Les fantasmes de toute-puissance ne voient dans la technique que l'accroissement de puissance qu'elle peut donner

Publié le par Michel Durand

Ce poste est à situer dans le cadre de l'homélie de ce jour prononcée à Lyon-St Polycarpe.  VOIR ICI !

 

 

 

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à la source de cette image, un bon article à lire sur le même sujet ou presque.

 

Le pharisien est sans aucun doute de bonne foi. Il accomplit tout ce que la loi lui demande. Ni voleur, ni dragueur, ni buveur, il peut se présenter à Dieu dans sa probité. Seulement, il y a quand même un problème : il méprise les autres. Il met en avant, sa perfection, il se passe de Dieu. Alors là, ça ne va plus.

Réfléchir sur cette façon d’être est très important aujourd’hui. Nous rejoignons dans cette psychologie de l’homme en auto construction les méditations philosophiques d’Olivier Rey dans son ouvrage « Une folle solitude : Le fantasme de l’homme auto-construit ». Il explique que l’utopie de l’auto-fondation a pénétré notre monde contemporain. Avec lui, d’une certaine façon, l’exposition de la 9ème biennale d’art sacré actuel, « Fragiles », montre que la réalité de l’homme est dans l’humble reconnaissance de ses propres faiblesses. « Oser la fragilité » titre l’hebdomadaire La Vie.

 

"L' inconscient, c'est-à-dire, encore une fois, l'infantile en nous ; les fantasmes de toute-puissance, qui ne voient dans toute technique que l'accroissement de puissance qu'elle peut donner ; la mégalomanie qui, pour mieux nier notre dépendance initiale absolue, va jusqu'à nous vouloir créateur de nous même, indépendamment de la sexualité; les séquelles du «traumatisme de la naissance», l'effroi de se constituer en individu séparé, cherchant à s'oublier dans les déterminations anonymes de la matière, le fonctionnement des machines, la mécanisation du vivant et du processus de reproduction. La science moderne est enrôlée dans cette tâche. Elle s'y prête d'autant mieux qu'elle est peu attentive au principe généalogique. Elle s'est constituée en rupture avec les réponses traditionnelles, avec les ordres institués, avec tout rapport au passé, serait-ce le sien propre : selon les mots souvent répétés de Whitehead, « une science qui hésite à oublier ses fondateurs est condamnée à la stagnation».(...)

La raison est fragile, la bêtise seule est très solide. La raison réclame des soins attentifs, qui consistent moins à traquer sans relâche ce qui ne serait pas elle qu'à préserver l'"écosystème" psychique qui permet sa formation et son essor. Les craintes sont d'autant moins déplacées qu'aux menaces déjà évoquées, d'autres forces apportent leur concours, dtes roues de caoutchouc, regarde le monde qui vient".



Olivier Rey, Une folle solitude, le fantasme de l'homme auto-construit, Seuil, p.228-229

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