Les rameaux accrochés dans nos maisons seront symboles de paix, symbole divin protégeant toutes et tous

Publié le par Michel Durand

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Bernard BUFFET - La Passion du Christ - 1954 - Gravure

Homélie du  dimanche des Rameaux et de la Passion

 

A l'issus de l'eucharistie de ce dimanche de la Passion une personne a fait un lien entre l'Evangile de ce jour et l'ouvrage d'Antoine Manson Vigou, Journal d'un demandeur d'Asile. Aussi je vous en livre une page.

 

Elle ne me comprend pas puisque je veux rejoindre mes frères.
Les psychologues présentes parlent et parlent en se montrant très compatissantes. Je n’attends qu’une chose de la directrice : qu’elle fasse l’erreur de me renvoyer dans mon bâtiment, ou qu’elle sorte avec sa clique. On vient me remettre mes livres.
- Où est mon stylo ? Apportez-le-moi, je vous en prie. dis-je, ayant constaté qu’il n’est dans aucun livre.
- Je vous ai dit que je ne peux pas vous permettre de l’avoir ici.
- Je veux juste écrire. Où est le mal ?
- Je sais, mais je ne peux pas vous le permettre.
Je m’allonge sur le sol. Elle parle, les autres dames aussi, mais je ne suis pas avec elles. Je suis très loin. De nouveau, j’entends ces chants : « Gloire, gloire, gloire à Marie. Gloire, gloire, gloire à tous les enfants de Dieu. Quelle chose extraordinaire ! Quelle merveille !… Ce chant est toujours suivi de l’autre que je ne parviens pas à traduire. On le chantait à l’église pour les cérémonies du Vendredi saint, pour les deuils, les enterrements. Et je me souviens que lorsque j’étais tout-petit, je dormais dans ma chambre située non loin d’une église, depuis laquelle j’entendais ce chant. Je me levais et je regardais cette église par la fenêtre.
Soudain, je sursaute et je vais vers la fenêtre pour regarder l’église. C’est comme si j’étais redevenu petit et que je me
retrouvais dans la chambre de mon enfance. Arrivé à la fenêtre, je découvre qu’en plus des vitres et de la grille, il y a là une plaque en plastique de couleur blanche qui m’empêche de voir l’extérieur du bâtiment. Je me retourne, regarde ces dames et leur dis que je voudrais rester seul.
Ces chants résonnent toujours dans ma tête, encore, encore et encore, sans s’arrêter, et j’ai aussi envie d’aller regarder par la fenêtre. Je prends ma Bible et me mets, à lire et à prier sans arrêt sous la lampe qui éclaire ma nouvelle cellule d’isolement.
J’entends des bruits derrière la porte, dans le couloir, la porte s’ouvre et je vois quelqu’un à qui j’avais dit au revoir en début
d’après-midi. C’est mon aumônier. Il me regarde sans rien dire. Moi aussi. Il m’appelle et je vais vers lui à la porte. Il ne sait quoi me dire. C’est juste « Antoine » qu’il peut lâcher. Il continue de me regarder tout droit dans les yeux tandis que je baisse les miens. On reste là quelques minutes ; pourtant, on l’attend avec les prisonniers dans la salle de visite. Il me dit avant de s’en aller de prendre soin de moi. Je retourne m’asseoir et continue ce que je faisais.

 

 

Pour lire ou entendre mon homélie (mes homélies) d'aujoud'hui, c'est ici. Très courtes.

Publié dans Eglise

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