Copenhague, au chevet de la planète, décembre 2009

Publié le par Michel Durand

 

Comme promis, voici un nouveau texte de réfléxion dans la ligne du laboratoire promu par "Chrétien et Pic de Pétrole"

 

Jean-Marie Delcourt a publié plusieurs textes : il est bon d'y retourner.

Un nuage de poussière et le ciel se vide…..

Promesses oubliées

Vive la crise

Sortir du capitalisme

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voir le blog de Jacques Barthet

 

Copenhague

Copenhague, c'est l'élaboration, sous l'égide des Nations Unies (ONU), d'une riposte à un des problèmes majeurs auxquels l'humanité va être confrontée dans les années à venir, le réchauffement climatique.

Tout est parti d'un état des lieux, d'un contrôle technique du monde jugé très mauvais par nombre d'experts scientifiques de haut vol. La carte verte est perforée de nombreux trous, le carburant n'arrive plus au moteur et le circuit de refroidissement est en panne.

 

Les climatologues, en effet, ont constaté l'augmentation anormalement rapide de la température du globe terrestre. Certes sur la durée de vie de notre univers, cette température a fluctué en raison de périodes plus chaudes ou glacières. Mais ce qui est nouveau, c'est la découverte que ce réchauffement n'est pas dû à des phénomènes naturels mais bien aux activités humaines. Comment ? Par l'effet de serre : les gaz carboniques,  produits en grande partie par la combustion des énergies fossiles, créent une atmosphère qui retient une partie des radiations solaires, après réflexion sur la terre. Un peu comme dans une serre où il fait plus chaud à l'intérieur qu'à l'extérieur.

 

Si on ne fait rien, la situation de notre planète va devenir invivable. Il s'agit ni plus ni moins que de sauvegarder la création et les humains qui y vivent. Depuis plus deux siècles d'industrialisation, l'humanité est occupée à détruire son environnement et laisser aux générations futures un héritage catastrophique. La terre va devenir une poêle à frire. Le niveau des mers va monter,  toutes les îles basses du pacifique et une bonne partie des deltas asiatiques seront noyés. On assiste déjà à une vague de réfugiés climatiques qui va grossir dans les années prochaines. Il va en résulter un grand nombre de sécheresses, une augmentation des phénomènes naturels extrêmes : comme les inondations, les cyclones, les typhons, la fonte des glaciers, l'eau va manquer pour l'agriculture et les forêts, qui par ce fait vont brûler plus aisément.

 

Si tel est le diagnostic, le remède calculé au moindre coût est d'arriver à éviter que la température du globe n'augmente pas plus de deux degrés. Tous les pays devront donc réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, en se fixant des objectifs contraignants et étalés dans le temps (jusqu'en 2050). Autant dire une révolution complète et mondiale de nos modes de production et de consommation.

Si tous les pays sont responsables de la dégradation de la situation climatique de notre planète, certains sont plus impliqués que d'autres. Les pays riches du Nord, après avoir ruiné les économies du tiers monde, leur portent un autre coup fatal, la démolition de leurs climats.

Ces derniers y sont déjà confrontés : avancée de la désertification, baisses des récoltes, nappes phréatiques asséchées. Et comment donner des leçons de sobriété aux pays pauvres alors que nous, pays riches nous continuons à vivre dans l'abondance et le gaspillage ?

 

Il faut d'urgence un plan d'aide aux pays du Sud si on veut éviter les guerres et un exode massif de réfugiés climatiques vers le Nord. Les experts s'accordent sur 110 milliards d'euros d'aides annuelles pour que ces pays puissent organiser leur croissance sans carbone et arrêter la déforestation.

Mais malheureusement,  la Conférence de Copenhague, qui réunissait 192 pays, a accouché d'une souris. Le texte final, sans objectifs chiffrés, sans calendrier, sans précisons sur les financements et sans organisme de contrôle, a fortement déçu ceux qui attendaient beaucoup de cette réunion au Sommet.

Faut-il pour autant être pessimiste ? Non, pour deux raisons.

a)    Il faut reconnaître que les problèmes sont extrêmement complexes surtout si on veut trouver un plan pour l'ensemble de la planète. Ce rassemblement fut l'occasion d'une prise de conscience :" la question du climat est mondiale". La pollution ne s'arrête pas aux frontières. Par leur présence, les 112 chefs d'Etat et de gouvernement montrent qu'un processus est lancé et qu'une gouvernance mondiale est seule capable de résoudre la crise climatique.

b)    Et si les politiques continuent à être aussi timorés et à faire de grands discours électoralistes sans agir, il faudra alors que la société civile prenne le relais. " Nous sommes tous une part de la solution" proclamaient les manifestants dans les rues de Copenhague. Il reste à appliquer la devise "penser global, agir local". Cette société sobre en carbone, il est indispensable qu'elle voie le jour. C'est  aux pays, aux communes, aux associations, aux particuliers, aux entreprises, aux inventeurs à prendre leur destin en main et à créer des "îlots écologiques" qui  vivront de façon autonome, en utilisant les énergies renouvelables ( éolien, solaire, géothermie ).


Jean-Marie Delcourt ( 23 décembre 2009)


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