Des méthodes barbares, indignes d’un pays comme la France qui a inscrit le mot FRATERNITE au fronton de ses Mairies et de ses Préfectures

Publié le par Michel Durand

Cette fin de semaine arrivent sur ma table ces informations concernant le regard de l’Europe, dont la France, sur les migrants. Des évènements à deux pas de chez moi.

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- non-accueil de familles d’Europe de l’Est
- non-accueil d’une mère d’origine subsaharienne et ses enfants
- l’appel aux cercles de silence de montrer leur détermination pour vivre dignement
- l’engagement de 21 associations : « À la rencontre du frère venu d’ailleurs

 

1

« Trois familles d’origine roumaines, composées de trois mamans et de neuf enfants, dont un bébé de six mois, dormaient faute de mieux, dans deux voitures stationnées le long d’un quai du Rhône. Jeudi matin 24 mai à 11h00, la Municipalité de Lyon a fait procéder à l’enlèvement des voitures sans que les familles aient été prévenues. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, elles se sont retrouvées sur le trottoir avec leurs affaires sans solution d’hébergement.

Je dénonce ces méthodes barbares, indignes d’un pays comme la France qui a inscrit le mot FRATERNITE au fronton de ses Mairies et de ses Préfectures. Jeter ainsi les personnes à la rue sans aucun égard viole gravement les principes énoncés dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme »

 

2

« Hier une assistante sociale, suite au signalement d'un habitant du quartier, un paroissien, me demandait par téléphone de loger une mère originaire d’Afrique subsaharienne, et ses enfants qui dormaient dans la rue. Aucune structure d'accueil, dont c'est pourtant la vocation, ne voulait les recevoir. Nous rencontrons l'inacceptable. N'est-ce pas le résultat de la lutte du libre marché contre l'esprit de solidarité. Je ne parle pas encore de fraternité ; la fraternité est plus que la solidarité ; mais, cet esprit solidaire devrait au moins exister. N'est-ce pas ce que l'on doit constater dans une philosophie politique (de gestion de la ville) ? Il y a là un grand cri de colère que je répercuterai au prochain cercle de silence.

 

3 du cds de Montpellier :

Avec le changement de gouvernement, c’est le moment de montrer notre détermination de citoyens à demander un changement profond de politique migratoire et un respect de la dignité humaine.

Même si les engagements de François Hollande ont été limités et prudents, il a dans sa lettre-réponse aux questions de RESF, affirmé vouloir mener "une autre politique migratoire fondée sur des règles transparentes, stables et justes (...) et conduite dans le respect de la dignité de tous les êtres humains qui sont sur notre territoire".

Conformément aux engagements écrits pris par le candidat, le placement en rétention des mineurs devra être interdit, la gratuité de l'AME rétablie, la liste des pays dits sûrs supprimée, le droit d'asile pleinement restauré.

Manifestons pour qu’au minimum ces engagements soient tenus et pour obtenir un profond réexamen du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).

 

 4

 La Croix du 24 mai 2012 :

Sur l’immigration, les Églises chrétiennes veulent « un changement de discours »

21 associations chrétiennes publient un document intitulé « À la rencontre du frère venu d’ailleurs » appelant à mettre fin à la « stigmatisation des étrangers ».

 

 

« Nous devons mettre en place une politique d’intégration qui prenne le pas sur la stigmatisation des étrangers. Arrêtons de dire n’importe quoi sur leur nombre ! Osons affirmer que l’immigration, maîtrisée, peut être une chance pour la France ! » 

 

À deux semaines du premier tour des élections législatives, François Soulage, le président du Secours catholique, ne craint pas de faire résonner sa voix dans le débat politique autour d’un sujet qui a largement occupé l’actualité présidentielle.

 

Un autre regard sur les migrations

 

Ce ton sans concession est celui de tous les responsables catholiques et protestants réunis hier au siège de la Conférence des évêques de France à Paris pour présenter une brochure intitulée : « À la rencontre du frère venu d’ailleurs. Au nom de leur foi, des chrétiens s’engagent pour un autre regard sur les migrations » .

« Nous attendons du président de la République un changement de discours sur l’immigration qui fasse honneur à la tradition d’ouverture et d’accueil de notre pays, poursuit François Soulage.

Je ne crois pas que la majorité des personnes ayant voté pour le Front national soit raciste et xénophobe. Y compris parmi les catholiques pratiquants, notamment les plus jeunes. Seulement on leur présente l’immigration comme l’unique raison de la crise. Ils la prennent pour argent comptant, faute que nous leur donnions d’autres explications. »

 

« Un enjeu politique »

 

D’où le « travail de pédagogie » qu’ont voulu mener vingt et un mouvements et services chrétiens en publiant une plaquette qui cherche résolument à « vaincre les réticences » en matière d’accueil des étrangers.

 

« L’Église est fidèle à sa mission lorsqu’elle se tourne gratuitement vers son frère sans attendre de retour », a résumé Mgr Renauld de Dinechin, évêque auxiliaire de Paris, membre de la commission épiscopale pour la mission universelle de l’Église.

 

Pour les protestants, Patrick Peugeot, président de la Cimade – service œcuménique d’entraide aux étrangers – n’a pas caché « l’enjeu politique » de cette démarche, à la fois vis-à-vis des communautés chrétiennes, mais aussi du pouvoir nouvellement en place. « Oui, nous souhaitons qu’elle ait une influence sur la politique actuelle en termes d’immigration », affirme-t-il.

 

« L’étranger est un être humain à part entière »

 

Pour Guy Aurenche, président du CCFD-Terre Solidaire, « le temps est fini de la gentille camaraderie avec quelqu’un considéré comme vaguement étrange. L’étranger est un être humain à part entière. » 

 

Et l’avocat d’appeler François Hollande « à sortir par le haut » en matière de politique d’immigration.

 

« Sur cette question, la réflexion doit d’abord englober les enjeux internationaux. Il faut ensuite renégocier les accords bilatéraux qui lient l’aide au développement aux pays étrangers à la rigueur qu’ils manifestent pour empêcher l’immigration vers la France. Enfin, notre pays devrait être pionnière en signant la Convention des Nations unies sur les droits des migrants, ce que les grandes Nations ont toujours refusé. »

 

BRUNO BOUVET

Publié dans Politique

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