L'économisme ultralibéral et l'idéologie libertaire sont solidaires, liés par l'Impératif de jouissance propre à la société de consommation

Publié le par Michel Durand

Merci à celui qui communique cette étude. Mettre l’aspect économique sur la table de la réflexion est indispensable. Monter à Paris contre le mariage pour tous, ne s’accompagnerait-il pas d’une démarche identique contre les banques ? 

 

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Véronique Hervouët, lors d'un colloque avec CPP

Point de vue anthropologique  sur le mariage homosexuel, l'homoparentalité et l'idéologie qui les sous-tend *

   On peut  s'interroger sur les revendications et l'activisme politique en présence, qui consistent à présenter l'homosexualité sur un mode victimaire, alors que les préjugés sur elle se sont dans une large mesure effacés et qu'elle est présentée comme un nouveau modèle. Ce n'est pas une vue de l'esprit, chacun peut le constater, nombre de personnalités en vue affichent leur homosexualité, les médias, le marketing, la pub, la mode, les fictions littéraires, cinématographiques, télévisuelles, les campagnes institutionnelles et politiques s'appliquent à flatter l'homosexualité, à l'instrumentaliser comme un argument  de séduction et de vente.

Il est vrai que cette mise en avant des revendications sociétales, qui ne sont formulées que par une minorité de militants, sont une aubaine pour les politiques d'aujourd'hui. Elle leur permet de camoufler leurs trahisons et leur impuissance, de cacher qu'ils n'ont plus rien à offrir aux populations que la régression sociale et l'austérité économique.

  La scène politique, notamment celle de l'UE, nous enseigne aussi que l'économisme ultralibéral et l'idéologie libertaire sont solidaires, liés par l'Impératif de Jouissance. Ce mot d'ordre de la société de consommation qui  sollicite les pulsions, flatte les désirs et légitime leur satisfaction a déterminé l'idéal d'une liberté sans limites. Relayé depuis trois décennies du haut en bas de la pyramide sociale par l'appareil médiatique et publicitaire, il a eu pour effet de balayer notre héritage éducatif et culturel en légitimant pleinement la jouissance ainsi que sa métaphore matérialiste et monétaire qu'est le Profit. En faisant de la jouissance le critère majeur de la réussite individuelle, il a exacerbé l'individualisme, laminé les ancrages collectifs et subverti en profondeur le lien social.

C'est sur ces décombres du conservatisme politique que s'élèvent les revendications victimaires en faveur du mariage homosexuel et de l'homoparentalité ainsi que leur promotion  politique et culturelle. S'ils s'inscrivent dans le prolongement des  idéaux soixante-huitards de la « libération sexuelle », ils n'en expriment que le désenchantement qui a frappé ces idéaux  à l'issue de quarante années d'efforts infructueux de « libération sexuelle ».

Nous pouvons percevoir ce désenchantement dans le retournement de la profession de foi libertaire qui revendique aujourd’hui le droit au bonheur par les voies du mariage et de la famille, alors qu'elle s'était acharnée hier à provoquer  leur perte.

Baudrillard résume cette situation en trois lignes, non sans effet comique :

«Du temps de la libération sexuelle, le mot d’ordre fut celui du maximum de sexualité avec le minimum de reproduction. Aujourd’hui, le rêve d’une société clonique serait plutôt  l’inverse, le maximum de reproduction avec le moins de sexe possible».  

L'effacement de l'autorité paternelle, des interdits et la permissivité extensive qui leur a succédé ont en effet libéré la sexualité au delà de toute espérance mais sans déboucher sur l'épanouissement des satisfactions convoité. La « libération sexuelle » a pris  ainsi au fil des ans l'allure d'une immense défaite, aussi amère que silencieuse, au point de projeter son ombre calamiteuse et le discrédit sur  la sexualité et le couple hétérosexuels. 

C'est sur cette impuissance et ces frustrations partagées que prospère le fol espoir, relayé au porte-voix médiatique, qu'est l'effacement de la différence sexuelle.

Cette visée emprunte logiquement les voies de l'homosexualité, de l'asexualité et de la transexualité. mais elle s'étend à nombre de sympathisants et militants hétérosexuels présents dans tous les secteurs d'influence et décisionnels : politique, juridique, culturel, médiatique.

Cette fuite en avant libertaire se conforte de la croyance dans la capacité des sciences et techniques à transcender le réel biologique et dans celle du pouvoir juridique à révoquer les normes.

Elle a pour terrain d'élection la procréation médicalement assistée et les biotechnologies, appelées à se substituer à la relation hétérosexuelle tandis que l'activisme politique et juridique se donne vocation à la destituer de sa position normative.

Cet assaut contre le Réel est étroitement lié au totalitarisme économique. Il se base en effet sur le paradigme du choix, l'agent mobilisateur des stratégies du « marché »  qui s'est substitué à la notion de limite  qui régulait il y a encore cinquante ans l'éducation et l'économie chrétiennes.

Sous ces auspices, tout ce qui limite la jouissance et le déploiement du « marché » doit être transformé en « choix de jouissance ». Les limites sont ainsi repoussées jusqu'à atteindre les éléments les plus incontournables du Réel,  tels que  le sexe, les apparences physiques, la procréation, la vieillesse, la mort,  considérés comme autant d'obstacles et privations insupportables. Elles butent aussi sur l'obstacle de  la criminalité – le viol, l'inceste, la pédophilie, le meurtre –  derniers bastions de l'Interdit qui suscitent en tant que tels la concupiscence, comme en témoignent les registres de la pornographie et les passages à l'acte qui s'affichent en rubrique des faits divers.

Il s'agit désormais de forcer les limites ultimes opposées à la jouissanceen formatant le Réel et le Droit au modèle du fantasme.  

Autrement dit et comme le préconisait le  Marquis de Sade :

La loi doit céder devant la jouissance.

La meilleure de toutes les lois devant être celle qui se transgressera le moins,     sera donc évidemment celle qui s’accordera le mieux à nos passions.”       (Sade, Aline et Valcour)

 

De fait, les marges soixante-huitardes étant aux commandes de l'appareil institutionnel, cette fuite en avant fantasmatique est suivie avec le plus grand sérieux par sa mise en oeuvre politique : les lois se déconnectent petit à petit des fonctions  normatives qui étaient les leurs pour s'ajuster progressivement aux impératifs totalitaires de l'économie de marché, aux revendications individuelles et communautaires. Désormais dégagé de la tutelle et du contrôle de l'Etat qui avait à charge de veiller à l'intérêt général le "marché" instrumentalise la démocratie dans le sens de ses propres intérêts – la privatisation des richesses – au point de la vider de toute substance.  Ainsi voyons-nous des hommes politiques envisager  –  au nom de la démocratie... – d'autoriser l'application de la charia, des juristes légitimer la transformation du corps humain en matière première et sa marchandisation  (légalisation de la prostitution, mise à disposition du marché de la procréation médicalement assistée), des hommes politiques s’employer à revaloriser l'euthanasie, le corps médical valider l'eugénisme, le marché des organes, des institutions commencer à légitimer politiquement la pédophilie. (1)

 

Il n'y a  pas lieu d'être surpris que les  revendications en faveur du « mariage homosexuel » et de « l'homoparentalité », qui ont pour visée de subvertir le réel biologique, soient soutenus par les pouvoirs politiques. Dès lors, ce n'est plus au sujet qu'il revient d'assumer son sexe et son orientation sexuelle ou de faire un travail sur lui-même s'il ne les assume pas. C'est à la société toute entière d'accepter de remettre en cause la réalité sexuelle, de répudier les fondements normatifs hétérosexuels qui supportent ses structures sociales et juridiques, de renoncer à ses fondements anthropologiques et culturels, c'est-à-dire de consentir à sa destruction.

« Pourquoi les femmes ne choisiraient-elles pas de se faire greffer un clitoris de 40 cm au lieu de se refaire les seins ? », nous dit Marie-Hélène Bourcier, sociologue de son état et  homosexuelle militante (propos recueillis par  Libération,  28/03/02).

Quant à Judith Butler, fondatrice de la théorie du genre  aujourd'hui introduite dans les manuels scolaires et l'Université, elle envisage avec le plus grand sérieux de refonder un féminisme qui ne serait pas fondé sur l'identité féminine.  Je crois plutôt à une justaposition du féminin et du masculin dans différentes combinaisons qui ne permettraient pas de dire d'un individu si il est masculin ou féminin. (Judith Butler, L'Express, 06/06/2005).»

  Devant ce naufrage de la raison il est vital de définir quelles sont les normes et valeurs qui sous-tendent nos lois afin que nous sachions quels sont les enjeux attachés à leur conservation ou à leur abandon.

Une société humaine n'est pas un simple conglomérat d'individus. Il lui faut une cohésion pour produire du lien social, faute duquel le déchaînement des pulsions  engendre inéluctablement la guerre de tous contre tous pour accaparer les objets de jouissance.

Cette cohésion se réalise autour de valeurs. Les valeurs sont les critères d'évaluation du Bien et du Mal sur lesquels se fonde une société pour déterminer son orientation sociale, politique, culturelle, c'est-à-dire civilisationnelle . Elles en sont la boussole et les garde-fous .  Les normes ont pour mission d'assurer un cadre – des limites – au champ d'action des différentes composantes humaines de la société. Ces valeurs partagées et l'acceptation des normes qui en sont garantes assurent la cohésion des structures psychiques individuelles et collectives. L'éducation a pour mission de les inculquer et les institutions de les conserver, de les faire respecter et de les transmettre.

Du point de vue de la société occidentale,  des Lumières et des Droits de

l'Homme, inspirés par l'égalitarisme chrétien, l'évaluation du Bien et du mal s'élabore à l'aune du critère d'humanité. Le Droit occidental qui s'y adosse se spécifie d'opposer des limites à la voracité des plus forts pour garantir le droit  des plus faibles. Ce modèle normatif est structuré par une conception négative de la jouissance qui spécifie la culture chrétienne. Elle se traduit sur le plan éducatif par une forte contrainte exercée de façon égalitaire sur les pulsions et désirs individuels.  La cohésion sociale et l'intérêt général sont assurés par des limites assignées à la liberté de chacun. 

Les rigueurs de l'éducation chrétienne ont été productives en ce sens qu'elles ont engendré une culture du  travail, de la créativité et une pensée critique de très haute efficience. Mais la forte pression sur  les pulsions  qu'elles nécessitaient a suscité  des rébellions historiques  – la Réforme protestante –  et de très nombreuses réactions négatives individuelles qui se sont accentuées au fur et à mesure que s'est développé l'individualisme.

Sous cette pression, s'est produit un assouplissement des structures éducatives et sociales qui a permis finalement de développer une marge appréciable de liberté individuelle. Mais, en raison des frustrations que nous venons de voir, ce processus  de sape de l'Interdit n'en a pas moins continué à se perpétrer.

Ce modèle normatif chrétien est loin d'être universel et fait même exception.

Le modèle normatif majoritaire est en effet celui qui a cours dans la plupart des sociétés traditionnelles. Dans ce contexte, le Droit a pour fonction de légitimer et maintenir l'arbitraire des inégalités sexuelles et sociales. Le phallocentrisme archaïque s'y manifeste explicitement par la prévalence du sexe mâle, une application inégalitaire des interdits qui se concrétise par l'affectation d'un statut inférieur aux femmes étendu à toutes les minorités ethniques et religieuses. La « dignité » du sujet est conditionnée à l'appartenance au sexe masculin. Mais cet ancrage de la dignité du sujet dans la réalité biologique ne suffit pas à contrevenir aux effets déstabilisants de l'incomplétude subjective. C'est pourquoi ces sociétés  éprouvent la nécessité d'authentifier la dignité masculine par la disqualification  ostentatoire de l'Autre. Autrement dit : la dignité de l'un ne saurait s'affirmer avec certitude sans que soit affirmée l'indignité de l'autre.  C'est ce qui fait du sexisme le prototype de la relation dominant/dominé, quelles qu'en soient ses formes : sexuelles, raciales, sociales, ethno-religieuses ou économiques.

 

En organisant des flux migratoires de masse dans les pays occidentaux, la mondialisation économique et financière met ces deux modèles normatifs en contact et en concurrence.

Bien que les sociétés traditionnelles professent un rejet catégorique de l'homosexualité au point que leur législation prévoit souvent d'appliquer à ses tenants  la peine capitale, nous  remarquerons que les revendications en faveur du « mariage homosexuel » et de « l'homoparentalité » ne suscite de leur part  aucune protestation. Parce qu'elle ouvre à la subversion des normes chrétiennes, et permet ainsi l'introduction des leurs.

En Grande-Bretagne, le chef du Tribunal de la Charia réclame d'ores et déjà la reconnaissance de la polygamie en Droit anglais : « Puisque le mariage entre deux hommes ou deux femmes est reconnu, pourquoi s’arrêter là ? Pourquoi ne pas reconnaître le mariage entre un homme et plusieurs femmes ? Dans un pays où il y a des mariages homosexuels, les mariages polygames ne devraient pas rester un concept aussi étranger », dit cet avocat et chef religieux.  On peut supposer que ces revendications ne s'arrêteront pas là, une fois acceptée la demande de légalisation de la polygamie. Un jour viendra où sera demandé le droit de marier les filles à un âge pré-pubère avec des adultes . Puisque c'est d'ores et déjà pratiqué dans les faits en Angleterre. Soyons certains que cette remise en question et cette régression abyssale du statut féminin et des droits de l'enfant sera suivi de près par la prohibition et la pénalisation de l'homosexualité qui tombera comme elles sous le coup de normes et de lois qui ne leur sont pas favorables.

Evidemment, une pluralité de revendications de jouissance s'engouffrent dans l'espace ouvert par l'affaissement de la Loi devant la diversité des mœurs et des normes.

Dans l'Utah, les polygames mormons soutiennent Obama parce qu'il est favorable au mariage homosexuel. « Nous ne reconnaissons pas  le mode de vie homosexuel mais si le mariage gay est autorisé, alors pourquoi ne pas autoriser la polygamie ? dit le pasteur David Dye.

Au Canada, la cour d'appel de l'Ontario a déjà reconnu trois parents à un enfant dans une affaire où deux femmes avaient décidé d'avoir un enfant avec l'assistance d'un ami. La Cour a déclaré la partenaire de la mère comme « une mère » de l'enfant au même titre que la mère et le père biologique.

Pour protéger les familles construites autour d'un mariage homosexuel, le royaume néerlandais va examiner les possibilités juridiques de reconnaître officiellement trois personnes ou plus comme parents d'un même enfant.

Comme nous venons de le voir, la fuite en avant libertaire qui mène à l'effacement de la différence sexuelle et des normes hétérosexuelles fait sombrer la société dans la déraison au point de la conduire vers sa propre disparition. Il n'y a pas lieu d'être surpris qu'il en soit de même sur le plan individuel.

Aux Etats-Unis, un couple de femmes homosexuelles, au motif que leur fils adoptif éprouve des difficultés à s'accepter comme garçon, ont décidé lorsqu'il a atteint l'âge de 8 ans, de lui faire suivre le traitement hormonal pour empêcher que se déclare sa puberté de garçon avant de subir l'opération pour devenir une fille.  Elles ont  justifié  leur décision en affirmant  qu’il était préférable pour un enfant de subir un changement de sexe quand il était encore jeune  

Ceci ne veut pas dire pour autant qu'un homme ou une femme homosexuels ne soient pas capables d’élever un enfant. Ils peuvent l'être ni plus ni moins que n’importe qui. Le problème est que, pour un enfant que ses géniteurs n’ont pu élever, l'adoption est la possibilité d’avoir des parents équivalents à ses parents biologiques. Permettre son adoption par  un couple homosexuel revient donc à lui dire :

-     que ses parents adoptifs homosexuels peuvent être l’équivalent de ses « parents de naissance »,  pourtant nécessairement  hétérosexuel, donc que la différence des sexes n‘existe pas, puisqu'elle ne « compte pas », qu’elle n’est qu'un   « détail » de la vie.

J'ajouterai que les  tenants de l’adoption homosexuelle s’appuient sur un discours sur « l’amour », conçu comme la quintessence de ce dont un enfant aurait besoin. La réalité familiale nous montre que cet idéal de l'amour parental, comme tout idéal de l'amour, reste fantasmatique. Par contre il est notoire que l’on peut détruire un enfant en « l’aimant »,  comme le font nombre de mères qui s'enferment avec leur progéniture dans un amour fusionnel et empêchent ainsi leurs enfants de se constituer comme adultes désirants et de s' affranchir d'elles.

L’enfant, pour devenir un sujet, c'est-à-dire un être de manque et de désir, doit considérer qu’une altérité marque sa propre origine et pour cela, il est important que ses deux parents  soient eux-mêmes dans un rapport d’altérité qui intègre  la sexuation biologique et psychique.

En quoi serait-ce grave de faire vivre cet enfant – et avec lui tout les autres – dans un monde où la différence des sexes serait accessoire ? 

L'identification sexuelle est  un ancrage essentiel de la subjectivité dans le Réel. Il permet au sujet d'accorder les  mots et les choses, c'est-à-dire de donner sens à la vie, à sa vie. Ôter ce repère essentiel comporte le risque de conduire à la folie.

Dans une société qui devient folle, peut-on penser sérieusement qu'on puisse la sauver si  tous ses membres deviennent fous aussi ?

 

  Véronique Hervouët

 

* Texte d'une intervention réalisée à Chartres le 29 novembre 2012, lors d'une table ronde organisée par  Mme  Laure de la Raudière, député UMP.

 

(1)

Le ministre de la Justice néerlandais Piet Hein Donner soutient que la charia, devrait être appliquée dans son pays si une majorité de la population le voulait.  "il est clair que si deux tiers des Néerlandais veulent introduire la charia, cela doit être possible. Comment empêcher cela légalement ? Ce serait scandaleux de dire «c'est impossible». C'est la majorité qui compte. Voilà l'essence de la démocratie". (Le Figaro, sept.2006).

 

Amy Friedman, professeur associée de chirurgie à la faculté de médecine de Yale, apporte son soutien à la légalisation du paiement du « don » d’organe. « Outre-Atlantique, on peut en toute légalité monnayer  des cheveux, du sang, du sperme, des ovules, un prêt d’utérus.  Il faut  penser aux avantages pour le patient et sa famille (il pourrait retourner travailler), pour les personnels soignants (plus d’activité, plus d’argent, plus de réputation...), pour l’économie (les transplantations coûtent moins cher que les dialyses)...   (un article du « British Medical Journal »  cité par Renée Carton dans « Le Quotidien  du médecin » n° 8024, 06/10/2006).

 

Marcela Iacub, juriste qui milite pour la marchandisation du corps féminin en tous ses états, sexuel et maternel, s'emploie à valoriser la prostitution :  « Moi, je conçois que la sexualité puisse être considérée comme une prestation (...) Je pense que la prostitution n'est pas en soi une chose néfaste pour la personne qui l'exerce, homme ou femme.  (...) Moi je ne vois pas pourquoi la prostitution ne pourrait pas être un métier comme un autre, voire un art . «  (Marcella Iacub, juriste, Télérama n°2769, 5/02/2003).

 

Le parti NVD ("Amour du prochain, liberté et diversité"),  qui se déclare ouvertement pédophile et qui réclame le rabaissement de la majorité à 12 ans, dont l'un des trois membres fondateurs a été condamné pour une agression sur mineure, a été admis comme un parti politique recevable et donc officiellement autorisé  à se présenter à des élections par la justice néerlandaise. Ceci au motif que "la liberté d'expression et d'association, qui inclut la liberté de monter un parti politique, est l'un des fondements de la démocratie". (Le Figaro, 17 juillet 2006)

 

Et les médias de remplir leur fonction usuelle de  relais idéologique  auprès de l'opinion publique pour susciter petit à petit l'accoutumance et à terme son consentement. Pointons à titre d’exemple, parmi bien d’autres, le  « Sperme show », dernier concept néerlandais de téléréalité, où «  parmi une galerie de jeunes et beaux garçons, une mère célibataire va élire celui qui lui fera don de son sperme pour réaliser l'enfant qu'elle désire (Marianne n°435, 20/08/2005)

 

Nous soulignerons aussi la rubrique estivale intitulée« Culture du sexe », du  journal  Libération, qui fut librement accessible en kiosque pendant tout  le mois d'août 2005 et qui « tout au long de l'été tâchait de pénétrer les plaisirs du sexe légal»,  en présentant aux impétrants  les modalités nouvelles du « sexe libéré » : la sodomie dans tous ses états, y compris les plus improbables. " Les femmes seraient demandeuses, surtout côté actif ») ;  le « fist fucking » (sodomie au poing pratiquée dans les milieux homos) ; la pornographie homo ; les bonnes adresses des « backrooms » et leurs pratiques ; les perversions les plus attendues tel l'échangisme « Dans la partouze circule un certain ordre social ", mais aussi les plus inattendues tel le fétichisme de la prothèse «La vision du corps comme outil dévoué à la mécanique sexuelle » ; « Biopénis pour se brancher au cyberfellateur ! », présenté par Beatriz Preciado, enseignante à Paris VIII  ; « Le cybersexe, c'est l'ultime marchandisation du sexe » ; des interviews de spécialistes du porno homo, et même celle d'une universitaire américaine titulaire d'une chaire  consacrée à la... pornographie !

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