Évolution des églises, évolution de l’Église

Publié le par Michel Durand

Je viens de commencer au centre Saint-Bonaventure mon cours sur l'évolution des Eglises. Je suis heureux de vous en partager la démarche.

2010-2011-0709.jpg Chapelle des Carmélites de Lyon.

Le sanctuaire selon Vatican II

 

La liturgie et son organisation dans l’espace donnent à voir les places respectives qu’occupent clergé et peuple de Dieu (les fidèles du Christ) à l’intérieur d’une église. En étudiant les bâtiments et leurs décors : sanctuaire, choeur, nef... que les chrétiens se sont donnés au cours des siècles, nous aurons une idée de la constitution de l’Église. Ce parcours étudiera six époques clefs :

 

- 1) de la maison église à l’ensemble épiscopal

- 2) la basilique du 5e siècle

- 3) l’église carolingienne (9ème siècle)

- 4) l’influence des monastères (11e siècle)

- 5) l’ouverture du concile de Trente et ses conséquences - -(16ème-17ème siècle)

- 6) la reprise de Vatican II : une meilleure connaissance de l’acte liturgique en ses origines (20e-21e s.)

 

P. Michel DURAND, Service Arts, Cultures et Foi

 

Les mardis à 14h30 ou à 19h - Durée 1h30

 

  • 22 mars 2011 ; 5 et 12 avril 2011 ; 10, 24 et 31 mai 2011

 

Le but de ce parcours est de donner une vue d’ensemble de la construction des églises depuis les origines du christianisme. Comme je persiste à dire qu’il n’y a pas d’art chrétien, dans le sens où Dieu aurait révélé comment construire et décorer une salle de prière, il me faut montrer ce qui, chez les hommes, a déterminé le choix de tel édifice plutôt que tel autre.

Les disciples du Christ vivent leur attachement au Ressuscité. Ils mettent en pratique leur amour de Dieu et du prochain et organisent leur vie chrétienne en utilisant les bâtiments dont ils ont l’habitude. Nous voyons alors les apôtres se réunir avec les « Saints » des premiers temps dans des maisons particulières. Pierre, à Damas, reçoit chez lui, comme Marc a reçu Pierre dans la maison de sa mère à Jérusalem où se réunissait l’Assemblée, l’Église des convoqués de Dieu. Ce sont les fouilles archéologiques qui permettent de voir comment les « Saints » se réunissaient dans l’intimité d’une maison familiale pour le partage du pain (l’eucharistie). Ils fréquentaient aussi le Temple et les synagogues, priant les psaumes avec leurs concitoyens demeurés dans le judaïsme.

Le domicile privé devient maison-église quand une foule trop importante s’installe dans ces murs avec tous les services nécessaires : salle d’initiation avant le baptême, salle baptistère, salle pour l’eucharistie, salle pour le service des pauvres, secrétariat, logement personnel…

Ainsi, le plan des maisons-églises indique les raisons pour lesquelles les chrétiens se réunissent en ce lieu. Le bâtiment n’est une propriété privée, mais un bien immobilier collectif.

Après l’édit de Tolérance (313), les chrétiens devenant de plus en plus nombreux, on voit apparaître l’édifice de plan basilical. La basilique judiciaire romaine est souvent utilisée parce cette architecture permet le rassemblement d’une foule importante. Il existe aussi le plan circulaire (ou centré) qui sera davantage conservé pour les baptistères et les sépultures ne recevant à la fois que peu de fidèles du Christ.

Avec le temps et la transformation du christianisme en religion officielle de l’État, la place réservée aux hauts dignitaires de la hiérarchie se fera plus vaste. Charlemagne accentuera cette tendance ecclésiastique.

Je pense que déjà nous entrevoyons comment l’architecture signale l’ecclésiologie en place. Le chancel qui sépare la nef, où se trouvent les fidèles, du chœur et du sanctuaire où s’installent, les chantres, les presbytres (anciens) et l’épiscope (évêque) montrent une Église où un vis-à-vis s’instaure entre les prêtres (sacerdoce prends la place de presbytre) et le peuple. Les monastères du Moyen-Age accentuent ce mouvement de séparation bien visible dans l’architecture.

La conclusion en sera jubé qui disparaît, en principe, avec le Concile de Trente.

Bref, on voit dans ces monuments diverses ecclésiologies. Vatican II au cours du XXe siècle apportera une nouvelle orientation.

C’est donc toutes ces évolutions, du début jusqu’à aujourd’hui, que nous étudions pendant cette série de conférences où nous invitons les participants à partager leurs connaissances acquises pendant leurs voyages et découvertes touristiques. De la pierre à la conception ecclésiale des chrétiens. Autrement dit, l'évolution du bâtiment église montre la théologie de l'Église dans ses changements. L'aménagement intérieur au service du culte en résulte.

Comme je ne fais qu'une promenade pour touristes qui veulent comprendre ce qu'ils voient, il n'est pas nécessaire d'avoir des connaissances particulières en exégèse ou en théologie. Se remettre en mémoire les grandes de l’histoire est assurément utile. Mais, n’est-ce pas ce que nous faisons tous quand on prépare un voyage ?

Enfin, l’Évangile n’est pas destiné à devenir objet de musée. Aussi, avec ce regard du passé nous abordons le temps présent notamment en regardant comment les églises contemporaines ont mis en œuvres les décisions du deuxième concile du Vatican. Il semblerait que les évolutions de ces dernières années sont moins audacieuses que dans les années 60. Par exemple, abandon du plan centré pour la future église de St Thomas à Vaulx-en-Velin ; idem pour la chapelle du séminaire. C'est ce que je laisse entendre, me semble-t-il, dans le livre Lyon sacré (Ed. Christine Bonneton, 2010). Mais nous pouvons en débattre.


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