Le dogme de la liberté du marché ne peut pas être compatible avec l’Evangile

Publié le par Michel Durand

Dans des articles précédents de « en manque d’Église », ou dans d’autres lieux, je me suis interrogé sur le rôle de l’argent. Habituellement on dit que l’argent, ce n’est ni bien, ni mal. C’est neutre ; ce n’est qu’un outil. Il n’est donc pas opportun de diaboliser l’argent, le capital, l’économie de marché.

Est-ce bien vrai ?

 

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Le temps des sacrifices légalisés.

Inquiétant de se faire diriger par

des adorateurs de la guerre, l'argent, le sang, les sacrifices....

 

 

Les lois économiques qui réclament une obéissance absolue ne se comportent-elles pas comme émanant du dieu Argent que ses serviteurs adorent sans poser de questions ?

Jésus dit : « on ne peut adorer (servir) Dieu et l’argent ».

Mt 6:24- Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent.

Dieu et Mammon

Je pense que cette phrase de l’Évangile mérite plus d’attention et qu’il est trop rapide de dire que l’économie capitaliste, basée sur l’argent, n’est qu’un système qui serait en lui-même neutre ; ce n’est pas un simple outil dont le mal proviendrait de l’usage que les hommes en font.

 

Dans cette ligne de réflexion, j’ai trouvé dans La Croix* un courrier des lecteurs qui a attiré toute mon attention. Voici :

Choix électoral

Le choix électoral, dans sa version actuelle n’est-il pas pour un chrétien comparable au choix évangélique à faire entre Dieu et l’argent ? 

Même si Dieu et César ne pointent pas au même guichet et ne relèvent pas toujours des mêmes logiques, des choix politiques favorisent le futur planétaire du vivre-ensemble ou le mettent en péril. 

Face aux défis environnementaux et humains dont les causes ont en commun une volonté individuelle d’enrichissement, la vertu évangélique de la vérité et du service aux frères est la voie incontournable de la réconciliation avec toute la création. 

En conséquence, les orientations économiques, dont le fondement est la liberté du marché, sont incompatibles avec le message évangélique, spécialement celles qui génèrent de la pauvreté, de l’injustice et l’épuisement accéléré des ressources naturelles. (…) Le chrétien qui vit l’Évangile doit choisir entre la sauvegarde de la création ou « l’environnement, ça commence à bien faire ! »

M. P. (Aube)

 

*La croix, 12 mars 2012, p. 8


Publié dans capitalisme interrogé

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Jean-Marie Delthil 21/03/2012 19:28


Oui : cette marchandisation à outrance de tout ou bien d'à peu près tout peut réellement épuiser la Planète - et elle l'épuise -, mais elle épuise encore nos coeurs, nos façons de penser,
nos âmes, nos intériorités... parfois très insidieusement, parfois beaucoup plus visiblement.


Le problème, c'est que nous n'avons aujourd'hui bien souvent plus le choix (dans le domaine du travail et de l'entreprise ultralibérale et/ou de l'économie de marché) : manger
ou être mangé - et la barbarie ou l'inhumanité, à ce compte, sera (bien) plus encore notre héritage.


Cet avenir (et ce présent déjà), je pense que de plus en plus de personnes n'en veulent pas, mais ce 'plus en plus' n'est pas encore assez uni et conséquent pour pouvoir espérer un
avenir global et planétaire qui soit réellement plus amical et plus humain. Vivable, tout simplement.


Vivement l'avenir ! de celui dans lequel on respire...


 

Michel Durand 21/03/2012 21:00



Je résume actuellement en me disant : un avenir de partage. de dons