COMPTE – RENDU DES REPONSES Au texte "L’EVEQUE ET SON PRESBYTERIUM" ou "LE COLLEGE DES PRETRES".

Publié le par Michel Durand

À plusieurs reprises j’ai publié sur ce « blogue » des textes concernant les prêtres et les chrétiens (la vie de l’Église), textes qui sont durs à lire. Il convient d’en reprendre à plusieurs fois l’approche. Ainsi, pour pénétrer le sens de ce que Robert Beauvery m’a communiqué, il est bon de relire l’apport précédent : l’évêque et son presbyterium. 

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Pentecôte, Giotto

 

Robert n’est pas totalement tendre avec ma démarche de blogueur quand il écrit : « à défaut, de s’exprimer par des voies latérales, les blogues par exemple, fort respectables en elles-mêmes, et certainement précieuses pour la diffusion de réflexions chrétiennes partielles. Cependant, il serait dommageable, et à plusieurs titres, que le vrai besoin de dialogue à l’intérieur de l’Église ne s’exprime que par ces voies latérales, au détriment de l’échange de « paroles » au sein d’un espace ecclésial, de communion fraternelle, et même « sacramentelle » selon Mt.18, 20.

Mais je pense qu’il a raison et je ne peux nier que le besoin d’écrire à tout public des réflexions « existentielles » provient en partie de la non-existence dans le travail pastoral d’espace de dialogue approprié.

J’en reparlerai. En attendant, voici le texte de Robert Beauvery. Je le place sous le signe de l’Esprit Saint qui invite à toute Vérité et Liberté.

 

Après avoir écrit ce texte, j’ai éprouvé le besoin d’en faire part à des proches ; un besoin qui appartient, je crois, à la nature humaine, marquée par l’ouverture sociale : une bonne chose, telle la relecture des Documents conciliaires ! se partage, naturellement,  Cf. 1 Co. 7, 7.

Après avoir reçu les premières réponses, j’ai pris conscience de l’opportunité du texte dans le climat actuel ; de la nécessité de sortir de la confidentialité, et de le faire connaître à qui de droit. De fait, je l’ai envoyé à une trentaine de personnes : évêques, vicaires, généraux et épiscopaux, prêtres et laïcs responsables des services ; diacres et supérieur religieux travaillant dans le diocèse…

 

REMARQUES  PRÉLIMINAIRES :

Les réponses sont marquées par le contexte sociétal et ecclésial actuel  – qui s’en étonnerait ! – en général ; et, plus spécialement, sur 3 points :

 

1. Il y a maintenant plus de 50 ans que des théologiens, comme Karl Rahner par exemple, avaient signalé le passage d’un certain statut de chrétienté, que connaissait encore l’Église du début du XXe s., à un statut de d i a s p o r a, nouveau pour elle.

    Aujourd’hui, ce sont les chrétiens, eux-mêmes, qui commencent à découvrir qu’ils ne sont plus qu’une minorité, au sein d’une société sécularisée, nonobstant le fait que l’ensemble des chrétiens représente la première religion de France, sur le plan numérique. Certains d’entre eux sont tentés par un mouvement de restauration d’un passé qui n’existe plus. Cette posture n’est pas nouvelle dans l’histoire du Salut ; en effet, les sages de la Première Alliance ont éprouvé le besoin de réagir, avec une certaine sévérité, contre ceux qui plaçaient l’idéal de vie dans les temps anciens. « Ne dis pas : pourquoi le passé fut-il meilleur que le présent ? Car ce n’est pas une question inspirée par la Sagesse » Qo.7,10.

     

    2.  Les chrétiens laïcs, plus insérés dans la vie sociétale, aux multiples contraintes, ressentent, parfois douloureusement, les retombées néfastes des lacunes de la hiérarchie catholique en matière de communication sociale. Ils éprouvent le besoin de prendre la parole, de dialoguer avec les Autorités religieuses ; or, à défaut, de s’exprimer par des voies latérales, les blogues par exemple, fort respectables en elles-mêmes, et certainement précieuses pour la diffusion de réflexions chrétiennes partielles. Cependant, il serait dommageable, et à plusieurs titres, que le vrai besoin de dialogue à l’intérieur de l’Église ne s’exprime que par ces voies latérales, au détriment de l’échange de « paroles » au sein d’un espace ecclésial, de communion fraternelle, et même « sacramentelle » selon Mt.18, 20.

     

    3. L’attente de réponses chez mes correspondants est marquée par le caractère d’urgence. Sans doute, il serait naïf de penser que la gravité – et en partie la nouveauté – des questions posées soit résolvable dans le court terme et même le moyen terme.

     

     

    EN CONCLUSION :

     

    Si j’ai hésité à publier toutes les réponses dont certaines sont dures à lire et à entendre, je me suis décidé en définitive, après réflexion et conseils, à les rendre telles que je les avais reçues, connaissant d’expérience que les non-dits cassent la dynamique d’une recherche ou la remettent à « plus tard » : sine die

    Comme dans l’Ecclésiaste, 1, 15-26, je sollicite votre bienveillance et indulgence pour faire la lecture des réponses à l’article l’Évêque et son Presbyterium. Elles concernent l’Archevêque et ses conseils ; le Presbytérium ; la Journée annuelle de septembre qui réunit le Cardinal et l’ensemble du Collège des Prêtres.

     

    1. 1.    L’ÉVÊQUE ET SES CONSEILLERS

    Le Cardinal m’écrit : « J’aimerais bien échanger avec le Conseil épiscopal et avec le Conseil du Presbytérium sur le texte que vous m’avez communiqué… » La volonté de dialogue de l’évêque est reconnue par tous ses collaborateurs … et par tous ceux qui ont recours à lui, quels qu’ils soient, cf. récemment la jeune femme qui a joué hypocritement, au sens théâtral antique du terme, le rôle d’une victime de prêtre pédophile alors qu’elle poursuivait en fait, une enquête journalistique. Cependant, sa forte personnalité aux multiples charismes « fait que le dialogue tourne souvent au monologue ». La volonté de dialogue, reconnue par tous, est encore limitée par les absences de l’Archevêque au diocèse qui ne lui permettent pas un dialogue suivi, accompagnant un itinéraire concret, circonstancié… La gouvernance du diocèse pourrait en pâtir si les vicaires épiscopaux n’avaient pas autorité déléguée pour prendre les décisions opportunes.

     

    1. 2.    LE PRESBYTERIUM

    Certes, il représente une continuité dans l’espace et dans le temps, une mémoire précieuse : il demeure. Cependant, comme tout être vivant pérenne il évolue, grandit et s’enrichit au gré des exigences nouvelles, accueillies et intégrées, tout en restant lui-même, et en poursuivant une quête permanente de cohésion.

    Parmi les exigences nouvelles, postulant un travail de fond pour assurer l’évolution harmonieuse du Presbyterium, je n’en connais que trois principales qui m’ont été signalées… il y en a d’autres !... :

     

    2.1.                  L’arrivée au cours des dernières années, importante en nombre – que n’avait jamais connu le diocèse auparavant – de prêtres séculiers ; de religieux appartenant à des communautés nouvelles. Les uns et les autres sont marqués par des histoires, des cultures et, conséquemment, par des postures pastorales pratiquées auprès de leur peuple réciproque. Et - qui plus est- la nomination des religieux sur le terrain diocésain d’accueil est assurée en premier lieu, par leur supérieur. En second lieu, seulement, l’archevêque donne l’accord canonique requis « ce n’est pas toujours facile à accueillir ».

     

    2.2.                  « Il y a toujours eu des originaux dans notre saint corps » cf. M. Radnac et, donc, l’existence aujourd’hui sur le terrain, de quelques prêtres originaux n’est pas un fait nouveau. Ce qui est nouveau c’est que l’accompagnement de ces prêtres est beaucoup plus difficile en ces temps de pénurie qu’à l’époque où les prêtres étaient nombreux dans le diocèse. Ces prêtres mettent à l’épreuve « le vivre ensemble presbytéral » et déconcertent les paroissiens ; les changer de poste ne semble pas, pour l’heure, résoudre leur problème personnel. Y aurait-il d’autres solutions à chercher ?

     

    2.3.                 Harmonie pastorale : Il ne s’agit pas d’uniformité, de faire partout, toujours, et avec n’importe quels fidèles les mêmes approches pastorales, mais il s’agit de prendre acte que le manque d’harmonie laisse des plaies profondes, exprimées parfois par des formules exagérées comme par exemple : « changer de curé, c’est changer de religion ». Les déçus s’en vont ailleurs, un temps, puis nulle part ; et, enfin, dans des c u c h o n s identitaires.

    2.4.                   Les affrontements, dans ces temps incertains, entre clercs, aux analyses et pratiques pastorales différentes - voire opposées – peuvent aller, exceptionnellement je l’espère, jusqu’à des ruptures du travail en commun sur un secteur à eux confié, avec suppression des réunions communes … jusques et y compris l’absence de certains prêtres au repas traditionnel du Jeudi Saint dernier.

     

    CONCLUSION :

    Enraciné dans le pays et l’histoire du diocèse, l’unique Presbyterium demeure, comme un être vivant, à la fois identique à lui-même et soumis à la loi de progresser, de s’enrichir, de grandir pour être plus apte à servir le Peuple de Dieu aujourd’hui.

    Qu’ils soient prêtres diocésains depuis toujours, ou prêtres et religieux récemment arrivés, ils sont tous ensemble, les uns et les autres, solidairement responsables de la qualité, de la croissance harmonieuse, de la cohérence pastorale de l’unique presbyterium, en relevant, entre autres, les défis signalés ci-dessus. Les prochaines Journées, réunissant l’Évêque et le Presbyterium, à Francheville en septembre prochain offriront certainement un espace de travail commun.

     

    1. 3.    LES JOURNÉES DE SEPTEMBRE

    DIALOGUE ENTRE L’ÉVÊQUE ET SON PRESBYTERIUM

     

    «Le dialogue (évêque-prêtres) porterait surtout sur la pastorale ; il aurait lieu non seulement quand l’occasion s’en présente, mais dans la mesure du possible à date fixe »  Cf. C.D. 28.

    Les précédentes journées ont laissé chez les participants non seulement des bons souvenirs, mais, surtout, la conviction intime de leur nécessité. Ainsi, la prochaine est désirée et attendue, « à la date fixée » comme le suggère le texte conciliaire.

    3.1.         Dans nos temps incertains, la perception des « caps » à poursuivre peut être brouillée et donner lieu à des analyses et des engagements différents chez les uns et chez les autres. La diversité en elle-même n’est pas un mal mais dans la construction du Corps de l’Église, aujourd’hui comme hier, doit être ajustée à deux conditions essentielles pour être constructive :  1) à l’assistance de l’Esprit-Saint ;  2) à l’orientation du bien de tous, cf. 1 Co. 12, 1-3 et 14, 1-25 ; C.D. 28.

    3.2.         L’étude pastorale de nos temps incertains, la seule qui permette de construire sur le roc, aujourd’hui comme hier, passe certainement par des moyens techniques d’investigation d’où enquêtes sociologiques, certes ! Cependant, sa nature même, postule sinon d’autres moyens, du moins des postures « sages » inspirées par les textes bibliques, par exemple : « tout ce qui t’advient accepte-le » Cf. Si.2,4. Autrement dit, ce n’est pas en refusant les conditions actuelles dans lesquelles vivent les sociétés et l’Église que l’on fait avancer le Royaume. L’acceptation intelligente de ce qui advient fait partie de la sage collaboration de l’homme, aujourd’hui comme hier, au déroulement historique du Dessein de Dieu, dont « chaque jour est nouveau » Cf. Lam.3, 23s.

    La relation au temps présent et unique de l’histoire du Salut fait également partie de la posture sage pour analyser les temps présents que nous vivons au service du Peuple de Dieu, « tout ce que faut Dieu convient à son heure » Cf. Qo. 3,11 ; Jn. 2,4 et 12,1.

    Devant les incertitudes sociétales et ecclésiales qui conditionnent la gouvernance du diocèse, confiée à l’évêque et à son presbyterium, il n’est pas suffisant de dire : « qu’est-ce que cela ? Pourquoi cela ? mais il est sage de dire et de se mettre au travail : « tout doit être étudié ! » Cf. Si. 39,16.

    Vaste programme pour les prochaines Journées de septembre à Francheville. 


    Robert Beauvery


    Publié dans Eglise

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    Albertin Christophe 23/05/2010 18:42



    Bonjour,


    Ce message n'a pas vocation a répondre à votre publication. Cependant, j'aimerai attirer votre attention sur un courriel envoyé cette semaine sur votre adresse électronique
    (michel.durand@wanadoo.fr) et à laquelle il serait, peut-être, possible de répondre.


    Bien à vous,


    Christophe Albertin.



    Michel Durand 23/05/2010 20:06



    Merci pour ce courriel passant par overblog. Je viens de trouver le courriel dont vous me parlez. L'anti spam de ma machine l'avait classé parmi les "indésirables". Désormais vous êtes dans les
    "désirables". Je vais relire et prier avant de vous répondre. Je tiens beaucoup à ce temps de maturation.


    Amicales salutations