Des princes parlent au "Parvis des gentils" ; de qui parlent-ils ?

Publié le par Michel Durand

1 0 472302Il m’est impossible de suivre l’actualité à la minute et même je ne le souhaite pas. Ce n’est donc qu’aujourd’hui que je rends compte de ce qui s’est dit, au moins dans les secteurs qui m’intéressent plus particulièrement, l’économie et l’art.

 

Cardinal Ravasi, président du Conseil pontifical de la Culture

 


Du très beau monde dans ces rencontres du parvis des gentils. Des princes de l’intelligence et de la société, des princes d'Eglise. Du beau linge.

Le parvis devant l’église s’ouvre sur la rue, la place publique. Or, je me demande si les orateurs que j’ai entendus, grâce aux retransmissions de KTO sur la toile, connaissent la rue.

Le sujet de l’économie a été abordé par un chef d’entreprise. Tout son discours tentait d’expliquer qu’il ne fallait pas diluer l’efficacité du système libérale, mais au contraire reconstruire le système dans une perspective mondiale globale et il citait les textes de Benoît XVI pour indiquer que l’Église était bien d’accord avec lui. Le deuxième orateur, même milieu semble-t-il, malgré la modestie de reconnaître ne pas connaître le monde des entrepreneurs, martela de diverses façons que l’économie, tel qu’elle est actuellement pratiquée, est d’une haute moralité.

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Voir le quotidien La Croix

 

Dans cette après-midi, l’art fut développé à la104ème seconde ; repère possible pour aller à cet exposé sur le curseur de KTO.

On est plongé dans l’univers platonicien de St Augustin. La forme est beauté et l’art est ce qui doit rendre beau. Esthétisme de l’esthétique. Ainsi, l’œuvre d’art naît du limon, de l’obscurité pour être sublimé. La pierre lapis lazuli donne le beau bleu du manteau de la vierge.

L’orateur a ensuite violemment attaqué les créations dites d’Avant-garde. Pour lui toute création contemporaine semble être scatologique. Or, selon lui, cet art stupide a trouvé place dans les églises et, on ne sait par quel mystère, l’immonde entre dans le culte. Le sacramentel a disparu ne laissant la place qu’à l’avant garde. Bien sûr on attaque Mgr Rouet et son ouverture vers cette forme d’expression. L’église s’est laissée fasciner par cet  avant garde pdt 10 ans !

Mgr Dagens aurait pu répondre à cette méconnaissance du travail des artistes qui ne peuvent être tous logés à la même enseigne. Il ne pensa qu’à interroger les dérives de la modernité marchande. Et d'interroger les chrétiens (les curés) qui favorisent la réduction des églises sacrées en unique espace culturel. Une église n’est pas une salle de spectacle. Dans son souci de voir un recentrage sur le culte, il ne dit rien sur l’impact du culturel dans le culte. Il termine son exposé en disant son admiration de voir des jeunes prier en silence devant des statues du Sacré-Cœur et de Saint Joseph. Surtout, ne disons pas que c’est de la religiosité suspecte.

 

Enfin, vous l’aurez compris, je ne suis pas enthousiasmé par ce que j’ai écouté. Il se peut que j’aie mal écouté. Assurément, je n’ai pas tout écouté ; mais vous pouvez le faire en suivant les liens indiqués.

 

Voilà une petite note dans la Croix du 25 mars 2011 :

L'Église entre en dialogue avec la société.

Sollicité par « La Croix » pour livrer son opinion sur l'initiative du Parvis des gentils, inauguré ces 24 et 25 mars à Paris, un animateur vedette de la télévision, qui ne fait pas mystère de son athéisme, a fait cette réponse, courtoise, mais ferme : « Je n'ai nullement besoin de l'Église pour dialoguer avec les croyants ! J'ai beaucoup d'amis qui vont à la messe... » Le dialogue engagé par l'Église avec la société, à la demande de Benoît XVI, ne va donc pas de soi. Au royaume de la raison, il serait même suspect aux yeux des esprits éclairés, comme l'explique ici la philosophe Myriam Revault d'Allonnes. Mais la forte quête de sens dans nos sociétés post-modernes révèle une attente en la matière. L'humoriste François Morel témoigne même, avec son humour délicat, d'une certaine envie vis-à-vis de ses congénères qui ont la chance de croire. Voilà donc le ferment idéal pour une discussion ouverte et respectueuse, tel que le Parvis des gentils souhaite en poser les bases.

 

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ARTRU Véronique 01/04/2011 18:39



mais justement je pense que ce qui s'est passé sur le parvis était visible et tellement d'actualité : pour les croyants-non croyants que nous sommes, le cri question de Job, que le Mal
ne parvient pas à détruire, est peut être celui de chacun de nous, en tous cas de certains peuples déchirés aujourd'hui


qui nous dit que seuls des "croyants" se trouvaient dans les murs de la cathédrale? et qui est croyant? qui ne l'est pas??????


il me semble qu'en tant qu'être humains nous sommes tous invités à sortir puis rentrer en nous meme...exister... à l'intérieur, en secret, personne (peut être meme pas nous meme) savons ce
qui se passe! Etty Hillesum nous a transmis avec bcp de liberté ce cheminement de l'existence....


 



Michel Durand 12/04/2011 18:40



Qui est croyant ? Dieu seul le sait.


Avons-nous conscience du lieu où nous parlons ? Le souffle de l'Esprit nous transforme. Conversion.



Artru Véronique 01/04/2011 09:05



Bonjour je suis "artiste"


J'aime l'art contemporain parce qu'il n'a pas la langue de bois


J'ai été profondément marquée dans cette soirée du "parvis" l'extrait de la pièce 'Job ou la torture par les amis", l'avez vous regard (extrait sur kto, minute 97) 


Et en même temps par ce qui se passait dans l'église : une longue marche de personnes venues près de la Croix posé nue, à meme le sol, et le baiser ou le geste que certains ont accompli,
rencontre essentielle, existentielle, avec Celui qui donne sa vie, jusqu'à se laisser totalement défigurer, et nous ouvrir le chemin vers la Beauté que nos yeux d'hommes ne peuvent soutenir



Michel Durand 01/04/2011 18:03



Je partage votre émotion. Et il me semble que vous répondez à mon interrogation. En effet, ce que vous me dites de la Croix posé à terre s'adresse à des gens à l'intérieur de l'é(E)glise ; des
gens qui ne sont pas sur le parvis. Or l'urgence de l'Evangile tel que le Chrit le vit, c'est au plein milieu du monde et de sa culture que cela se passe. L'écoute de l'incroyance, ou  non
croyance, ou mal croyance prime sur l'exposé de la vérité. Mais, selon les témoiganges que j'ai eu, les non-croyants n'étaient pas présents. Certes, il ne faudra pas que j'en reste au discours de
Jean Clair.