Confiance et confidence

Publié le par Michel Durand

Dans la vie : il nous faut être aidé, être aidé par de nombreuses personnes

 

CONFIANCE-ET-CONFIDENCE.jpgJe quittais à contrecœur cette boutique sans bien même avoir pu acheter ce que je voulais – et pour cause : un tremblement de terre commençait à agiter fortement tout le bâtiment dans lequel je me trouvais. C’étais un immense bâtiment, parmi d’autre immenses bâtiments, tous plus grands les uns que les autres… et d’un luxe affiché. Pour en revenir à ma situation qui n’était pas brillante, pas plus sûre que celle d’une fourmis promise au geste destructeur d’un animal ou bien d’un homme, eh bien j’avais toutefois la chance de me trouver au rez-de-chaussée de cette immense bâtisse qui devait bien comporter plusieurs dizaines d’étages au-dessus de moi… alors je me suis élancé d’instinct vers les portes du hall, des portes automatiques qui fort heureusement se sont ouvertes sans aucunes difficulté, de-là, j’ai fait la rencontre d’une personne qui m’a immédiatement pris en charge de manière surprenante, un peu comme sur son dos, dans une sorte de vol extrêmement sûr et sans aucun danger, elle m’a pris… cette personne me sauvait… je revois encore l’immense building d’où nous sortions et qui formait un grand surplomb au-dessus de nos têtes, une avancée « en toit » qui devait bien présenter ses vingt ou trente mètres de verre et de dévers à plus de cent mètres de haut… je ne pensais pas qu’une main d’homme ai pu construire pareille folie… et je n’avais pas peur, non, malgré la terre qui tremblait, malgré les façades qui tout autour de nous commençaient à se lézarder et à lâcher du ciment et des pierres à la volée : je n’avais pas peur. J’avais confiance. Totalement confiance en cette personne qui m’enlevait pour ainsi dire, que je suivais comme son ombre… Au bout d’une minute peut-être, nous nous trouvions tous deux loin du surplomb, dégagés de son ombre, dans une sorte de square qui semblait abrité, où aucune pierre n’aurait pu nous atteindre – eh bien finalement non, à présent, d’immenses blocs gros comme des maisons tombaient de très haut… sur nous… sur moi en l’occurrence, puisque je n’avais plus là le souvenir de la présence de mon compagnon ; alors j’esquivais – toujours sans aucune crainte, sans aucune crainte de la mort, mais avec grande attention –, j’esquivais ces blocs phénoménaux… tantôt à droite, tantôt à gauche, et j’avais le temps de les éviter ; ma conscience étant rendue extrêmement fine par l’imminence du danger, je percevais la chute des ces « pavés » un peu comme s’ils fussent tombés au ralenti… ils plongeaient jusqu’au sol, parfois directement sur moi, mais « lentement », au ralenti oui, me laissant tout le loisir – si l’on peut dire – de les éviter, et même de me garder de leurs éclats qui jaillissaient de toutes parts … enfin, j’avançais tant bien que mal pour me mettre à l’abri, à l’abri d’un immeuble qui cette fois-ci m’inspirait confiance car il était solide, mais je devais jusque-là, c’est cela, plus ou moins zigzaguer dans ma course pour ne pas me voir écrasé comme une toute petite bête pourrait l’être par un très gros caillou tombé du haut d’une falaise… et le bâtiment-refuge vers lequel je me dirigeais est venu jusqu’à moi autant que je me suis précipité vers lui ; sous son ombre et sous sa protection, j’y étais, là, maintenant, les éboulement faisant toujours rage autour de moi, plus que jamais, même, mais j’y étais, plus rien ici ne pouvait m’arriver, plus rien de fâcheux, de destructeur ; une amie d’autant plus était là, une sœur que je connaissais bien et qui me conseilla de surtout ne pas bouger, d’attendre patiemment, conseil que je suivis –  inutile de vous dire – à la lettre. Et mon rêve s’acheva sur ce sentiment-là, le rêve de cette nuit. Il nous faut être aidé. Dans la vie : il nous faut être aidé, être aidé par de nombreuses personnes qui en savent plus que nous, qui connaissent parfois mieux, bien mieux, la situation qui peut être la notre – il faut leur faire confiance, car elles nous sauvent bien souvent. Et puis il ne faut parfois pas trop s’obnubiler à vouloir acheter et posséder tout un tas de fatras, et y mettre du sien…

 

Jean-Marie Delthil.

Rêveur et pas toujours rêveur, d’ailleurs… 22 mars 2010


Publié dans J. M. Delthil

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