Dieu ? Satan ? Être spirituel ou immatériel. Les anges ; dont certains peuvent être mauvais ; facteurs de mensonges.

Publié le par Michel Durand

  • Valeurs universelles transcendantes…
  • Une vérité qui nous dépasse et face à laquelle on se sent invité à se soumettre spontanément.

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Roger Garin, la Planète bleue

Tant d'ascèse pourrait déboucher sur des tableaux ennuyeux, tristes et torturés. C'est tout le contraire. Derrière des titres bibliques (« Apocalypse », « Golgotha », « Ecce Homo »...), les toiles non descriptives de Roger Garin resplendissent de vie, de joie et de paix. L'explosion des couleurs y procure, de façon paradoxale, une impression d'harmonie et de bien être.

 

Je considère deux sortes de vérité.

- Une Vérité située au-delà du vécu qui prend de la distance et peut ainsi englober tous les particuliers. Cette élévation métaphysique permet la prise en compte d’un bien commun à tous.

- Une vérité située au-dedans du particulier, de l’individu. C’est une vérité partisane, particulière, voir égoïste qui ne vise que ses intérêts propres dans la mesure où elle se réfère essentiellement à ce que le « moi » désire. Appelons cette vérité, ma vérité propre. En aucun cas elle n’est universelle. Elle se montre incapable de respecter le bien commun. Ce sera la vérité toujours évoquée dans le contexte de la défense de bien particulier.

Le mal s’introduit dans le monde lorsque la quête d’une vérité propre s’impose à d’autres quêtes individuelles de vérité. Dans ce cas, l’individu pour obtenir le triomphe de sa propre vérité va semer le doute, le faux ; créer le trouble, diviser les autres porteurs de vérité relative. En ce sens, on peut parler du rôle du diable diviseur. L’influence de Satan, pur esprit dans les esprits humains. Père de son mensonge (cf F. Hadjadj), il diffuse sa propre vérité dans le refus de recevoir de l’Être qui le transcende, son Créateur, la Vérité.

Autrement dit, pour vivre de la Vérité et dans la Vérité, il convient de tourner son regard vers l’au-delà seul apte par sa prise de distance de chaque cas particulier de rejoindre le bien commun.

L’homme qui croit en un Créateur du monde donnera à cet Au-delà le nom de Dieu.

Celui qui n’y croit pas arrivera par l’analyse de chaque vérité propre, limitée dans son ego particulier, à dégager le bien commun, la vérité commune.

Les deux démarches se complètent.

Pour le montrer selon la foi en la révélation biblique, j’évoque de thème –et la  réalité- de la Sagesse. Présente dans l’homme, elle est également « assise » auprès de Dieu. À sa droite disent les textes bibliques sapientiaux. L’homme est à l’image de Dieu. La vérité, partielle, qui est en lui, ne s’oppose pas à la Vérité intégrale présente de Dieu.

En conséquence, pour être certain de vivre de la vérité, il importe de se disposer à recevoir de Dieu le Vrai. Être le réceptacle de sa Divine et transcendante Vérité ! L’écoute du message de la Bonne Nouvelle apportée par le Christ nous y conduit.

Certes, cette démarche de foi ne peut s’imposer à tous citoyens. On peut seulement souhaiter d’un puissant désir qu’au moins les chrétiens conscients de leur baptême vivent quotidiennement dans l’écoute attentive de la Parole de Vérité afin de la mettre en pratique. Écrivant ces mots j’ai bien conscience que je dois être le premier à me tourner vers la Vérité de Dieu et en tenir compte dans mon tout petit quotidien. Espérons qu’il en soit ainsi, mais rien n’est sûr, car je peux fort bien me laisser détourner par la recherche d’une vérité qui ne viendrait que de moi-même.

Fabrice Hadjadj indique que les multiples influences de celui qui divise, la diable, par l’annonce d’une vérité qui ne vient que de soi-même n’a pas d’autres buts que d’empêcher l’écoute du Christ porteur de la Vérité « qui vient d’En-Haut ». Effectivement, il est le Chemin, la Vérité, la Vie. Mais, quand il reviendra, trouvera-t-il encore la foi sur terre ? Satan divise en semant le doute d’une vérité qui vient de nos « mois » et qui n’est que partielle. C’est pour cela que l’Évangile est lu, relu, médité, annoncé, expliqué sans que la face du monde change. Même les hérauts de la Bonne Nouvelle ne mettent pas en pratique son message d’Amour Universel (moi le premier), de respect du bien commun, d’entente fraternelle, mondiale. La Parole entendue et comprise est lettre morte, sans vie. Elle n’est pas, redisons-le encore, suffisamment mise en pratique.

En ce sens, dans la ligne de Jérémie, l’Occident court à sa perte. Il n’est plus possible d’en rectifier la trajectoire. Sa chute dans le déclin arrive. Plus personne ne peut arrêter sa course folle qui la précipite au fond de l’abîme. Désormais, nous ne pouvons que nous préparer à nous relever, une fois le cataclysme terminé, sans, par ailleurs, regretter de ne pas avoir su éviter le drame. L’espérance propre à Jérémie, et dont nous pouvons bénéficier réside dans le fait que, avertis de la chute, (même sans avoir pu l’éviter) nous serons plus à même de repartir. C’est ce que nous enseigne l’Histoire.

Pour cela, il nous faudra être différents de l’évêque d’Hippone, Augustin qui n’eut que des paroles de lamentation devant le spectacle de la chute de Rome et de l’Empire lors du sac de la Ville par Attila (à contrôler). Son peuple, dit barbare, montra plus de force et d’intelligence que ce dont les Romains, affaiblis par leur décadence interne, témoignèrent.

Et nous, Occident du XXIe siècle ? Quelle est notre force ?

La « décroissance » n’étant pas admise dans le quotidien le plus banal, ce sera le clash (Cf Dominque Bourg). Inutile d’imaginer, des modes de vie transitoires, des étapes sociétales « durables » qui éviteraient la chute.

 

Bref, il me faut entreprendre de nouveau la lecture du prophète Jérémie pour voir comment il a eu le courage d’annoncer au peuple juif qui ne voulait pas entendre que l’Exil à Babylone était imminent.

Que parle le Jérémie d’aujourd’hui et que je sache l’écouter et inviter autrui à y porter attention.

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