Identité nationale et identité chrétienne

Publié le par Michel Durand

par Mgr Eric AUMONIER, Evêque de Versailles pour les Yvelines

Défendre l’immigré est impopulaire, tout comme prendre la défense du pauvre, ou du bébé à naître. On prête fort peu d’attention aux déclarations et encore moins aux actions de l’Eglise pour éclairer et réveiller les consciences sur ce sujet.

auxerremars.jpg Cercle de Silence (CDS) - Auxerre.


Ce n’est pas une raison pour arrêter de dire ce qu’on a à dire, d’autant que la plupart de nos paroisses sont « pluriéthniques » non seulement par nature et par vocation, mais dans les faits. Beaucoup bénéficient de la présence, de la prière, des initiatives de frères et de soeurs venus de l’immigration. Ces derniers constituent de véritables forces vives, profondément ancrés dans la foi, actifs dans la communauté, et développant des réseaux de solidarité…

L’étranger nous est frère par l’humanité, et souvent aussi par le baptême et la foi : le recevons nous comme don de Dieu pour nous et notre communauté ?

Il est évident que la dimension sociale de l’accueil des immigrés est complexe et le deviendra de plus en plus, étant données les disparités dans le monde. Cela n’est pas sans incidences politiques, voire électorales, mais ne nous cachons pas derrière la complexité pour faire comme Pilate, « en attendant que tout s’arrange », « à condition que les autres s’en occupent… »

Il y a des devoirs humains, non « négociables » envers le prochain et au manquement desquels il nous faudra toujours réagir : pourquoi les étudiants étrangers (avec papiers) ne trouvent-t-ils pas de logement ? Est-il acceptable d’oser demander à des Roms ou à des gens du voyage de partir ou de brûler leurs caravanes ? Doit-on accepter qu’existent des hôtels recevant des émigrés, où ne fonctionnent ni l’eau ni le chauffage ? Doit-on laisser attendre dehors pendant des heures, bien avant la levée du jour, des demandeurs d’asile espérant obtenir un rendez vous ? Et quand on vient arrêter quelqu’un pour le reconduire à la frontière, doit-on prendre moins de gants qu’on ne le fait avec un escroc de haut vol ? Poser ces questions et chercher à les résoudre n’est ni de droite ni de gauche. C’est simplement humain et chrétien.

En tout cas, même si l’efficacité de notre action est limitée, nous avons la grave responsabilité, à notre échelle, dans notre famille et notre milieu social, chacun selon nos responsabilités et nos possibilités, d’éveiller les coeurs. J’en profite pour saluer tous ceux et celles qui « mouillent leur chemise » en ce sens et nous invitent à le faire à notre tour.



Publié dans Politique

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L. Martin 29/03/2010 18:57


Je crois qu'il s'agit pour le XXI em siécle d'accomplir une révolution : celle de l'espérance ...
Le socialisme du XX em siécle a été porteur de cette espérance pour les multitudes dont nous faisons parti.
En ce début de troisiéme millénaire une autre perspective s'offre à nous et nous devons anticiper ce que la planéte avec ses 6 millards d'invidus parmis lesquels 1 à 2 % sont français ou
francophones, bref quel sera le sort de cet écosystéme qui donna jadis sont nom à un célébre journal:
'l' humanité" ...
... Voir la suite
Mais il se trouve que les différentes expériences totales ou parcelaires du communisme ici ou du libéralisme par là , appelle
à un dépassement, à un changement de paradigme ...

Le communisme ne peut plus constituer un idéal car il a été vécu et souvent mal vécu dans les pays de l'Europe de l'est (en pologne par exemple) , le libéralisme lui non plus n'est plus un idéal
car contrairement à ce que le mot annonce la libérté n'est pas de mise pour tous dans les pays dit "liberaux" lorsque une minorité détient la majorité des richesses (sans focément travailler plus
ou "plus dur" ... ) alors il ne reste qu'une alternative : créer en lien avec "Europe écologie" le groupe politique qui peu à peu va incarner un nouvel espoir pour les générations présentes et
futures ...
Il ne s'agit pas d'opposer Ségoléne à Cecile ou à Dominique, ni Daniel à Noël à Yves ou à Philippe etc ...
Non au contraire il s'agit de batir une écologie relationnelle , post-moderne dans la synérgie et l'osmose de la science et du politique et d' un kerygme régénérateur pour le Vivant ...



Paul Ambrosio 25/03/2010 21:01


Tu m'étonnes, Michel. L'évêque ne parlent que des étrangers avec papiers. Et les autres ? Il en fait quoi ?!


Michel Durand 26/03/2010 09:58


Effectivement ! Dans la joie de voir que l'évêque de Versailles* parle des étrangers je n'ai pas été attentif à la non nomination des dits " sans papiers" . Pour moi, parler des migrants, c'est
penser à tous. Mais Eric précise bien : avec papiers. Alors, les autres... on en fait quoi ? Très juste question. Merci.

* que je connais bien pour avoir été avec lui au séminaire