Ecologie "verte", et pourquoi pas aussi "rouge"

Publié le par Michel Durand

arton6063-0a7d6.jpgLa ligne éditoriale du mensuel « Église à Lyon », média officiel de l’Église catholique romaine local, ne peut que refléter la théologie de cette Église. Cela doit être écrit quelque part dans le cahier des charges de la revue. Alors, en lisant les articles on est renseigné sur les choix pastoraux en vigueur.

L’Église, formée par le corps sacerdotal des baptisés est au service de toute l’humanité. Elle tente d’être un seul corps en écoutant les diverses vocations, variées et complémentaires, sachant gérer les conflits comme le suggère Philippe Barbarin dans son homélie à la messe chrismale (31/03/2010). L’Église, avant d’être celle du ministère presbytéral, est celle du corps du Christ, les baptisés du peuple de Dieu. Aussi en celui-ci tous sont écoutés : autant les chrétiens qui manifestent, par exemple, un « premier mai », que les dirigeants d’entreprise délocalisant, à contrecœur, leur production, mais ne pouvant faire autrement à cause des « lois du marché ».

Ces réflexions me sont venues en lisant le N° 5 – Mai 2010 de « Église à Lyon », pages 20-23 et pages 3 (édito) : Regard, « La création est un cadeau ». Quels sont les chrétiens qui « s’engagent dans une démarche active pour contribuer concrètement à la préservation et à la sage gestion de notre planète » ?

Les auteurs de ces pages parlent d’un christianisme vert, d’un Benoît XVI, pape vert, d’un cardinal vert et assurément d’un conseil pastoral vert qui « initia le carême écologique dans notre diocèse » sous le regard d’un Christ vert.

Si le « vert » évoque la poésie des espaces verts, pour que le poème soit complet, il manque le « rouge ». Mais, il est vrai qu’aujourd’hui à cause des produits déversés dans les cultures, les coquelicots ont disparu.

Fleurs, compost, petits oiseaux et papillons ne sont que les vêtements. Sous ceux-ci, il y a les racines, le squelette, la chair, le souffle, le sang.

Je parle du politique, du système économique qui engendre les problèmes rencontrés et désormais bien connus.

Isabelle Roussel, vice-présidente de l’association  pour la prévention de la pollution atmosphérique (APPA), écrit justement que « cette réalité existentielle, essentielle, va bien au-delà d’un toilettage écologique que le développement durable encourage parfois ». Mais, au moins dans cet article (je ne connais pas l’ensemble de ses écrits), cela ne va pas assez loin. Que Valpré, maison religieuse de l’Assomption, destiné au « tourisme d’affaires » se soit vu dédié le label « clé verte » n’est pas signifiant d’un avenir qui devrait politiquement se préparer dès cet instant. Aujourd’hui, tous les observateurs sont conscients que la crise financière n’aura éclairé aucune conscience de décideur. Le système, financièrement renfloué, permet que l’on continue comme avant. Que certains écologistes invitent à mettre un casque pour amortir le choc d’une société qui continue, tête baissée, à foncer droit dans le mur est largement illusoire. En effet, le capitalisme n’est fondamentalement pas moralisable ; pourquoi se cacher cette vérité expérimentée depuis plusieurs siècles ?

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- Reprenons au contraire les textes de l’Église qui parle d’analyse et d’engagements politiques.

- Choisissons des conseillers « rouges ».

- Dénonçons le mensonge du « durable ».

Des chrétiens, à tous les niveaux du corps ecclésial, sont engagés dans cette ligne critique et radicale. Pourquoi les ignorer ? SI ceux-ci ne se présentent pas spontanément aux instances chrétiennes concernées, à défaut d’être invités, c’est peut-être qu’ils ont fait l’expérience de la non-écoute.

Il m’est déjà arrivé de l’écrire dans ce blogue ; aucune question d’avenir ne peut être abordée sans une interrogation radicale de l’économisme ambiant, à moins que l’on ne se mette pas du côté des petits comme le demande l’Évangile. Cela dit, je n’ose penser que telle est la ligne éditoriale de « Église à Lyon ». Ses colonnes, entre autres, invitent régulièrement aux « cercles de silence » qui sont un cri de conscience au nom des droits humains et de l’Évangile pour le respect de tout étranger migrant.


Publié dans Anthropologie

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