Conversion écologique

Publié le par Michel Durand

La Croix : Michel Kubler


Certes, Benoît XVI n’est pas le premier pape à se préoccuper de l’environnement : avant lui – et sans remonter aux Pères des premiers siècles –, bien des hommes d’Église ont affiché leur préoccupation pour ce que l’œcuménisme moderne appelle la sauvegarde de la création. Mais l’actuel successeur de Pierre restera peut-être volontiers, craignant qu’il ramène le propos du pape à un banal plaidoyer écolo.tibet-naqu.jpg

Or, le message du Saint-Père, publié hier pour la Journée mondiale de la paix qui sera célébrée le 1er janvier, a une valeur historique. Récapitulant l’enseignement de ses prédécesseurs, reprenant des analyses lucides de la crise et actualisant la doctrine de l’Église sur un sujet brûlant dont se préoccupent, en ces jours mêmes, tous les gouvernants de la planète, il se présente comme une « mini-encyclique » écologique. Surtout, Benoît XVI, adossé à une solide théologie de la création, se démarque de tout discours partisan pour aller droit au cœur de la question : il s’agit de « convertir le modèle de développement global selon une orientation plus respectueuse de la création et en faveur du développement humain intégral », tel qu’il vient lui-même de le promouvoir dans l’encyclique Caritas in veritate.

Ce propos de haut niveau devrait résonner jusqu’à Copenhague. D’abord par son postulat, qui pourrait faire l’unanimité : « On ne peut rester indifférents à ce qui nous arrive, car la détérioration de n’importe quelle partie de la planète retomberait sur tous. » Mais aussi parce qu’il bouscule quelques idées politiquement correctes du moment, appelant les puissances mondiales comme chaque individu à une véritable conversion écologique. Récusant aussi bien un panthéisme qui nivelle tous les registres du vivant et un progressisme inconscient de ses dégâts sur l’environnement, il rappelle à la face du monde qu’au centre de la création est l’homme, appelé par Dieu à maîtriser celle-ci sans jamais la mépriser. La Terre, ce lieu de la grandeur de l’humanité, est aussi – aujourd’hui sans doute plus que jamais – celui de sa responsabilité.

Michel Kubler

Publié dans Politique

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