Le poids du monde – Résistance par la beauté et ouverture de pages nouvelles.

Publié le par Michel Durand

Je me suis rendu à l’exposition concernant Marcel Michaud et Étienne Martin et j’ai vécu un merveilleux moment au Musée des Beaux-arts de Lyon. Trois heures de lectures, d’observation des œuvres et d’écoute de la présentation de l’Exposition avec l’audioguide. Il est toujours agréable d’entendre les artistes parler eux-mêmes de leurs travauxMartin-etienne.jpg. Une « pédagogie » que j’ai du reste mis en place pour la 8ème Biennale d’art sacré actuel : le Souffle.

Je me suis rapidement aperçu que je ne connaissais d’Étienne Martin que ses premières œuvres, celles du milieu du XXe siècle. Il me semble avoir vu au monastère du mont Canigou, un Saint-Martin partageant son manteau de facture semblable à la pietà (1944-1945) exposée à Lyon. C’est une sculpture monumentale, figurative, d’inspiration religieuse. Œuvre que je classe sommairement parmi l’art social des années 30-40. La force de l’homme, sa puissance ou son lucide abandon dans une descente de croix.


En suivant toutes les périodes de l’artiste, on comprend comment il a évolué avec son temps. L’inspiration religieuse et spirituelle demeure, mais elle s’incarne dans des réalisations plus abstraites.

J’avais entendu parler d’Étienne Martin  et de Marcel Michaud au moment de la fondation de « Confluences ». En 1988 ou 89, Paul Gravillon, journaliste au Progrès, au cours d’une inauguration m’informait que le nom « Confluences » avait été également choisi par un groupe d’artistes entrés en résistance. Il notait de nombreuses similitudes entre notre action au sein de l’Église et du monde et le groupe « Témoignage » (1936-1943). Il faudrait que je retrouve l’article de la Revue « Confluences » que nous avons créée où il est question de ce rapprochement. Bref, au cours de cette visite, j’a revécu toutes ces conversations  et je me suis dit que suivre le témoignage artistique et spirituel de la galerie « Folklore » (Albert Gleize, Jean Martin, Étienne Martin, Jean Couty, Bertholle…  est une bonne route pour me préparer au débat organisé le 24 novembre dans le cadre de la biennale d’art sacré actuel 2011. Je souhaite mettre un Mp3 à ce propos sur ce blog, un enregistrement qui rende compte intégralement de la conférence-débat ; les artistes prendront la parole. Ils ont tant à dire sur les rapports de l’Église et de l’art actuel.

En attendant, si vous êtes de Lyon ou proche de Lyon, je vos encourage fortement à accomplir une visite au Musée des Beaux-Arts.

Avec Ainsi soit-il (jusqu’au 2 janvier), l’atelier d’Étienne Martin, le poids du monde, Marcel Michaud (jusqu’au 23 janvier), il y a beaucoup de plaisir à prendre.

 

Jusqu'au 17 décembre, l'église Saint-Polycarpe accueille la Biennale d'Art Sacré Actuel, avec pour thème « le Souffle ».

Conférence-débat

jeudi 24 novembre à 19 heures

à Saint Polycarpe, 25 rue René Leynaud Lyon 1er

Que veut dire « art sacré» aujourd'hui pour un artiste ?

On y invite des professionnels de l'art à échanger sur la manière dont les responsables d'Église dialoguent avec les artistes et considèrent leurs créations. L'artiste doit-il mettre sa créativité au service de l'Église « ou est-ce à l'Église d'être à l'écoute de la spiritualité de l'artiste ? Quelle marge de Liberté ? Quelle réciprocité ? »

Avec la participation de Pierre Benoît, philosophe, Paul Barnoud, architecte ACMH-Nevers, Véronique Soriano, peintre et plusieurs exposants de la Biennale d’Art Sacré Actuel.

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