Il n'a plus figure humaine

Publié le par Michel Durand

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Installation pour le Vendredi Saint avec une œuvre du photographe Andrzej Haladuda, Lyon, Confluences-Polycarpe, BASA 2009. église Saint-Polycarpe, semaine sainte 2010.

 

Psaume 37

Seigneur, corrige-moi sans colère

et reprends-moi sans violence.

 

Tes flèches m'ont frappé,

ta main s'est abattue sur moi.

Rien n'est sain dans ma chair sous ta fureur,

rien d'intact en mes os depuis ma faute.

 

Oui, mes péchés me submergent,

leur poids trop pesant m'écrase.

Mes plaies sont puanteur et pourriture :

c'est là le prix de ma folie.

 

Accablé, prostré, à bout de forces,

tout le jour j'avance dans le noir.

La fièvre m'envahit jusqu'aux moelles,

plus rien n'est sain dans ma chair.

 

Brisé, écrasé, à bout de forces,

mon coeur gronde et rugit.

Seigneur, tout mon désir est devant toi,

et rien de ma plainte ne t'échappe.

 

Le coeur me bat, ma force m'abandonne,

et même la lumière de mes yeux.

Amis et compagnons se tiennent à distance,

et mes proches, à l'écart de mon mal.

Ceux qui veulent ma perte me talonnent,

ces gens qui cherchent mon malheur ;

ils prononcent des paroles maléfiques,

tout le jour ils ruminent leur traîtrise.

 

Moi, comme un sourd, je n'entends rien,

comme un muet, je n'ouvre pas la bouche,

pareil à celui qui n'entend pas,

qui n'a pas de réplique à la bouche.

 

C'est toi que j'espère, Seigneur :

Seigneur mon Dieu, toi, tu répondras.

J'ai dit : «Qu'ils ne triomphent pas,

ceux qui rient de moi quand je trébuche ! »

 

Et maintenant, je suis près de tomber,

ma douleur est toujours devant moi.

Oui, j'avoue mon péché,

je m'effraie de ma faute.

 

Mes ennemis sont forts et vigoureux,

ils sont nombreux à m'en vouloir injustement.

Ils me rendent le mal pour le bien ;

quand je cherche le bien, ils m'accusent.

 

Ne m'abandonne jamais, Seigneur,

mon Dieu, ne sois pas loin de moi.

Viens vite à mon aide,

Seigneur, mon salut !

 

Durant la Vénération de la Croix, nous chantons les "Impropères". Ce mot signifie "reproches", les reproches de Dieu à l'endroit de son peuple qui n'a pas reçu la Lumière du Christ.

Ce texte provient de l'Eglise syrienne antique et a été conservé dans la liturgie romaine. C'est le dialogue entre Dieu et le monde, entre le crucifié et ceux qui le livrent au supplice.

 

Dans le texte, le Christ fait le rappel de toutes les oeuvres qu'il a accomplies pour manifester aux hommes son Amour. C'est l'Amour qui s'exprime et qui demande une dernière fois que les hommes croient en Lui.

Bien que le ton du reproche soit parfois dérangeant pour nous, ils révèlent aussi l'infini amour de Dieu pour nous qui au coeur des souffrances de la Croix. Signe de reproche mais aussi signe d'Amour et d'Espérance.

 

Le texte des Impropères est scandé par le Trisaghion, l'invocation en grec, en latin et en français :

"O Dieu Saint, O Dieu Fort, O Dieu Immortel, prends pitié de nous"

Hagios o Theos, Hagios Ischyros, Hagios Athanatos, eleison imas.

Sanctus Deus, Sanctus fortis, Sanctus immortalis, miserere nobis.

Peuple égaré par l´amertume,

peuple au coeur fermé,

souviens-toi !

Le Maître t´a libéré.

Tant d´amour serait-il sans réponse,

tant d´amour d´un Dieu crucifié ?

 

1. Moi, depuis l´aurore des mondes,

j´ai préparé ton aujourd´hui ;

toi, tu rejettes la vraie Vie

qui peut donner la joie sans ombre,

ô mon peuple, réponds-moi !

 

2. Moi, j´ai brisé tes liens d´esclave,

j´ai fait sombrer tes ennemis ;

toi, tu me livres à l´ennemi,

tu me prépares une autre Pâque,

ô mon peuple, réponds-moi.

 

3. Moi, j´ai pris part à ton exode,

par la nuée je t´ai conduit ;

toi, tu m´enfermes dans ta nuit,

tu ne sais plus où va ma gloire,

ô mon peuple, réponds-moi.

 

4. Moi, j´ai envoyé mes prophètes,

ils ont crié dans ton exil ;

toi, tu ne veux pas revenir,

tu deviens sourd quand je t´appelle,

ô mon peuple, réponds-moi.

 

5. Moi, j´ai voulu, vivante Sève,

jeter l´espoir de fruits nouveaux ;

toi, tu te coupes de mes eaux

mais pour aller vers quelle sève ?

ô mon peuple, réponds-moi.

II Vigne aux raisins d´amertume,

vigne aux sarments desséchés,

souviens-toi !

La Grappe fut vendangée;

ce Fruit mûr serait-il sans partage,

ce Fruit mûr que Dieu a pressé ?

 

6. Moi, j´ai porté le poids des chaînes,

j´ai courbé le dos sous les fouets;

toi, tu me blesses en l´opprimé,

l´innocent tombé sous la haine,

ô mon frère, réponds-moi.

 

7. Moi, j´ai porté sceptre et couronne

et manteau royal empourpré;

toi, tu rougis de confesser

le Fils de Dieu parmi les hommes,

ô mon frère, réponds-moi.

 

8. Moi, j´ai marché vers le calvaire

où mes deux bras furent cloués ;

toi, tu refuses la montée

quand meurt en croix l´un de mes frères,

ô mon frère, réponds-moi.

 

9. Moi, je revis depuis l´Aurore

où le Vivant m´a réveillé ;

toi, le témoin de ma clarté,

es-tu vivant parmi les hommes ?

ô mon frère, réponds-moi.

 

Frère sevré d´amertume,

frère au coeur desséché,

souviens-toi !

Ton frère t'a relevé,

Jésus-Christ, le Verbe et la Réponse,

Jésus-Christ, l´Amour révélé.


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