L’Eglise aurait-elle peur de perdre du pouvoir en consultant ses fidèles ?

Publié le par Michel Durand

- Je remercie Mathieu d’avoir communiqué l’article de la revue Etudes signé de Joseph Moingt, théologien jésuite qui, par l’âge et la science, atteint la grandeur d’un siècle.

Le titre de cet article : « Les femmes et l’avenir de l’Eglise ».

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Joseph MOINGT, né en 1915

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Le quotidien La Croix en a fait une superbe présentation.

Je vous le copie ci-dessous : Voir § 1

 

- Jean Rigal, toujours dans la Croix a également commis un article que je considère de poids, dans cette même réflexion. Son titre : Faire droit au sacerdoce des baptisés samedi samedi 15/01/2011 

Vous le trouverez sur le site de la Croix en lecture gratuite.

 

« Telle est bien l'insistance de Vatican II : mettre en relief la vocation commune des chrétiens, en vertu d'une égalité fondamentale de tous les baptisés. Donner toute son importance à la « vocation baptismale » est primordial aux yeux du Concile et ouvre des chemins nouveaux. Il est urgent d'en tirer les conséquences en imaginant d'autres formes de vie ecclésiale. »

 

- Enfin, je cite l’étude d’Alphonse Borras, vicaire général à Liège : « Délibérer en Eglise : communion ecclésiale et fidélité évangélique ». Nouvelle Revue Théologique ; 132, N° 2, avril 2010.


Voir en § 2, l’article en pdf. Suivre ce lien pour prendre connaissance avec cette revue théologique belge et éventuellement s’abonner.

http://www.nrt.be/chercher-articles-nouvelle-revue-theologique?recherche=chom%C3%A9&rapide=1

 

§ 1

jeudi 13/01/2011

 

http://www.la-croix.com/sdx/alc/document.xsp?qid=&id=20110113-13885161.xml&base=d&n=1&

 

Le présent et l'avenir de l'Eglise selon Joseph Moingt

Abordant sans détour les questions que peuvent se poser de nombreux fidèles au sujet de la situation actuelle de l'Église catholique, le théologien jésuite exprime les raisons qui le font « croire quand même » et espérer dans l'avenir de la foi chrétienne

Après avoir dirigé pendant près de trente ans (de 1968 à 1997) la prestigieuse revue théologique Recherches de science religieuse, Joseph Moingt, aujourd'hui, âgé de 95 ans, reste actif. Le théologien jésuite continue de réfléchir et d'écrire, comme en témoigne un article dans la dernière livraison d'Études, sur le thème « Les femmes et l'avenir de l'Église » (janvier 2011).

Cette question de l'avenir de l'Église est aussi au centre du livre d'entretiens menés avec des interlocuteurs beaucoup plus jeunes que lui et qui l'interrogent sur la situation actuelle du catholicisme (dissensions internes, baisse des vocations, fuite des fidèles, tensions avec Rome...) mais aussi, plus largement encore, sur la place des religions dans le monde actuel. Et même s'il n'a pas de réponse toute faite, Joseph Moingt ne se dérobe jamais aux questions qui lui sont posées car ce sont aussi les siennes. Surtout, le théologien ne veut pas apparaître comme un donneur de leçons : « Il veut être à l'écoute, même si ce n'est pas lui qui donne le la. »

 

Avec beaucoup de pédagogie, Moingt fait profiter ses interlocuteurs de sa vision historique de long terme et de sa propre expérience de vie. Il a vécu assez longtemps avant Vatican II pour savoir ce que le Concile a permis comme avancées et que ce n'est donc pas à lui qu'il convient d'imputer la responsabilité de la situation présente de l'Église. Les tensions au sein de l'Église ne peuvent pas non plus être ramenées au simple clivage entre progressistes et traditionalistes. La vie chrétienne est autrement plus complexe et riche. Moingt n'identifie pas moins de cinq « familles religieuses » actives : conservateurs, traditionalistes, chrétiens critiques, esprits progressistes, charismatiques. Et s'il se refuse de soupçonner un manque de foi chez l'une ou l'autre, le théologien garde le droit de « mettre en question leur intelligence de la foi ».

Le jésuite souligne notamment combien la foi peut sortir blessée aussi bien d'un attachement exclusif au rite que d'une dépréciation de la Tradition. Un juste rapport à la Tradition exige de ne pas confondre foi et religion. La religion est essentiellement conformiste, plus préoccupée de piété et de morale, plus orientée vers le sacré que vers l'humain, et en fin de compte plus soucieuse des fins éternelles de l'homme et insuffisamment de ses fins temporelles et terrestres. La foi chrétienne est d'une tout autre nature : elle est abord « appel à la liberté, à s'affranchir de l'opinion publique, des mœurs et coutumes de la société et du temps où on vit, des traditions familiales souvent », et ce en fidélité à une tradition qui marque la « continuité de la référence de la foi à son origine historique, à l'événement et à l'enseignement du Christ et des Apôtres ». Cette foi, contrairement à la religion, se situe clairement du côté de l'humain en ne cessant d'inventer de nouvelles manières de servir l'homme et tout homme, cherchant sans discontinuer comment atteindre une universalité toujours plus grande : « L'extension de l'idée de catholicité à la globalité de la vie du monde sera peut-être l'aspect le plus caractéristique du catholicisme post-conciliaire. »

Et si Joseph Moingt croit « quand même » et exprime son amour de l'Église à une époque où beaucoup sont tentés de la quitter sur la pointe des pieds, c'est en raison de sa foi dans l'Esprit Saint qui conduit les croyants sur le chemin de la Vérité, « ainsi que Jésus l'a promis à ses disciples ». Aux yeux de celui qui sait regarder, la foi n'est pas morte. L'Église est aujourd'hui traversée d'une vitalité, parfois discrète, mais bien réelle. En témoignent par exemple ces chrétiens qui se rassemblent pour prier, célébrer, partager parfois en dehors des cadres habituels. Le désir de reconstituer des liens de foi et de charité qui structurent le corps du Christ sont « un signe d'espoir, la promesse d'un renouveau de l'Église, sous des formes encore indécelables ». Et Joseph Moingt n'en doute pas, cette Église saura être aux rendez-vous de l'humanité, interpréter les signes des temps, renouer la communication avec le monde et le nourrir de la culture de l'esprit évangélique. L'Église a un avenir, mais celui-ci n'est pas à chercher ailleurs que « dans la liberté que l'Évangile lui ouvre ».

Dominique GREINER

 

§ 2

L’article de Joseph Moingt : « la femme et l’avenir de l’Eglise », Etudes, Janvier 2011 en PDF

 


Publié dans Eglise

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