La lecture de Jean, « mise en scène » dans l’église du Bon Pasteur, suite.

Publié le par Michel Durand

N’aimez ni le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui.
1 Jean 2,15

 

La lecture de la première lettre de Jean dans l’église du Bon Pasteur (voir les jours précédents) a ouvert une question essentielle qui me fut rapportée : les rapports des hommes avec le Monde. Quel est ce monde qu’il ne faut pas aimer alors que Jésus est mort par amour du monde ?

 

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Que disent les théologiens ? 

Au point de vue théologique, le « monde » désigne avant tout l’ensemble de la création de son origine à sa fin. Toutes les parties de ce monde sont liées dans une unité globale. On note les diverses interdépendances.

Une définition plus neutre du monde parle de l’homme. Le monde est le milieu où l’homme vit. C’est le cadre dans lequel l’humanité développe son histoire.

Vu comme cosmos, ciel et terre, le monde est une manifestation de Dieu ; une révélation. Il est beau, bon, plein de sens. En lui, l’homme voit la gloire de Dieu. Créé librement et par amour, il est don de Dieu. « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas , mais ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » Jean 3.16 s

En ce sens le monde est médiateur entre l’homme et Dieu. En témoigne l’incarnation.

Le monde des hommes est profondément marqué par l’opposition contre Dieu et tout ce qui lui revient. Combat de l’égoïsme humain contre l’Amour universel de Dieu. On évoque le péché dés l’origine de l’homme. Ainsi, on parlera du « monde », ce « monde » composé, selon le langage biblique « des principautés et puissances » opposées à Dieu. Ce monde est « mondain », englué en lui-même, coupé de sa source, Dieu. Il est constitué de tout ce qui dans le monde est une permanente incitation au mal, à des fautes nouvelles ; il est une incarnation tangible du péché. C’est en ce sens que le chrétien ne doit pas être du monde (Jean 18.36), même s’il est nécessairement dans le monde (Jean 17.11).

Tout en étant ce monde pécheur, le monde reste aimé de Dieu. S’il a besoin de rédemption, il est susceptible d’être sauvé. Même dans le péché, le « mauvais » monde demeure dans les « mains » de Dieu et son histoire débouchera sur le Royaume, dans la gloire divine.

C’est pour cela que, malgré son opposition à Dieu, le monde constitue une tâche pour le chrétien. A celui-ci revient de sauvegarder l’ordre authentique du monde, de discerner par un examen critique des tendances qui se manifestent en lui, ses possibilités de développement jusqu’à son épanouissement en Dieu, l’Amour glorieux du « Royaume » de frères de la terre.

 

Publié dans Anthropologie

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