Le monde est désormais à épargner, à préserver, à sauvegarder et non plus à transformer

Publié le par Michel Durand

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Dans le dernier numéro de La Décroissance, Catherine Thumann s’entretient avec Pierre Gomdaogo Nakoulima du Burkina Faso. Il est tellement rare de voir un homme du Sud parler de ce sujet : l’objection de croissance, que j’ai voulu en savoir plus sur cet universitaire. Alors, j’ai fait une petite promenade sur internet et je vous invite à en faire autant.


Mais tout d'abord, lisons sa présentation dans le journal de la joie de vivre.

« J'ai rencontré les idées sur la décroissance par mes lectures, mais surtout depuis ma rencontre avec Serge Latouche aux Nuits atypiques de Langon, à Bordeaux, où nous avons animé avec Aminata Traoré et Jean-Marie Harribey des conférences-débats sur le développement. Serge Latouche m'avait donné une copie de la charte sur l'après-développement où l'idée de décroissance conviviale est développée. J'ai trouvé l'idée séduisante, quand on constate le gaspillage en matière de consommation des pays du Nord. J'ai séjourné pendant des années à Strasbourg, dans le cadre de mes études, et le modèle de consommation du Nord me posait problème. Dans un de mes écrits, je faisais le constat qu'avec les temples de la consommation que sont les hypermarchés, on pouvait, en s'inspirant de Descartes, écrire que « j'achète donc je suis » ou encore « je consomme donc je suis », ce qui est aux antipodes de l'essence humaine d'exister. Quand les altermondialistes disent qu'un autre monde est possible, je dirais nécessaire, il s'agit d'une stigmatisation d'une économie de marché qui n'a rien à voir avec la satisfaction des besoins fondamentaux des humains. Il faut placer l'humain au cœur des préoccupations. En ressassant bien des truismes, le néo-libéralisme, cette expansion dominatrice, n'est pas un triomphe de l'humanité, mais un triomphe sur l'humanité. »

N’hésitez pas à lire la suite dans l’édition « papier », page 12 du N° 92, septembre 2012.


Vous pouvez aussi, vous faire une idée sur le site « Institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable". Suivez ce lien pour en savoir encore plus.

 

Un livre à lire, je pense, car une telle parole venue d’Ouagadougou, c’est vraiment important. On ne peut plus dire que la réflexion sur l’objection de croissance n’est que le produit d’Occidentaux noyés dans leurs richesses.

 

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réservation de la planète : défis contemporains de la modernité

Par Gomdaogo Pierre Nakoulima

Il est capital de relever le défi de la modernité et d’apprendre que le monde est désormais à épargner, à préserver, à sauvegarder et non plus à transformer. C’est le développement de la technoscience qui est devenu problématique : c’est lui qui a rendu possible le totalitarisme, l’écart croissant entre la richesse du Nord et la pauvreté du Sud, le chômage et la nouvelle pauvreté, la déculturation générale. L’écologie a réussi à mobiliser tous les pays de la terre pour lutter pour la préservation de la terre. Ce sont ces préoccupations écologiques qui donnent l’unité du propos de ce livre. Voir ici.

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