Je ressens une difficulté à trop vouloir séparer grâce sacerdotale reçue au baptême et grâce sacerdotale propre au ministère de prêtre.

Publié le par Michel Durand

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Ordination à Bayonne

 

Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il n’y a qu’un seul médiateur, le Christ. Un seul prêtre.

La référence biblique essentielle est la lettre aux Hébreux. He 5,5 ; 9,11 ; 12,24.

Il y a aussi la première lettre à Timothée, alors que Paul veut se faire reconnaître comme apôtre. 1 Tim 2,5.

Et, dans cette reconnaissance de l’exclusivité sacerdotale du Christ comme médiateur entre Dieu et les hommes, nous évoquons le sacerdoce commun des fidèles conféré par l’Esprit au moment du baptême. L’onction d’huile fait du baptisé un disciple de Jésus-Christ, prêtre, prophète et roi. Nous parlons du sacerdoce commun des fidèles.

Lire dans le catéchisme, nº 1268 :

Les baptisés sont devenus des " pierres vivantes " pour " l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint " (1 P 2, 5). Par le Baptême ils participent au sacerdoce du Christ, à sa mission prophétique et royale, ils sont " une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis pour annoncer les louanges de Celui qui (les) a appelés des ténèbres à son admirable lumière " (1 P 2, 9). Le Baptême donne part au sacerdoce commun des fidèles.

Pourtant, des théologiens, afin d’affirmer la spécificité du sacerdoce ministériel dégagent des Évangiles des versets qui feraient dire que le prêtre reçoit, après le baptême, un plus de l’Esprit-Saint afin d’être consacré prêtre, médiateur entre Dieu et les hommes, plus précisément dans l’Église catholique, médiateur entre les baptisés et Dieu.

 

Voyons cela.

L’unique médiateur, Christ, s’adjoint les apôtres. Après la mort sur la croix de Jésus, ils reçoivent l’ordre de ne pas quitter à Jérusalem la chambre haute où ils se tenaient cachés (Ac 1, 4) avant d’avoir reçu l’Esprit-Saint. Actes 2, 1-5 donne le récit de l’envahissement des apôtres par l’Esprit.

Afin de pouvoir être effectivement apôtres, pasteurs, médiateurs –en un mot : prêtre- ces disciples du Christ, également choisis sous l’action de l’Esprit, doivent attendre le baptême dans l’Esprit-Saint. En plus, ou en dehors du baptême dans l’eau (Celui de Jean le Baptiste ?) les Onze doivent s’offrir à l’Esprit qui envahit tout leur être (Ac 1, 5-6).

Une autre référence néotestamentaire accompagne l’effusion de l’Esprit-Saint pour marquer l’entrée en mission. Le Verbe fait chair en Marie par l’opération du Saint-Esprit, Jésus, une fois adulte, baptisé par Jean dans l’eau du Jourdain, reçoit une effusion de l’Esprit qui se présente selon les évangélistes sous la forme d’une colombe, alors qu’une voix se fait entendre : « celui-ci est mon fils bien-aimé qui a toute ma faveur » (Mt 3, 16-17).

À partir de ce moment-là, Jésus passe à l’action. Il est conduit par ce même Esprit au désert pour combattre le Mal (Satan).

Comme je le disais dans mon homélie du dimanche 26 août 2012, Jésus, porteur de vie, rencontre inéluctablement le diable dans son intention de diviser les hommes jusqu’à leur mort. Jésus, qui est la vie, pour engager sa mission contre le Mal destructeur, reçoit de l’Esprit une force qui le constitue médiateur. Dans cette ligne, les prêtres –sacerdoce ministériel- reçoivent de la troisième personne de la Trinité un don spécifique, désigné dans la théologie du mot de  caractère sacerdotal. Suivre ce lien.

Je m’interroge sur cette façon de percevoir dans le Nouveau Testament la venue de l’Esprit en Jésus afin qu’il s’engage dans sa mission, sa vie publique. En effet, me semble-t-il, si l’on met trop l’accent sur la marque de l’Esprit-Saint au moment du baptême par Jean, ne va-t-on pas conclure que c’est à ce moment-là seulement qu’il est devenu Messie de Dieu ? Adulte, Jésus serait investi grâce à L’Esprit-Saint dans son rôle de médiateur. Il ne serait donc pas le Verbe éternel prenant chair en Marie. Cette hérésie ne porte-t-elle pas le nom d’arianisme ?

J’écris cela tout simplement pour signifier la difficulté que je ressens à trop vouloir séparer grâce sacerdotale reçue au baptême et grâce sacerdotale propre au ministère de prêtre (sacrement de l’ordre).

De toute façon, le prêtre, reconnaissant sa nécessité vitale d’être disciple du Christ, revient sans cesse à la source du baptême. Nul ne peut porter des fruits (image du sarment) s’il n’est pas relié au cep (Le Christ) (Jean 15).

Le prêtre doit être avant tout disciple et ne faire qu’un avec le Christ, l’unique médiateur. Telle est la grâce du baptême.

« Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruits: car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » Jn 15, 5.

 

Terminons avec le catéchisme romain nº 2732

« La tentation la plus courante, la plus cachée, est notre manque de foi. Elle s’exprime moins par une incrédulité déclarée que par une préférence de fait. Quand nous commençons à prier, mille travaux ou soucis, estimés urgents, se présentent comme prioritaires ; de nouveau, c’est le moment de la vérité du cœur et de son amour de préférence. Tantôt nous nous tournons vers le Seigneur comme le dernier recours : mais y croit-on vraiment ? Tantôt nous prenons le Seigneur comme allié, mais le cœur est encore dans la présomption. Dans tous les cas, notre manque de foi révèle que nous ne sommes pas encore dans la disposition du cœur humble : " Hors de moi, vous ne pouvez rien faire " (Jn 15, 5). »

Publié dans Témoignage

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