Je persiste dans mon affirmation qu’il n’y a pas d’art chrétien, mais un art chargé d'émotion susceptible d'ouvrir sur l'indicible

Publié le par Michel Durand

 

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Lyon, Saint-Polycarpe, messe des artistes, 25 novembre 2012

 

Après les trois jours passés à la découverte de créations culturelles peu usuelles dans une société marquée par le désir de ne choquer personne, je persiste dans mon affirmation qu’il n’y a pas d’art chrétien. Il existe une perception chrétienne d’une peinture, d’un théâtre, d’un film, d’une musique, d’une poésie, mais il n’y a pas d’art chrétien. Il y a art. Par son contenu historique, religieux, par le message qu’il souhaite diffuser, il pourrait être dit «chrétien » ou « catholique ». Ne cesse-t-il pas alors d’être art pour devenir catéchisme, dénué alors de qualité créative proprement artistique ? Face à l’art dit socialiste (le réalisme socialiste), je m’interroge de la même façon. Endoctrinement et non respectueux dialogue de la rencontre d’autrui dans sa sensibilité intime. Il y a spectacle artistique quand le l’auditeur – spectateur sort de la salle en disant : « j’ai été touché ».

Donc il n’y a pas plus de metal chrétien qu’il n’y a d’art chrétien. Seuls l’engagement personnel du poète, le regard qu’il porte sur la vie peut donner aux sentiments exprimés par les mélodies, les rythmes, un sens existentiel imprimé par la foi en la résurrection du Christ.

À plusieurs reprises, Gildas Vijay Rousseau, parla de la musique de son groupe en précisant qu’il faisait de la musique Metal, ni white-metal, ni black-metal. Du Metal avant tout. STAMINA Metal Electro Oriental

 

Je vous livre ici le texte de  Gott Mit Uns, chronique du racisme ordinaire (pour entendre, un clic  ici)

 

Gott Mit Uns, ja. Gott Mit Uns

 

Violence chevillée au corps. A travers et à tort

Sans l’ombre d’un remords Frappe ! de plus en plus fort

C’est tellement facile  Ils tabassent ta fille

Surtout pas de sursis  Qu’a-t-elle ressenti ?

 

Gott Mit Uns, ja. Gott Mit Uns

 

Omni (im)potence  Pater Familias

Qui ne dissimule qu’une ignorance crasse

Omni (im)potence  Pater Familias

Manifestation d’un racisme crasse

 

Sa seule aspiration  Donner libre cours à ses émotions

Ton unique solution  Coups et strangulation

 

Omni (im)potence  Pater Familias

Qui ne dissimule qu’une ignorance crasse

Omni (im)potence  Pater Familias

Manifestation d’un racisme crasse

 

L’insigne de Chevalier de l’Ordre national du Mérite

Se trouve décerné aux tenants d’une pensée obscurantiste

De vaines médailles sont épinglées sur des poitrines hypocrites

Piètres trophées couronnant de gloire des pères de famille fascistes

 

Il semble bien qu’en 2005, en France, Pays ô combien si cher de mon enfance,

L’on stigmatise, encore et encore, la différence,

En auréolant d’honneur une pensé rance.

Il se peut que je vous aie déjà signalé cette vidéo

 

Publié dans Art

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Blandine 07/12/2012 18:38


Je suis toujours émue de voir à quel point les artistes savent exprimer à travers leurs œuvres, de manière si forte et personnelle, leur sensibilité par rapport à l’Évangile, en totale liberté,
faisant éclater les convenances et le « dogmatiquement correct ».


http://www.youtube.com/watch?v=9IoqjUbENUM


Je vous souhaite un beau 8 décembre.

Michel Durand 13/12/2012 19:04



Grandement merci Blandine. On dit que le 8 décembre à Lyon fut plein de belle prouesse technique.


L'homme n'en sort-il pas écrasé ?


Préparonz-nous à la petitesse de La Naissance.



Monnet Jean François 02/12/2012 16:38


L'art chrétien est (ou devient) une catégorie de l'art en général, de l'art tout court devrais-je dire.


Or toute catégorie porte en elle la menace de l'enfermement : enfermement dans le champ restreint de canons prédéfinis, enfermement plus pernicieux que celui de réduire son émotion au seul
mouvement d'une reconnaissance de formes académiques.


Je viens de visionner un magnifique DVD sur l'oeuvre de la chorégraphe et danseuse Pina BAUSCH : à regarder cela l'on prend clairement conscience de ce qu'est l'art, de ce que peut l'art. Et
l'essentiel est de pouvoir dire oui à ces simpples questions :


- cette oeuvre porte-telle en elle-même une cohérence, une poésie ?


- cette oeuvre me donne-t-elle un sentiment de liberté intérieure ?


- cette oeuvre exprime-t-elle des choses que je pourrais -mais ne saurais- dire avec mon propre langage?


Et, quand on peut l'affirmer, l'on sent bien qu'il n'est plus question ''d'art chrétien''. Cela n'a plus d'importance : il y a l'oeuvre, sa réalité et l'émotion qu'elle véhicule.

Blaise 29/11/2012 11:17


On pourrait dire que depuis le XIXe siècle s’est mis en place un « art chrétien », doté d’une esthétique soigneusement définie, avec
ses héros : Fra Angelico, Pérugin ou même le premier Raphaël avant l’écroulement de son art dans le « matérialisme » et le « paganisme ». Je parle de peinture, puisque
c’est le domaine que je connais le mieux ; mais en architecture, en musique le phénomène de partage est le même : le gothique « chrétien » contre les styles
« païens » du baroque et du classique ; le chant grégorien, fidèle aux « anciennes traditions » et à la « dignité primitive » de la liturgie de l’Eglise contre
la musique symphonique, simple reflet d’une époque de décadence et de déperdition de la foi.


 


« Art chrétien » non pas au sens volontairement affaibli que je proposais tout-à-l’heure, mais au sens où nous pouvons parler de
« roman policier » ou de « western » ou de « peinture d’histoire ». L’art chrétien a (ou avait) son public, ses théoriciens, ses critiques et son corpus d’œuvres qui
exerce (ou exerçait) une régulation de la production des artistes prétendant s’inscrire dans le champ de l’art « chrétien ». Il faut avouer que ce genre a produit des œuvres d’un très
grand intérêt, et qui gagneraient à être d’avantage connues. Ainsi, que fait concrètement la Mairie de Paris pour la restauration des peintures murales de Notre-Dame-de-Lorette ?


 


Mais je suis tout de même surpris de la naïveté dont font preuve certains catholiques : toutes ces reproductions à l’identique d’icônes
orthodoxes soi-disant plus « spirituelles », plus conformes au recueillement chrétien… Nous sommes toujours les héritiers de l’ « art chrétien » cher aux Néo-catholiques du
XIXe siècle, à cette différence près que nous ne disposons plus de grands artistes acceptant de se plier à nos règles. A Saint-Wandrille, un exemple parmi d’autres, les moines font de pieuses
icônes… puisque les icônes sont forcément pieuses, n’est-ce pas ? il ne leur vient pas à l’esprit que d’autres styles sont tout aussi légitimes.

Michel Durand 01/12/2012 19:51



Blaise,


je découvre seulement à cette seconde lecture qu'il y a plusieurs commentaires au même sujet.


En fait je partage de nouveau votre regard et je ne vois rien à ajouter,  sinon une remarque : vous dites : "depuis le XIXe siècle s’est mis
en place un « art chrétien », doté d’une esthétique soigneusement définie, avec ses héros : Fra Angelico, P...  Ne s'agit-il pas du XIII ou XIVe siècle ?


La reprise du XIXe avec, par exemple le préraphaélisme, dépend de la fin du Moyen-Age.


Comme vous, je pense, je dis qu'il y a art chrétien quand la création artistique, quelqu'en soit l'histoire, est totalement pénétrée de
l'adhésion au Christ. Son Espérance en un amour indiscible, total, complet, infini...


Les icônes actuelles, me semble-t-il, ne sont que du saint sulpicanisme pour le XXe -XXIe.


Mais je suis vriament trop méchant ...



Blaise 28/11/2012 22:33


Pour moi, il y a de l'art chrétien à partir du moment où cet objet, ce chant, etc., est intégré à des pratiques chrétiennes. Ce n'est pas l'intention de l'artiste, ni même la destination de
l'oeuvre artistique qui fait l'art chrétien, mais sa réception et l'usage qui en est fait. Je pense bien sûr à l'espace liturgique, mais pas exclusivement : Songeons seulement à toutes ces images
de piété qui se sont répandues sous l'influence de la devotio moderna. Elles étaient des supports pour la prière personnelle des chrétiens de l'époque; avec leur muséification elles ont
changé d'identité et de fonction. 

Michel Durand 01/12/2012 19:37



Cher Blaise


Je suis totalement d'accord aec votre analyse. Je parle dans ce cas d'art d'Eglise. On y rencontre assurément l'art liturgique. L'art d'Eglise est largement plus englobant que l'art liturgique.
Dans le vocabulaire usuel au moins jusque vers la fin du XXe siècle, on parlait d'art sacré, sous-entendant que seul l'art sacré chrétien exsitait.



Blaise 28/11/2012 10:11


Et ce n'est qu'au XIXe siècle que des
théoriciens et des artistes ont eu l'idée curieuse de parler d'art chrétien : les peintres Nazaréens, Montalembert, Rio, etc. Mais je ne suis pas tout-à-fait d'accord avec vous : de telles
spéculations n'ont pas eu que des effets négatifs. Elles ont contribué à l'affinement du goût des gens de l'époque vis-à-vis des « primitifs » antérieurs à Raphaël, à s'intéresser
à l'art byzantin; avec Didron – et avant Emile Male – à poser les bases de l'iconographie en histoire de l'art. Sans compter que pour beaucoup l'engagement pour le patrimoine, surtout gothique,
était un engagement pour l'art dit « chrétien ». Enfin, la créativité a été au rendez-vous. De nombreux artistes chrétiens ont nourri leur oeuvre de ces théories : Victor Orsel, Louis
Janmot, Hippolyte Flandrin... Je me contente de citer quelques noms parmi les français. Je n'ai pas cité les allemands, Overbeck et les autres. De toute façon, ce mouvement est allé bien au-delà
des milieux chrétiens: il a nourri l'esthétique primitiviste de nombreux artistes au XXe et au XXIe siècle (Gauguin par ex.).


 


Théorie et pratique sont inséparables, reconnaissons-le. L'art spontané n'existe pas. Allons plus loin : l’
« art » entendu comme activité spécifique, relevant du système des Beaux-Arts, et ontologiquement séparée de l'artisanat et des arts dits mineurs, est une invention récente que même la
Renaissance a ignoré. C'est Pierre Soulages, je crois, qui a déclaré un jour qu'il préférait qu'on l'appelle « peintre » plutôt qu'artiste. Car il exerce une profession de peintre. Avec
« artiste » nous nous éloignons d'une activité concrète. Tracer les frontières entre art et non-art c'est déjà faire de la théorie de l'art.


 


 


 

Michel Durand 01/12/2012 19:59



Et voilà que j'aurais dû commencer par ce commentaire, le premier. Votre connaissance  en histoire de l'art m'émerveille. J'ai encore beaucoup à apprendre. Il semble effectivement juste de
reconnaître que l'on commença à parler de l'art chrétien quand celui-ci n'était plus unique. Dans une situation de chétienté où tout est chrétien, il suffit de dire "ART" .La séculration, la
découverte des arts des autres cultures et religions invite à de necessaires distinctions.


Alors merci pour ces trois commentaires qui permettent de mieux cerner le sens de mon billet.