L’Église, une entreprise ? Pourquoi pas, c’est une institution également humaine.

Publié le par Michel Durand

getinter.jpgJeudi dernier, j’ai eu le plaisir de rencontrer chez des amis qui m’avaient invité à partager leur dîner, des personnes travaillant chez Renault Trucks. Je ne savais pas que trucks voulait tout simplement dire camions.

Au cours du repas nous avons parlé, entre autres, de la vie des cadres dans l’entreprise. Les N+1, soucieux de garder leur poste, font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas perdre un échelon. Ils ménagent les susceptibilités de leurs N+1 tout en bloquant les possibilités d’avancement de leurs N-1. Alors qu’on parle de restrictions du personnel, les tensions sont grandes, le climat humain peu respirable. Il faut mutualiser les services, mutualiser les matériels, mutualiser les personnes. Si le N-1 lyonnais ne souhaite pas se délocaliser à Paris pour son travail, le N+1 est hiérarchiquement habilité à lui signifier qu’il n’est pas impossible de l’inviter à quitter l’entreprise.

Dans ce bref résumé de conversation, il y a sans aucun doute de la caricature ; quoique…

Je n’ai pu m’empêcher de penser au document que les prêtres du diocèse de Lyon viennent de recevoir. On y parle aussi de N+1.

Prenons le cas d’un membre d’un service diocésain. Hiérarchie et autonomie.

Son N+1 est soit l’évêque auxiliaire, soit le vicaire général modérateur de la curie, soit le vicaire général mission, selon une répartition qui sera précisée. Il est le N+1 des membres de l’équipe diocésaine. Son N-1 serait un assistant. Ai-je bien compris ?

Je n’ai pas vu d’indication du N+1 de l’évêque.

 

L’Église, une entreprise ? Pourquoi pas, c’est une institution également humaine.

Il me semble pourtant que l’Église est une famille, une communauté, un synode, un concile, une fraternité, une diaconie… un lieu où l’échange se réalise sans qu’il soit nécessaire d’évoquer la différence instituée entre la responsabilité hiérarchique et la responsabilité fonctionnelle. N’est-ce pas dans l’échange simple et fraternel que l’on découvre de qui on est l’aide, ou qui aide ; de qui on est responsable ou de qui on dépend ?

 

Un laïc, ayant jeté un rapide coup d’œil sur ce document de Réforme territoriale pour le suivi des acteurs pastoraux, élabora une comparaison avec la situation concordataire que connut la France sous l’empire. « Napoléon aurait pu écrire ces pages », commenta-t-il. Il me faut recourir auprès de la science des historiens pour que je comprenne totalement son allusion. Je me dispose à lui en reparler.

Publié dans Eglise

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