Dialogue sur internet : sous le poids du travail

Publié le par Michel Durand

Après avoir demandé l’accord de l’auteur (dont je cache le nom par discrétion), je publie ce petit échange de courriels, car il me semble un beau témoignage sur la présence de l’Église dans la société contemporaine. Certes, on pourra m’accuser de « gloriole ». Je le comprendrais. Mais, compte avant tout la présence du Christ Jésus ; la gloire de son Amour.

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 C. A. m’écrit :

Mon Père,

 

Je me permets de vous écrire afin de vous part de mes pensées. Pour tout vous dire, j'ai découvert récemment l'église Saint-Polycarpe et votre "blog".

Chrétien éloigné de l'Église, en pleine réflexion sur la vie de croyant, j'assiste régulièrement à la messe du dimanche et j'essaye de multiplier les lectures sur les différents aspects de l'Église, de la Foi. La période n'est pas forcément la mieux choisie, car le temps libre est rare en ce moment. Cependant, la lecture d'un ouvrage reçu récemment a conforté ou donné un nouvel éclairage à ce questionnement. J'aimerais vous en faire partager quelques extraits, car il me semble entrer en résonnance avec vos messages quotidiens. C'est un texte ou plutôt un entretien d'un historien français décédé récemment, connu pour son engagement catholique et la qualité de ses recherches en histoire politique. René Rémond aborde, à travers un jeu de questions-réponses, les enjeux qui touchent l'Église actuellement. Sans rentrer dans les détails, sa conclusion me semble intéressante :

 

C'est vrai, et même au terme d'un siècle qui a vu deux guerres mondiales, les totalitarismes avec les génocides que l'on sait, je ne me résous pas au pessimisme. Je garde un fond d'optimisme naturel, car il me semble que l'humanité a toujours su trouver en elle la réponse à ses problèmes. J'avoue avoir de l'admiration, et même de l'émerveillement quand je considère l'histoire, sur laquelle j'ai eu la chance de travailler et de réfléchir, et que je vois tout ce dont l'homme est capable, et qui est extraordinaire. Sans prétendre jouer au devin, je suis prêt à parier qu'il sera capable demain encore d'ouvrir des chemins de liberté et d'espérance.

Pourquoi ne le ferait-il pas sous l'impulsion et l'inspiration du christianisme?

 

René Rémond, Marc Leboucher, le christianisme en accusation, Espaces libres, Albin Michel 2005 rééd, Paris.

 

Alors, pourquoi vous écrire tout cela? Tout d'abord pour vous remercier de porter ce message qui nous questionne et, en ce qui me concerne, pour marquer une étape vers un possible retour approfondi vers l'Église. Cependant, je me permets de rester prudent et je ne voudrais pas tomber dans une effusion de mots et de citations faciles, car c'est encore un long cheminement qui s'annonce avec ses incertitudes de tous ordres.

 

Dans l'attente d'une réponse de votre part, je vous souhaite une bonne soirée,

 

C. A.

 

Ma réponse :

Bonjour, 

 

Vous attendez ma réponse. J'espère n'avoir pas pris trop de temps. En fait, je laisse toujours mûrir ce que j'aimerais dire. 

Je porte dans la prière et la méditation votre témoignage. Sans précipitation, nous laissons le travail de découverte se faire en nous. L'herbe pousse à son rythme. 

Je vous remercie de m'écrire des choses si belles et profondes qui me donnent de la force pour mettre en ligne des pensées pas toujours "religieusement " et "politiquement" correctes, mais que je souhaite, dans sa racine, à fond selon l'Évangile.

René Rémond est un grand personnage. Son regard d'historien, très scientifique. Le regard sur l'histoire de l'Église et du monde pourrait conduire au pessimisme. La foi et l'espérance de cet homme ouvrent sur l'Esprit et l'Espérance. La lecture de son livre m'a marqué et cela se sent dans mon blog comme vous le signaler en faisant le rapprochement. 

En manque d'Église ? Ou en manque d'Église !  Le souffle de l'Esprit nous place dans une position de confiance et d'espérance. Nous serons toujours en manque de perfection. Mais nous recevons la certitude qu'un mieux est sans cesse possible. 

Et vous avez raison de vous méfier de l'enthousiasme des mots. Le doute, l'interrogation accompagne l'affirmation et cela brime toute exaltation. Une paix et sérénité accompagne la démarche de foi. Ce n'est pas la certitude absolue. Savoir n'est pas croire. 

J'aimerais bien publier sur mon "blogue" votre témoignage, car il peut donner à d'autres le désir d'une démarche lente, longue et profonde. Sous le mûrissement de l'esprit et de l'Esprit. Pour cette publication je sollicite votre accord. 

Je n'ai pas le temps de relire ce petit mot et compte sur votre indulgence. 

Avec toute mon amitié. 

Michel Durand

 

 

Sa réponse : 28 mai 2010

Mon Père,

 

Je vous remercie chaleureusement de votre réponse. Je prendrai le temps de la relire et de retourner sur votre "blog" afin de réfléchir encore. Si vous souhaitez publier le premier message, je vous en prie, faites-le. Pour ma part, c'est une période un peu délicate qui s'annonce en terme d'intensité de travail. De retour sur Lyon la semaine prochaine, je retournerai à Saint-Polycarpe dimanche. J'aimerais, peut-être au mois de juillet, lorsque tout se sera calmé, avoir la possibilité de discuter avec vous un moment, lors d'une permanence peut-être?

 

En vous souhaitant une bonne fin de journée,

 

C. A.

Publié dans Témoignage

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