aux évêques de chercher, pour les postes de direction, douze personnes « hors normes », proches des pauvres, entourées de jeunes, qui expérimentent des choses nouvelles. Nous avons besoin de ce contact avec des hommes qui brûlent, pour que l’Esprit puisse se diffuser partout.

Mon premier conseil est la conversion. L’Église doit reconnaître ses propres erreurs et entreprendre un chemin radical de changement, à commencer par le pape et les évêques. À commencer par les questions posées sur la sexualité et le corps. (…) Nous devons nous demander si les gens écoutent encore les conseils de l’Église en matière sexuelle. L’Église est-elle encore, dans ce domaine, une autorité de référence ou seulement une caricature pour les médias ?

 

Vincent Feroldi :

Le 31 août dernier est décédé le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque émérite de Milan.

Dans une dernière interview réalisée le 8 août dernier et publiée le 1er septembre 2012 dans le journal italien, Corriere della Sera, il partageait son amour de l’Église en l’invitant à faire preuve de courage.

Ce texte a profondément marqué quelques chrétiens, laïcs et prêtres du diocèse de Lyon.

Ils lui adressent ce merci !

 

 Merci, Cardinal Martini !

Jusqu’au bout, même après votre mort, vous nous appelez à l’essentiel. Vous souhaitez à notre Église davantage de courage de prendre « comme fondements » plutôt que la peur « la foi, la confiance, le courage ». Merci !

Comme vous, nous aimerions tant que « les braises » soient libérées pour s’enflammer. Vous nous incitez à « un chemin radical de changement », à « une conversion » nécessaire pour le service de l’Église dans le monde. Merci !

Comme le Concile Vatican II, vous nous invitez à écouter « notre voix intérieure » dans un dialogue avec la Parole de Dieu. Merci !

Vous insistez sur le fait que les sacrements n’ont pas été institués pour exclure, mais pour « guérir » et « fortifier » ceux qui ont besoin de l’être. Merci !

Vous persistez à croire « à l’effet positif du Concile » pour aujourd’hui et pour demain. Vous soulignez comment il « a perçu les nombreuses forces positives dans le monde qui poursuivent le même but que notre Église à savoir celui d’aider les hommes, de chercher et de vénérer le Dieu unique. » Merci !

Au moment où l’on vous porte en terre et où notre Église fête les 50 ans de Vatican II, comme membres du Peuple de Dieu, peuple de baptisés animés par l’Esprit de liberté, nous vous remercions.

Lyon, le 3 septembre 2012

Jacques BOLON, Vincent FEROLDI, Marie-Jo GUICHENUY, Pierre LATHUILIERE, Christian et Nathalie MIGNONAT, Jacques PURPAN, membres du « Groupe du Vallon »

 

(3) Pour en savoir plus

l'article en italien, avec traduction ; article du Monde : Voir ce document joint.

Sur Atlantico : Bernard Lecomte

Sur La Vie : Foule aux obsèques du cardinal Martini et le texte de l'entretien,  interview posthume du cardinal Martini

Publié dans Eglise

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