Les participants CDS savent que le problème demeure, mais dans une société où le bruit domine, leur obstination montre le sens de solidarité

Publié le par Michel Durand

Demain, vendredi 10 janvier, je suis invité chez les Capucins par la famille franciscaine de Lyon afin de parler des cercles de silence. Pour m’y préparer, je reprends la triste actualité des clandestins expulsés de la Basilique Saint-Denis. Puis un texte de Sébastien Banse, déjà connu peut-être.

 

14288hd.jpg

 

Saint-Denis ; le profil des CDS en ce coin de France proche de Paris ne peut laisser indifférent.

 

Mais ne faut-il pas aussi rompre le silence !

Voir,  récemment à Lyon, le problème du refus d'écouter les demandes de citoyens.

Le MRAP indigné de l’évacuation par la police des sans-abris de la Basilique de Saint-Denis

 

Dimanche 15 décembre 2013, la police a investi la basilique Saint-Denis pour déloger des sans-abris et leurs soutiens qui s’y étaient réfugiés.

 

 

 

 

Dimanche 15 décembre, les expulsés du 50 et du 103 Gabriel Péri à Saint-Denis (93), qui occupaient la place du Caquet depuis plusieurs mois (près de la mairie), se sont installés, avec leurs soutiens, dans la Basilique de Saint-Denis pour obtenir un hébergement. Le Préfet qui refuse de les héberger, alors qu’à Saint-Denis même, un local d'accueil de 60 places vient d'ouvrir à proximité. (L'Humanité)

 

« Depuis quand la police armée pénètre-t-elle dans une cathédrale ? Quelle honte pour notre police, notre préfet, notre pays » a déclaré Jean Courtaudière, curé de la Basilique, alors qu’elle accueillait des personnes expulsées de leur logement depuis le 7 juin 2013.

Pour le Maire de Saint-Denis, Didier Paillard, molesté par les forces de l’ordre, ou l’ancien Evêque de Saint-Denis, Olivier de Berranger, empêché d’entrer dans sa cathédrale, la police, sous l’ordre de sa hiérarchie, s’est déshonorée en pénétrant par la force dans ce lieu sacré.

La brutalité de la méthode rappelle celle qui avait conduit à l’évacuation de l’église Saint-Bernard le 23 août 1996. Il est devenu impossible de distinguer les méthodes policières d’aujourd’hui de celles d’hier.

Le MRAP dénonce avec la plus grande fermeté ces méthodes indignes.

Par ailleurs le MRAP, avec d’autres organisations et les expulsés, exige le relogement immédiat de l’ensemble du groupe dans les logements disponibles du centre d’hébergement qui vient d’ouvrir à Saint-Denis.

Cette exigence est d’autant plus forte que la sous-préfète s’y était engagée le mardi 3 décembre pour se contredire 2 jours après…

La régularisation administrative est une condition indispensable pour permettre aux personnes de nationalités malienne et ivoirienne d’entrer dans un logement pérenne.

Le Ministre de l’Intérieur, Monsieur Manuel Valls, et la Ministre du Logement, Madame Cécile Duflot, doivent prendre leurs responsabilités et donner une réponse positive à cette situation.

 

Paris, le 16 décembre 2013.

 

 

cercle-de-silence-saint-den.jpgLe cercle de silence est une initiative nouvelle qui attire le regard sur la question des sans-papiers.

Un (cercle de) silence pour briser l’indifférence

 

À Saint-Denis, des soutiens aux immigrés clandestins se retrouvent une fois par mois devant la basilique dans un « Cercle de silence ». Depuis presque cinq ans.

 

Samedi 16 mars, le Cercle de silence de Paris-Conseil d’État fêtera son cinquième anniversaire. À Strasbourg, l’anniversaire a été célébré le 20 octobre 2012, comme à Toulouse, où le tout premier Cercle de silence français s’est tenu, en 2007, à l’initiative de moines franciscains qui entendaient ainsi protester contre les centres de rétention et, plus largement, attirer l’attention sur le sort des étrangers sans papiers.

À Saint-Denis, ce n’est pas tout à fait cinq ans, mais on s’en approche. Vendredi 11 janvier, malgré les averses de pluie froide, ils sont plus d’une centaine à s’être rassemblés devant la basilique, comme chaque deuxième vendredi de chaque mois de 18h30 à 19h30, pour la cinquantième fois d’affilée, unis dans le silence, le regard dirigé vers la flamme d’une lanterne, posée au centre du cercle. « Un symbole d’espoir», explique Jean-Yves Leroy, qui fait partie de ceux qui ont fondé le cercle dionysien.

« J’étais militant de longue date de la Coordination d’aide aux sans-papiers du 93, et c’est Claude Goislot qui nous a parlé le premier de cette initiative » imaginée par le frère Alain Richard et les franciscains de Toulouse.

La chose surprend d’abord : le sort des étrangers sans papiers se déroule dans l’indifférence, il faut un cri! Mais l’idée interpelle, et Claude Goislot ne tarde pas à convaincre. Vendredi 5 décembre 2008, l’Action catholique ouvrière, le Comité catholique contre la faim et pour le développement et la Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers lancent un appel à se rassembler, face à la basilique. Ils sont une centaine à répondre. Ce succès est une heureuse surprise pour les organisateurs.

« Depuis, il y a eu des hauts et des bas. Mais ces derniers temps, il y a de plus en plus de monde et il y a beaucoup de sans-papiers. Il y a deux ans, c’était l’inverse, il y avait beaucoup plus de soutiens que de sans-papiers. On s’était demandé s’il fallait continuer. Nous, on fait ça pour les sans-papiers… Maintenant, finalement, il manque peut-être davantage de soutiens », analyse Jean-Yves Leroy.

« Certains étrangers qui ont été régularisés tournent la page, mais d’autres reviennent au Cercle de silence, à la Coordination, aux manifestations, pour accueillir à leur tour les nouveaux arrivants, explique Daniel Helle, un des participants de longue date. On continuera tant que ce problème n’est pas réglé en France. Les étrangers travaillent au noir, dans le bâtiment, la restauration, c’est une main d’œuvre facilement exploitée tant qu’ils n’ont pas de titre de séjour. »

Les participants ne se leurrent pas, ce n’est pas ça qui résoudra le problème, mais dans une société où le bruit et le coup médiatique sont encouragés, leur silence et leur obstination trouvent un sens.

« À l’origine du Cercle, il y a des chrétiens, comme je suis, mais ce n’est pas quelque chose de religieux, il y a beaucoup de non-croyants ou de personnes d’autres confessions », témoigne Jean-Yves Leroy. « Ça rassemble pour une cause, au-delà des obédiences particulières, toute la population de gauche. »

Sébastien Banse

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article