L’Eglise ne se prononce pas sur l'identité personnelle du diable. Mais elle récuse le dualisme qui poserait un principe du mal, un anti-Dieu

Publié le par Michel Durand

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Comme vous avez pu le voir, je me suis penché sur la question du mal qui existe dans le monde. En nous, partout, dans les structures et peut-être aussi ailleurs, au ciel ; le diable des purs esprits !

Sur ce blog, En manque d’Eglise, taper dans la case de Recherche, située à gauche au-dessous des Commentaires, le mot Satan et lancez vous dans la lecture. Vous verrez ; voilà une question qui préoccupe beaucoup aujourd’hui.

 

Dans cette tentative de compréhension du Mal que l’on ne peut que rencontrer , j’ai le plaisir de vous inviter à le papier de Sylvain Gasser :

 

Le diable, vous y croyez ?

par GASSER Sylvain, La Croix, 1/6/13

 

« Cela fait longtemps que vous, les prêtres, vous ne croyez plus au diable. Alors, ne soyez pas surpris des violences qui rongent notre société ! » J'entends souvent ces propos accusateurs. Dois-je pour autant croire au diable de la même manière que je crois en Dieu ?

Pour les uns, le diable est à ranger dans le dictionnaire des symboles, il témoigne d'une mentalité religieuse préscientifique à laquelle la raison ne saurait porter le moindre crédit. Pour les autres, il est tellement réel que « sa plus belle ruse est de nous persuader qu'il n'existe pas »(Baudelaire). Semeur de zizanie, le Diviseur (c'est le sens du mot « diable ») remplit bien son rôle de brouilleur de cartes.

La foi de l'Église porte sur des événements de salut. Le Credo ne parle pas du diable, mais du péché et de son pardon. Une foi au diable serait contradictoire. Les chrétiens croient seulement au Dieu libérateur et au Christ vainqueur du Satan (« l'Adversaire », nom « propre » du diable), du péché et de la mort. Dans une démarche de foi, il ne faut pas se tromper d'objet.

Il n'empêche, la présence du Satan dans l'Évangile affleure les lèvres mêmes de Jésus. Les mentions d'esprits mauvais, de démons, de Béelzéboul sont légion. L'opposition que rencontre Jésus s'exprime sur le registre satanique. De fait, Jésus utilise les catégories de pensée et de langage qui sont celles de son peuple. Jamais il ne donne d'enseignement sur le diable ou sur les démons. Il exprime la réalité du mal et du péché en recourant au vocabulaire disponible. Pour Jésus, Satan est quelqu'un. Mais son message évangélique tient dans l'annonce et la venue d'un Royaume de Dieu qui signe la défaite définitive des forces du mal.

Mythe ou réalité ? La tradition chrétienne ne s'est pas vraiment prononcée sur l'identité personnelle du diable. Elle récuse cependant le dualisme qui poserait un principe du mal, un anti-Dieu aussi puissant que lui, en face de Dieu. En évoquant sa figure, Joseph Ratzinger parle d'une « non-personne », « d'une désintégration, d'une désagrégation de l'être personnel ».Car il n'a rien en lui de l'ordre de l'amour. Il accuse, il soupçonne, il détruit, il ment, il pervertit. Ce « il » n'est pas impersonnel. La réalité de la figure du diable a l'avantage de ne pas faire reposer sur l'homme seul l'immense fardeau de la culpabilité.

Combattre l'Adversaire, c'est mettre le mal hors-les-murs, c'est-à-dire hors de l'homme et hors de Dieu. Il y a comme du drame dans l'air, en parlant ainsi. Mais on vaincra plus efficacement le mal en le noyant « une meule au cou », comme le dit Jésus, que par des discours rationnels. Dans le diable réside un excès de mal bien réel qui travaille à détruire ce que l'homme et Dieu veulent construire. C'est sous la protection de cet amour vainqueur que doivent se placer ceux que les pompes du prince des ténèbres fascinent. Comme le chante un spiritual, « si tu veux voir Satan déguerpir, appuie seulement sur la détente de l'Évangile ».

 

 

 

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