Les racines de l’objection de croissance

Publié le par Michel Durand

L’évolution du concept de « développement » de 1950 à nos jours.

Je vous invite à une lecture plus que studieuse, en se reportant aux textes de base, grâce aux liens.

Bon courage. Certes je souhaite vos commentaires.

 

1 - période de confiance

 Mater et Magistra est une encyclique donnée par Jean XXIII le 15 mai 1961.

Présentation générale


Le texte


Respect de la hiérarchie des valeurs

« Le progrès scientifique et technique, le développement économique, de meilleures conditions de vie, voilà des éléments incontestablement positifs d'une civilisation. Il Nous faut toutefois rappeler que ce ne sont, en aucune manière, des valeurs suprêmes, mais essentiellement des moyens en vue de la valeur absolue….

Avec amertume il Nous faut observer que dans les pays économiquement développés la conscience de la hiérarchie des valeurs s'est affaiblie, éteinte, inversée en trop d'êtres humains. Les valeurs de l'esprit sont négligées, oubliées, niées. Le progrès des sciences et des techniques, le développement économique, le bien-être matériel ont les faveurs ; souvent on les recherche comme biens supérieurs, on en fait l’unique raison de vivre. »

La constitution pastorale Gaudium et Spes « sur l'Église dans le monde de ce temps » est l'un des principaux documents de l'Église catholique issus du IIe concile œcuménique du Vatican, 1965.

Présentation générale

  

Le texte  : lire § 63-69

 

Populorum progressio est une encyclique sur le développement humain et la notion chrétienne de progrès donnée par le pape Paul VI en 1967.

Présentation générale


Le texte


2 - période d’interrogations

Maurice Rustant, vers le semaine de 30 heures, économie et humanisme1975

CFDT, Les Dégâts du progrès, seuil, 1977

L'envers du progrès technique.
Nucléaire, chimie, informatique, forêt, télécommunications... Un travail morcelé, de moins en moins intéressant. Une division sociale qui s'accroît.
Du bureau à l'usine, à travers vingt situations, des travailleurs s'interrogent sur les transformations qui bouleversent notre manière de travailler, de vivre et de penser.
Tout cela pour qui ? Pour quoi ? Pour aller où ?

Ivan Illich, le chômage créateur, Seuil1977

 

Jacques Ellul (1912-1994)   et encore : ici

 

Des dégâts du progrès… au marketing de l'usage

Revirement de perspective en matière

de critique sociale dans le champ Informatique et Société

 

Demain la décroissance 1979 : Nicholas Georgescu-Roegen 1906-1994


3 - Nouvelles affirmations

décroissance : objection de croissance

            en 2005 : casseur de pub

                       

Vincent Cheynet, le choc de la décroissance, Seuil 2008

 

Alors que 20 % des humains s’accaparent plus de 80 % des ressources naturelles de la planète, que les capacités de celle-ci à absorber les pollutions que nous émettons ont largement été dépassées et que les ressources fossiles s’épuisent, avons-nous encore le choix, dans les pays riches, entre croissance et décroissance ? La croissance « verte », « propre », « dématérialisée », ou le « développement durable », présents dans la bouche de toute notre représentation politique, ne sont-ils pas autant d’opérations cosmétiques qui nous empêchent de regarder la réalité en face et nous conduisent à accentuer une folle fuite en avant ? Un enfant de cinq ans comprend qu’une croissance infinie est impossible dans un monde aux ressources limitées ; pourtant, de cette réalité, notre société fait un véritable déni.

 

Sans relais dans les grands médias, des intellectuels, des militants et quelques rares hommes et femmes politiques tracent de nouvelles perspectives et réfléchissent à l’incontournable décroissance économique des pays riches. Ils théorisent leurs idées et les expérimentent aux niveaux individuel, collectif et politique. Ils cherchent aussi à mettre en lumière les écueils et les dérives de cette perspective en rupture profonde avec l’idéologie d’un monde sans limites qui traverse désormais notre société.

 

L’auteur, un des acteurs majeurs de ce mouvement en France, fait partager ici son analyse pour une décroissance, certes en rupture radicale avec l’imaginaire de la société de consommation, mais profondément inscrite dans les grands mouvements d’émancipation de cette société.

 

Paul Aries, Rendre la décroissance désirable,

     

Paul Ariès, la simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance, La découverte, 2010.


Longtemps les gauches se sont crues en pays de cocagne : il fallait toujours faire croître le gâteau (PIB) avant de pouvoir le répartir plus équitablement. Il est maintenant évident qu'il n'est pas possible d'avoir une croissance infinie dans un monde fini. L'enjeu est donc d'apprendre à vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins. La crise est l'occasion de démentir tous ceux qui rêvaient d'une société d'abondance. Apprenons à devenir des « partageux » !
Paul Ariès pulvérise avec brio les idéologies du progrès et de la croissance qui continuent à coloniser notre imaginaire. À partir d'un (re)lecture systématique de tous les courants des gauches (socialiste utopique, libertaire, chrétien, marxiste officiel et hétérodoxe), il revient sur le combat qui oppose depuis deux siècles gauches productiviste et antiproductiviste. L'effondrement environnemental peut être une chance pour inventer une gauche antiproductiviste et optimiste. Il montre également comment l'histoire sociale a été truquée : les milieux populaires ont toujours été antiproductivistes.
L'enjeu est de réinventer l'avenir autour de l'idée de gratuité. Pourquoi payer son eau le même prix pour faire son ménage et remplir sa piscine privée ? Pourquoi payer son énergie le même prix pour une consommation normale et un gaspillage ?

 

4 - Invitation à réfléchir sur notre société

Jean-paul II

 Laborem exercens sont les premiers mots d'une Encyclique  du pape Jean-Paul II publiée en 1981.

        

le texte

 

Sollicitudo Rei Socialis est une encyclique  sur le développement humain et la notion chrétienne de progrès donnée par le pape Jean-Paul II en 1987.

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 Le texte


Benoit XVI

Deus Caritas Est est la première encyclique du pape Benoît XVI. Elle est datée du 25 décembre 2005  mais a été rendue publique le 25 janvier 2006. Son titre latin signifie « Dieu est amour » et vient de la Première Lettre de saint Jean : « Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » (1 Jn 4, 16).

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le texte

 

Spe Salvi (Sauvés dans l'espérance) est la seconde encyclique  du pape Benoît XVI, publiée le 30 novembre 2007. Elle constitue une réflexion sur le thème de l'espérance chrétienne, prenant comme référence la Lettre de saint Paul aux Romains, « spe salvi facti sumus » (dans l'espérance nous avons été sauvés) (Chapitre VIII verset 24).

Présentation générale


le texte

 

Bien sûr, sans ignorer les évangiles ni la première lettre de Jean

 

Une invitation à réflechir sur notre société

        

 

Lettres au catholique de France

 


Engagement politique des chrétiens

Pour affiner notre regard sur l’appel à souhaiter une politique libérée de l’emprise économiste, matérialiste où l’homme disparaît devant le monétarisme (crise financière).

 

Et enfin :

Appel pour des candidatures "objection de croissance" en 2012

 

Les thèses de la décroissance se développent au point de faire débat au sein des mouvements sociaux et partis politiques. L'idée de décroissance n'est en rien une apologie de la récession mais renoue avec un véritable projet d'écologie politique. Ce projet est foncièrement antiproductiviste, anticapitaliste, internationaliste et humaniste. Contrairement aux adeptes du modèle croissanciste dominant, nous soutenons qu'il ne peut y avoir de croissance économique infinie dans un monde physique lui-même fini. Ce constat n'est pas triste car nous pensons que "plus n'est pas égal à mieux". La décroissance est donc un enjeu de société majeur qui nous concerne tous et qui ne doit pas être marginalisé. Les familles de l'objection de croissance sont multiples. C'est notre richesse. L'objection de croissance n'est pourtant jamais parvenue à exister politiquement. C'est notre grande faiblesse mais c'est aussi une véritable erreur politique. Comment concilier cette absence de traduction politique avec ce sentiment largement partagé de la barbarie qui vient ?

Notre devoir est donc de faire fructifier nos différences de tradition et de langage pour participer pleinement au débat électoral de l'année 2012. Nous saurons faire éclore des centaines de collectifs locaux ouverts à toutes les familles de l'objection de croissance et de l'antiproductivisme.

 

Ces élections seront aussi un prétexte pour multiplier les débats publics et porter le dissensus dans les médias sur les grands enjeux du 21e siècle. Cette campagne qui devra se développer dès 2010 se fera autour de deux grands thèmes :

1) L'alternative est entre l'objection de croissance ou la barbarie du capitalisme vert

2) L'objection de croissance est d'abord une option préférentielle pour les plus pauvres.

 

Nous n'aurons surtout pas vocation à tout dire sous peine de masquer l'essentiel de notre message. Nous irons au combat avec nos mots obus : l'anticapitalisme, l'antiproductivisme, l'anticonsumérisme, la décroissance mais aussi avec nos mots-chantiers : le ralentissement contre le culte de la vitesse, la relocalisation contre le mondialisme, l'attention aux autres et la convivialité contre la société du mépris, l'autonomie contre l'hétéronomie, la coopération contre la concurrence, la satisfaction des besoins fondamentaux contre les gaspillages, la solidarité contre le chacun pour soi, etc.

Nous lançons donc un appel à Paul Ariès pour qu'il soit notre candidat dans la perspective des présidentielles de 2012. Nous lançons surtout un appel pour des candidatures de l'objection de croissance dans toutes les circonscriptions. Notre campagne se fera d'abord autour des thèmes « "moins de biens, plus de liens" et "Moins mais mieux" , "La première des décroissance est la décroissance des inégalités"

Publié dans Politique

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