Dans une société marquée par l'indifférence, maintenir un peu de fraternité et de chaleur humaine

Publié le par Michel Durand

Saint-Paul-de-Vence, la Chapelle des pénitents blancs décorée par FOLON

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 Aborder cette expression plastique en y recherchant la transcendance de Dieu venu se révéler parmi les hommes serait ne pas comprendre l’intention de Jean-Michel Folon. Critiquer cette œuvre située dans une église catholique en disant qu’elle n’est que le reflet d’une spiritualité horizontale, une religion sans Dieu autre que la conscience humaine risque tout autant de passer à côté des intentions de l’auteur.

Œuvre chrétienne ou humanisme même pas chrétien ?

Je ne saurais répondre à cette question ne connaissant pas intimement l’existence de Jean-Michel Folon. Qu’il ait illustré des passages bibliques (À propos de la création) ne suffit pas pour affirmer que l’artiste soit croyant en Dieu. Seuls ses proches pourraient se prononcer sur ce sujet. Ce que je trouve de puissant dans ce décor, c’est la paix, la douceur qui s’en dégage et la généreuse bonté qui émane de la Terre. Cela rejoint le thème que je souhaite développer cette année avec le cours d’iconographe chrétienne :

Saints au service du frère pour donner la joie.

Dans sa foi en Dieu et en l’homme, le disciple du Christ le sait vainqueur. Son service de la fraternité apporte la joie.

Jean-Michel Folon

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Jean-Michel Folon est un artiste belge, né le 1er mars 1934 à Uccle et mort le 20 octobre 2005 (à 71 ans) à

Monaco des suites d'une leucémie. Il a travaillé sur de nombreux matériaux et créé sous diverses formes : aquarelle, gravure, sculpture, tapisserie, peinture, timbres-poste, décors de théâtre.

La décoration imaginée par Folon repose sur le thème du don, choix totalement lié à la vocation caritative de la confrérie des Pénitents Blancs qui autrefois occupait la chapelle.

Appartenant à la commune depuis 1905, cette chapelle des Pénitents blancs, toujours affectée au culte catholique, a tenu un rôle important dans l'histoire du village, tout particulièrement au moment de la Révolution et pendant plusieurs siècles lorsqu'elle accueillait la Confrérie caritative des Pénitents blancs.

« Les pénitents d'aujourd'hui, comme ceux d'hier, qui ne sont que des laïcs, répondent à une double nécessité ; une nécessité sociale, puisqu'ils participent à différentes activités de leur communauté, comme l'assistance aux agonisants, l'enterrement des morts, le secours aux malades, et une nécessité spirituelle, traditionnelle parfois, comme l'organisation des fêtes religieuses et des processions, ou actuelles comme le souci, dans une société marquée par l'indifférence, d'y maintenir un peu de fraternité et de chaleur humaine. Être pénitent n'a donc jamais signifié, exclusivement, la recherche de l'expiation individuelle et solitaire, mais aussi la volonté de partager avec tous ceux qui souffrent une part de leur fardeau »

Hervé BARELLI, Les Confréries de Pénitents de Saint-Étienne de Tinée, Nice-Historique 1993, p. 128

 

Ouvrir cette chapelle à l'art contemporain, c'était ajouter une nouvelle page à sa déjà longue histoire...

La thématique de l’œuvre est largement reprise dans la symbolique employée par l’artiste : la main, particulièrement présente et le coeur.

 



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