Nouvelle évangélisation et dévaluation du clergé diocésain : des conséquences très néfastes pour le visage de l'Eglise

Publié le par Michel Durand

Les évêques d’Europe (et du monde) se réunissent pour réfléchir sur « la nouvelle évangélisation ». De Zénith à la Croix, on en parle souvent. Les-eveques-europeens-confr.jpg

Voici la conclusion d’un article publié sur Anuncioblog :

Jean-Paul II a légué de nombreux trésors à l’Église, mais deux domaines le caractérisent : la nouvelle évangélisation et son enseignement renouvelé sur le mariage, qui – associés – forment au regard de notre expérience missionnaire depuis près de 30 ans, une sorte d’« autoroute » pour l’évangélisation, un canal missionnaire particulièrement fructueux, tant l’attente de « sauver l’amour » est forte et universelle. Sont donc réunis aujourd’hui les composants d’une véritable « bombe pastorale » pour reprendre les termes du Cardinal Angelo Scola, évoquant l’enseignement de Jean-Paul II « lorsqu’il sera vraiment compris et intégré dans l’Église », disait-il.

Benoît XVI confiait après son élection qu’il percevait combien sa mission « essentielle et personnelle » serait de déployer « le patrimoine richissime de l’enseignement de Jean-Paul II qui n’est pas encore suffisamment assimilé par l’Église ». Le pape réalise cette mission pour laquelle il croit avoir été élu : sous l’impulsion de l’Esprit Saint, il a bel et bien allumé la mèche de la « bombe pastorale » de Jean-Paul II : la nouvelle évangélisation, et de manière toute prioritaire en matière conjugale et sexuelle.

 

Il me semble avoir déjà parlé de mes interrogations sur cette expression ; « Nouvelle évangélisation ». Je n’ai pas le temps aujourd’hui d’en chercher les liens sur mon blog. Je me  dis que l’évangélisation est toujours nouvelle et que surtout elle n’est pas une catéchèse destinée à des gens réunis en Eglise.

J’ai posé la question à un prêtre, Robert, beaucoup plus jeune que moi et je pense utile de diffuser son approche de la question. Il explique :

« Pour l'expression nouvelle évangélisation lancée par Jean-Paul II, en premier, j'en comprends bien le sens à l'origine : nos pays de tradition chrétienne ont besoin de réentendre l'Evangile. Après, l'évangélisation est toujours nouvelle à chaque époque et pour chaque personne.

Je n'aime pas du tout, par contre, ce que cette expression est devenue depuis : un slogan facile, un label pour bons cathos. Bref une mode de plus ! Ce ne sont pas ceux qui parlent le plus de nouvelle évangélisation qui DANS LES FAITS évangélisent...

Beaucoup de laïcs, de prêtres, de religieuses etc… travaillent discrètement mais très réellement, dans l’annonce de l’Evangile ; de leur apostolat très peu d'échos dans les media cathos forcément...

Malheureusement je pense que Rome et pas mal d'évêques sont entrés dans une logique du nombre, donc dans une logique sectaire, et que l'Eglise perd de plus en plus sa liberté évangélique de discernement à cause de lobbys très influents qui pèsent lourd à Rome : que ce soit les tradis, le Chemin, les Légionnaires du Christ etc.

Le pire c'est qu'il n'y a que le scandale moral (sexuel) pour qu'on se rende compte qu'on avait béni et exalté un peu trop rapidement des communautés nouvelles spécialisées dans la nouvelle évangélisation (Béatitudes, Petit gris pour ne citer qu'eux). La dévaluation du clergé diocésain aura des conséquences très néfastes pour le visage de l'Eglise. Combien de fois après un bon sermon (qui avait touché les cœurs) des personnes de passage dans ma paroisse sont venus me demander : « A quelle communauté (nouvelle) appartenez-vous? » Et moi de répondre : à aucune, simplement à l'Eglise du Christ...

Je me rends compte que dans l'esprit de beaucoup de cathos bcbg (la majorité en France) un bon prêtre est forcément un religieux ou un membre de communauté nouvelle. Un prêtre diocésain qui prêche bien cela n'existe pas...

Publié dans Eglise

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