Chargé de recueillir de l’argent « pour la formation de prêtres

Publié le par Michel Durand

La publicité ne fait plus peur à l’Église. Notamment pendant les campagnes du denier de l’Église où elle publie des affiches, des tracts, des clips vidéo

Elle organise aussi des campagnes pour obtenir de l’argent afin de venir en aide aux personnes et aux pays les plus pauvres par le biais, par exemple du Secours catholique et du CCFD, Comité catholique contre la faim et pour le développement.08711154028.jpg

Il lui arrive aussi de faire de la pub dans le contexte de l’Évangélisation.

Comme pour l’argent, on pourrait dire que ce n’est qu’un outil, neutre en lui-même. Tout dépendrait de la façon dont on utilise ces outils.

N’empêche que je ne peux m’empêcher de m’interroger. Marketing, démarchage, propagande sont-ils vraiment conformes au message de l’Évangile ? J’accepte plus facilement une campagne pour une aide humanitaire, appel à la solidarité universelle, que pour une œuvre de présentation du Christ, un encouragement pour devenir prêtre.

Cette réflexion m’est venue quand un ami m’a communiqué sa surprise d’être sollicité par téléphone pour aider financièrement les vocations sacerdotales de la Communauté de l’Emmanuel.

Je vous livre son témoignage :

Je travaille à mi-temps à mon domicile. Mercredi après-midi 3 mars, j’étais chez moi. J’ai reçu un appel téléphonique. Mon interlocutrice me demande tout de suite si je connais la Communauté de l’Emmanuel. Je lui réponds que oui. Comment ? Je suis catholique, mais sans rapport aucun avec cette communauté. La personne me rappelle en une phrase notre contexte de crise des vocations puis me dévoile l’objet de son appel : elle est chargée de recueillir de l’argent « pour la formation de prêtres de l’Emmanuel ». Je m’étonne auprès de mon interlocutrice de sa démarche et de la méthode. Je lui demande si elle appartient à la Communauté de l’Emmanuel ou si elle travaille juste pour une entreprise de démarchage téléphonique. Elle me répond qu’elle est employée par un centre d’appel privé pour recueillir des fonds et n'a personnellement rien à voir avec l'Église.

Comment ce centre d’appel a-t-il eu connaissance de mon numéro de téléphone ? Cette entreprise est-elle en possession d’un fichier de catholiques ? Qui lui aurait communiqué ce fichier ? Je ne lui ai pas demandé.

 

L’origine de mon questionnement vient peut-être de mon imprégnation pradosienne. Antoine Chevrier écrit : "Notre Seigneur n'emploie aucun moyen extérieur, il prend un homme auquel il communique sa vie, son esprit, il en choisit douze qu’il forme à la vie évangélique ; mais ce n’est ni en les casernant, ni en les faisant marcher au pas qu’il les forme ; il ne bâtit, ni ne bat de la grosse caisse, ni musique, ni concert, ni théâtre ; au contraire, il leur défend d'employer tout moyen extérieur ; sans argent ni belle apparence ; je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups ; prêcher, instruire, guérir ; les moyens extérieurs n'aboutissent à rien, la croix, la souffrance, la grâce, la patience".

Est-ce la peur des moyens modernes de communication qui fait que mon ami et moi-même, nous nous sentons mal à l’aise avec des démarchages à domicile pour avoir des sous ? Je ne le pense pas ; c’est plus profond. Il en va du sens de la présence du ressuscité dans l’Église.


Publié dans Eglise

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Marie-Hélène Gaudin 06/03/2010 11:25


Moi aussi, j'ai été interpellée au tél. pour la même cause.
Moi aussi, j'ai été choquée de ce procédé.
La subsistance d'un séminariste ne me semble pas du même ordre...
Elle est sans doute confiée àla responsabilité des communautés ecclésiales.
Mais ce n'est pas une marchandise !
A force de vouloir se conformer aux manières de faire du "monde," ne risque-t-on pas de défigurer le témoignage que nous devrions donner ?
Dans ce monde en crise, difficile à vivre pour beaucoup de pauvres, ne risque-t-on pas aussi de déresponsabiliser les futurs prêtres... Et leur laisser croire que parce qu'ils osnt prêtres, ils ont
droit à tout ?
Je ne suis pas sûre que ce soit un bon moyen pour les faire entrer dans le mystère d'une Eglise qui se dit "Servante et pauvre" ???
Marie-Hélène G.