Kim En Joong à Lyon

Publié le par Michel Durand

Exposition extraordinaire du 28 juin 2010 au 11 janvier 2011.

À la cathédrale St Jean de Lyon

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Pourquoi les médias en ont-ils si peu parlé ?

Il y a peu, je suis allé à la cathédrale pour la troisième fois, souhaitant approfondir le  message de KIM EN JOONG. Les touristes circulaient sans s'attarder (plus intéressés par l'horloge astronomique).

En finale, j'ai eu la chance de rencontrer notre ami guide qui sait écouter, partager, prendre son temps... Merci Jean-Claude.

Au paravent, j'avais été frappé du peu d'information distribué par les médias sur l'évènement qui me paraissait extraordinaire.

Pire… je ne trouvais aucun écho auprès de mes amis ignorant la manifestation, et pourtant sensibilisés par l'Art.

Il est certain que la démarche de KIM est une immense devinette. Elle a toutefois croisé mes sentiers ! Alors, il m'est venu l'idée de combler un peu ce vide bien regrettable...

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Pour plus tard... et après réactions ultimes, il ne serait pas sans intérêt de réfléchir sur les bouderies de fausse modestie de l'intelligentia lyonnaise !

 

Sur les piliers supports de la voûte, l'artiste a disposé douze panneaux de plus de 5 mètres de hauteur. Dans la grandiose nef centrale, le célèbre peintre, moine dominicain, coréen a voulu symboliser une allée de lumière. Cependant, ce chantre de l'art sacré n'a pas désiré donner de nom à son œuvre.

Depuis toujours et jusqu'aux deux siècles derniers, les artistes ont été soumis aux volontés du pouvoir. Les donneurs d'ouvrage fixaient l'idée de l'œuvre à l'artiste choisi. Le sujet célébrait le pouvoir, les visiteurs admiraient.

Les évolutions industrielles et commerciales ont progressivement modifié les relations. Les artistes ont pu gagner leur pain et devenir indépendants. Les idées de liberté ont plaidé en faveur de la création individuelle et la contemplation a cédé la place. L'art dit « contemporain » a pu librement évoluer en cours d'ouvrages au gré de l'imagination du concepteur. De ce fait, l'artiste se pose la question : comment ou pourquoi donner un nom à l'œuvre ? Soyons généreux, laissons cette liberté aux visiteurs.

Est-ce pour cela que Kim En Joong ne désigne pas son œuvre ? Il ne peut ignorer que ses nombreux amis et critiques le qualifient « peintre du blanc » ou « peintre de la lumière », ce qui n'est pas pareil. Relevons simplement qu'il s'est beaucoup distingué dans ses réalisations pour l'art du vitrail.

À la cathédrale St-Jean, les longs panneaux verticaux, peints uniformément en blanc, veulent diriger le visiteur vers la lumière. Cependant, ils surprennent par les éclats de couleurs qui paraissent déchirer la toile de bas en haut. Ce déchirement de couleurs vives éclate en lignes brisées appelant des figures violentes ou des plages pastel. Ces éclairs peuvent figurer des oiseaux, de longs insectes, des fleurs étincelantes. Dans tous les cas, le blanc tranquille lance un appel intense à la couleur. 2010-2011-0300.jpg

Ces couleurs sont celles du cercle chromatique. La nature sait nous le dire lorsque la lumière dessine l'arc-en-ciel dans un rideau de pluie. Le blanc a besoin de couleurs pour évoquer la lumière. Comme le prisme avec le rideau de pluie, comme les cristaux de neige ou de glace, Kim veut transcender le blanc par la couleur pour dire la transfiguration.

Voici qu'il nous emmène à l'évangile de Matthieu, 17, 2, en parlant du Christ sur la montagne: « voici que son visage et ses vêtements devinrent éblouissants comme la lumière. ». Les qualificatifs de fulgurant ou blanc comme neige sont aussi utilisés.

Kim En Joong veut conclure son exposition en dévoilant sa pensée : hommage à St Irénée, une affirmation de reconnaissance envers le premier évêque de Lugdunum qui annonce la solidité des évangiles. Il est disciple de Polycarpe qui vécut avec Jean apôtre, lequel Jean en son évangile 8, 12 fait dire à Jésus « je suis la lumière du monde, celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière qui conduit à la vie ».

 

Claudius Pralus, décembre 2010.

Publié dans Art

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