La lumière de la foi éclaire toutes nos relations humaines, qui peuvent être vécues en union avec l’amour et la tendresse du Christ

Publié le par Michel Durand

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Besançon - Cercle de silence en soutien aux demandeurs d’asile

 

Dans de certains milieux plutôt militants, on dit que le clivage droite-gauche n’existe plus. Le monde moderne qui doit se construire, attentif à la protection de la nature, au respect de l’homme, à sa dignité, n’a que faire de ces querelles politiciennes ringardes. Il n’y a plus de prolétariat, il n’y a plus de gauche, il n’y a plus de droite. Est-ce si vrai que cela ?

Les Veilleurs dans leur démarche pour la défense de la vraie famille ont-ils raison de qualifier d’archaïque le regard syndical qui tente de défendre l’ouvrier contre le pouvoir d’un employeur à la solde du capital ? Ouvrier de tous les pays, unissez-vous !

Personnellement, je ne pense pas que l’on puisse dire que les clivages entre gauche et droite et entre libéraux et sociaux n'existent plus. Qu’il existe une tendance libérale libertaire ne permet pas de gommer la tension employé – employeur. Une étude à suivre, donc, notamment à l’aide des recherches du laboratoire que nous tiendrons de nouveau en 2013-2014 à l’Espace Saint-Ignace avec le groupe Chrétiens et Pic de Pétrole (CPP). J’ai trouvé à ce sujet de très bonnes pages dans les textes de Jacques Ellul et je me permets d’affirmer que la dernière encyclique de Benoît XVI, ou la première de François, apporte des éléments fondamentaux de réflexion qui montrent que l’égalité des hommes, leur fraternité, n’est pas encore acquise. Les chrétiens, dans leur engagement de foi, se doivent de l’établir sur terre. Sans cesse, Dieu nous pose la question : « qu’as-tu fait de frère ? » « qu’as-tu fait de ton voisin, l’étranger ? »

En conséquence, il me semble que l’on retrouve le clivage droite-gauche dans ces questions de l’accueil ou non-accueil du migrant, de celui qui n’appartient pas à notre famille. Regardons l’histoire récente de notre pays ?

Quels sont les catholiques qui, dès l'origine, se sont opposés à Pétain et à la collaboration  avec l’Allemagne Hitlérienne ?

Quels sont les catholiques qui ont compris dès le début l’impasse de la guerre coloniale en Algérie – et entre d’autres terres colonisées par les puissances occidentales ?

Quels sont les catholiques qui ont subi des procès pour leur aide aux populations algériennes ?

Quels sont les catholiques qui viennent en aide aux personnes déplacées, sans papiers, sans droits, sans logements ?

Qui participent aux Cercles de Silence pour dénoncer l’existence et les mauvaises conditions dans les centres de rétention, les convocations et attentes à la Préfecture ?

(Dans les témoignages, ci-dessus, je place un focus sur les "catholiques" ; cela ne signifie pas que les cerlces de silence soit exclusivement confessionnels. Au contraire, ils existent depuis plus de 4 ans grâce à toutes les tendances : gauche ou droite ?)

Un Veilleur (contre le mariage pour tous) déclare ne pas participer au cercle de silence parce que personne ne devrait avoir à quitter son pays d’origine soit pour des questions économiques, soit pour des questions de liberté personnelle. Les frontières sont effectivement une nécessaire protection, car un monde sans frontière n’est pas souhaitable. N’est-ce pas ici, la permanence du clivage droite-gauche ? Les pauvres (le prolétariat) d’un pays pauvre ou sans liberté ne peuvent venir déranger les riches d’un autre pays.

La lecture de l’encyclique Lumen Fidei m’annonce une autre attitude :

« Au fil de l’histoire du salut, l’homme découvre que Dieu veut faire participer tous, en tant que frères, à l’unique bénédiction, qui atteint sa plénitude en Jésus, afin que tous ne fassent qu’un. L’amour inépuisable du Père commun nous est communiqué, en Jésus, à travers aussi la présence du frère. La foi nous enseigne à voir que dans chaque homme il y a une bénédiction pour moi, que la lumière du visage de Dieu m’illumine à travers le visage du frère. »

Publié dans Politique

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Blaise Join-Lambert 26/07/2013 15:07


Le clivage gauche-droite n’a pas disparu de la politique contemporaine, c’est un fait. Il contribue à la polarisation des choix politiques,
chacun des deux protagonistes voulant se distinguer de celui d’en face. On en trouve une bonne illustration avec le « mariage pour tous » : nulle raison évidente à ce que la Gauche
vote massivement le projet de loi et pour que la droite s’en abstienne. Au fond, sur le plan des principes, les uns et les autres partagent une commune philosophie libérale, même ceux qui
s’affirment plus « sociaux », comme le Front de Gauche. Dans un autre contexte, la droite aurait donc très bien pu le voter, ce texte.


 


De toute façon, le clivage gauche-droite ne recoupe pas l’opposition entre libéraux et sociaux ou entre prolétariat et capital.
L’identification entre les « hommes de gauche » et la cause des travailleurs n’a été rendue possible que par l’entrée des socialistes dans le jeu parlementaire. Il faut distinguer. La
« gauche » et la « droite » renvoient non pas à des traditions de pensée spécifiques mais à l’organisation selon un schéma binaire des forces politiques dans le système
représentatif français. Les contenus varient suivant les époques, et ne parviennent jamais à s’imposer complètement au sein d’une même entité politique.


 


Vous faites peut-être allusion à Gautier Bès à propos de sa non-participation aux Cercles de Silence ? Mais Gautier Bès refuse de se
positionner par rapport au clivage Gauche/droite et se réfère à des auteurs aussi bien libéraux (Delsol) que socialistes (Péguy, Michéa) ou communistes (Gramsci) ; il affirme sa solidarité
envers des engagements qui, pour le moment, attirent plutôt des militants s’affirmant « de gauche » (comme l’opposition à la construction d’un aéroport à Notre-Dame des Landes). Par
ailleurs, s’il ne croit pas qu’« un monde sans frontières soit souhaitable. » cela ne l’empêche pas de dire qu’il « respecte ceux qui le font. ».


 


 


Reconnaissons tout de même que l’hostilité envers les immigrés, les Roms notamment, mais aussi envers l’islam et les musulmans, qu’ils soient
français ou de nationalité étrangère, ne divise pas la classe politique entre Gauche et Droite. Pas plus que la façon dont les pouvoirs publics traitent les sans papiers. Les majorités changent,
mais pour le reste les politiques se ressemblent. Et pour insister sur un thème qui m’est cher, il suffit d’écouter ou de lire des journalistes de Gauche traiter de l’islam pour s’apercevoir
qu’ils sont tout-à-fait capables de s’entendre dans le choix des boucs-émissaires avec leurs confrères de droite.


Le clivage gauche-droite continue de fonctionner, effectivement, mais ce n'est pas une raison pour se positionner par rapport à celui-ci.
Certains préféreront se dire libéraux, ou socialistes, ou encore attachés à la doctrine sociale de l'Eglise.

Michel Durand 30/07/2013 20:07



Merci pour votre commentaire. Il permet un bel approfondoissement.


N'est-ce pas tout simplement la peur de l'autre qui place dans un camp ou dans un autre ?


Se positionner grâce à une volonté de dialogue : qui veut dialoguer sans imposer sa vérité ? Une certaine "pagaille" ouvre des portes où les boucs-émissaires n'existent pas. Pagaille et respect.
Gratitude.