Partager l'article ! Manifeste public : "Les Migrants, le défi du nouveau millénaire" (*): Petites Sœurs de l’Assomption 57 rue Violet, 75015 Paris - Franc ...

Petites Sœurs de l’Assomption, nous vivons et travaillons dans les différents continents. Chaque jour nous entrons en contact avec la souffrance insupportable des migrants et des déplacés de tous âges et de toutes cultures. Nous les voyons arriver par voie de terre ou de mer dans des conditions très précaires, souvent au risque de leur vie. Toujours exploités par des personnes qui profitent du fait qu’ils doivent quitter leur pays d’origine en urgence pour avoir accès aux nécessités de base pour eux et pour leur famille.
Nous les rencontrons sans maison, affamés, sans argent ni papiers, sans possibilités de communication dans un pays qui leur est inconnu. C’est une expérience traumatisante pour le reste de leur vie, expérience qui les conduit à se réfugier en ghettos avec d’autres personnes vivant dans des situations semblables.
Les différents systèmes politiques locaux utilisent les moyens de communication pour les décrire comme des envahisseurs venus profiter des ressources du pays où ils arrivent. Ils mettent en évidence le coût du financement des programmes pour les immigrants et peu à peu réduisent les aides.
Les pays d’accueil approuvent des lois qui ne respectent pas les conventions et les accords internationaux concernant les immigrés, et qui ne tiennent pas compte des droits de l’homme, portant ainsi fortement atteinte à leur dignité. Ils promeuvent des politiques migratoires inacceptables, basées sur la perception des immigrés comme des criminels- terroristes dont il est nécessaire de se protéger, de là la création de Centres de Rétention et les expulsions. Ce sont des lieux de violence et d’abus, qui engendrent des révoltes étouffées dans une violence plus grande encore. Cette situation est inacceptable au XXIe siècle. On ferme les frontières pour les personnes, alors qu’on les ouvre librement pour les finances, le commerce et l’information. Le racisme et la xénophobie augmentent.
Pourquoi les immigrés quittent-ils leur pays ?
La population immigrée a triplé dans les dernières quarante années et elle va continuer à augmenter. Les causes de ce mouvement sont multiples : guerres, violence, désastres naturels et pauvreté, tout ceci est le résultat d’un développement injuste. Il est temps que nous toutes et nos gouvernements, nous reconnaissions que les gens quittent leur pays parce qu’ils n’ont pas d’autre choix pour survivre. Les causes des migrations se trouvent dans les décisions que nous prenons pour organiser la vie et les relations à différents niveaux.
Au Synode Africain de 2009, Mgr W Avenya, évêque de Makurdi, Nigeria, disait : « Les peuples africains vont continuer à arriver en Europe, au risque de mourir dans le désert ou en mer, jusqu’à ce qu’on prenne en considération l’équilibre économique et environnemental entre les deux continents et le reste du monde. La responsabilité de réajuster ce déséquilibre doit venir de l’Occident. » De ceci nous sommes tous responsables.
Nous ne pouvons rester silencieuses
Nous sommes profondément interpelées devant :
Avec un cœur plein de compassion et dans une attitude de coopération
Nous soutenons les propositions suivantes :
- Travailler à une réforme des politiques migratoires avec la préoccupation permanente de garantir aux immigrés sans papiers un plein accès à leurs droits fondamentaux.
- Reconnaitre la contribution des immigrants à l’économie du pays d’accueil et établir des lois qui régissent le marché du travail et garantissent un flux migratoire sûr et économiquement durable.
- Faciliter le regroupement familial et l’unité de la famille immigrée. Maintenir les liens familiaux est essentiel à la réalisation humaine et à la stabilité sociale.
Réunies en Chapitre Général, nous devenons plus conscientes de la complexité des migrations dans le monde d’aujourd’hui et de la grande souffrance imposée à des millions de personnes.
Nous renouvelons notre engagement avec les migrants, en renforçant nos actions locales dans une perspective globale, travaillant en réseaux avec des organisations internationales.
Petites Sœurs de l’Assomption, Chapitre Général 2011. Paris
Chéres petites soeurs,
Je comprend votre soucis et combat pour ces personnes défavorisées mais comment peut-on prendre ces personnes en charge( appart.vivres ,travail..) qd il est déjà si difficile pour bcp de familles belges de nouer les 2 bouts et de trouver du travail!
Que faites vous de la corruption de ces pays? Bon courage à vous et à eux! Chantal