Objection de croissance. Sous forme de "plan", propositions pour une réflexion visant à mettre en action

Publié le par Michel Durand

lavement_des_pieds_psautier-de-Theodore.jpgUn manuscrit ancien byzantin de Constantinople montre une enluminure du lavement des pieds comme illustration du psaume pénitentiel 50 : « Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense ». Psautier de Théodore, psaume 50, British Museum, Monastère du Stoudion de Constantinople.

Source de l'image : voir ici.

 

Un plan n’est qu’un plan ; ça manque de chair ; ça ne parle qu’à ceux qui sont déjà informés. Donc, ce n’est peut-être pas opportun de le poster ici ! M’enfin…

J’espère que cela pourra donner des idées à quelques-uns et servira de base pour un échange. Qui sait… La lecture de Jacques Ellul que nous soutenons à propos du laboratoire avec l’Espace Saint Ignace et Chrétiens et pic de pétrole alimente assurément cette tentative de synthèse.

 

L'acte de foi ressenti plus que démontré

Un créateur - Père de l'humanité

Un rédempteur - Fils, Verbe incarné et ressuscité

Un esprit communiquant l'œuvre à accomplir

Divin trinitaire connu par Révélation plus que démonstration

- poèmes de la création

- récits historiques, vécus des gens, leurs expériences

- avertissements des prophètes (Isaïe)

- méditation des sages (Sirac)

 

 Sirac 1,1 : Toute sagesse vient du Seigneur, et demeure auprès de lui pour toujours.

Le sable des mers, les gouttes de la pluie, et les jours de l'éternité, qui pourra en faire le compte ?

La hauteur du ciel, l'étendue de la terre, la profondeur de l'abîme,qui pourra les évaluer ?

Avant toute chose fut créée la sagesse ; et depuis toujours, la profondeur de l'intelligence.

La racine de la sagesse, qui en a eu la révélation ? Et ses subtilités, qui en a eu la connaissance ?

 

L'humain se comprend à partir de son vécu. De là, un art de vivre se met en place et donne la formation (formulation) d'une morale universelle. Ce n'est  pas cette abstraction juridique qui s'impose en premier. (Cf Code d'Hammourabi, les Dix commandements, les Droits de l'homme).

 

 

Anthropologie dans un monde limité, révélé -bien que connaissable- qui dépasse la maîtrise individuelle ou collective

 

Le cosmos ne peut que dépendre du Créateur (parlons de forces obscures dans le cas de non-foi en une Création absolue)

La tentation de se prendre pour Dieu, de vouloir égaler Dieu

L'adoration des dieux protecteurs des Citées - Etats et la soumission à leurs maîtres (prêtres)

L'adoration des techniques et inventions promoteurs de progrès, de bien-être, avec soumission à leurs prêtres, ingénieurs-banquiers

idolâtrie face aux dieux (idoles) -   aux prêtres (culte) - aux sciences et techniques (Industries) - aux monnaies réelles ou virtuelles (Capital)

négation des limites pour toujours plus de pouvoir, de richesses, de biens accumulés ;

croyance en l’illimité ; obéissance à ce qui donne du pouvoir, du toujours plus

l'homme en fini par se prendre pour Dieu (démiurge)

 

Gaudium et spes 20. L’athéisme systématique

1. Souvent l’athéisme moderne présente aussi une forme systématique, qui, abstraction faite des autres causes, pousse le désir d’autonomie humaine à un point tel qu’il fait obstacle à toute dépendance à l’égard de Dieu. Ceux qui professent un athéisme de cette sorte soutiennent que la liberté consiste en ceci que l’homme est pour lui-même sa propre fin, le seul artisan et le démiurge de sa propre histoire. Ils prétendent que cette vue des choses est incompatible avec la reconnaissance d’un Seigneur, auteur et fin de toutes choses ou, au moins, qu’elle rend cette affirmation tout à fait superflue. Cette doctrine peut se trouver renforcée par le sentiment de puissance que le progrès technique actuel confère à l’homme.

 

 

Le Message : désir du Dieu Père par le Fils, dans l'Esprit : l'AMOUR UNIVERSEL n'est pas à déduire de la loi dite naturelle transcendante, mais à lire dans la vécu, dans la perception existentielle : vie sobre de l'homme dans la reconnaissance des limites

 

La transformation de l'Empire romain au 4e siècle

 

- les causes :

manque de crédibilité de l'empereur divinisé

surcharge des impôts et du devoir de maintenir les frontières face aux étrangers

affaiblissement moral intérieur et non-intelligence face à la nouveauté dynamique provenant de l'extérieur (les Barbares)

apport spirituel et psychologiques des religions d'Orient, le culte à Mithra, dont le christianisme.

l'expansion du christianisme correspond à une attente de l'époque

 

- Retour néfaste, mais prévisible du théocratique

 la subversion du Christianisme, devenu religion de masse (J. Ellul)

 le monde philosophique grec et juridique romain prend surpasse l'appel à se mettre à la suite du Christ Jésus, Verbe incarné et ressuscité

perte du dynamisme mystique, obéissance à des lois, des codes, des rites religieux

 

au XXIe siècle

 

 la question posée est de savoir comment, au nom de l'attachement au Créateur et à sa révélation

 mettre l'homme dans sa réalité unique

de créature

de sage (image de Dieu)

de limité placé dans un monde limité (la philosophie libérale imagine une autre planète permettant le développement hors du monde Terre comme l'Europe trouva une ouverture avec les Amériques)

 

C'est–à-dire placer l'homme en l'interrogeant à la racine de son être face aux tendances libérales et libertaires ne voulant aucune limite à la liberté individuelle. Sont touchés tous les secteurs de la morale individuelle, sociale, économique, politique. Interrogation du scientisme, du progressisme, de l'économisme, de l'individualisme…

Cette révolution ne se fera pas par l'obéissance à des lois abstraites transcendantes qui s'imposeraient à tous au nom d'une Nature et de ses lois naturelles, mais par l'accueil de ce que l'homme est fondamentalement : limité et incapable de croissance illimitée. Ré-habité l’homme raisonnable.

Appel à la sagesse et à la sobriété à partir du vécu.

Philosophie de celui qui se sait lié à un mystérieux créateur, non connaissable, le Père d'une multitude de frères.

Règne de l'Amour.

Une ami prêtre, Henri Aubert, apporte son commentaire en me donnant l'homélie prononcée le 15 janvier 2013 en la chapelle des Jésuites, rue Sala à Lyon :

Sala (15 janvier 2013)

Hébreux 2, 5-12 : A qui Dieu a-t-il soumis le monde à venir ?

Psaume 8

Marc 1, 21-28 : le démoniaque de Capharnaüm

A qui Dieu a-t-il soumis le monde à venir ?

Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ?

La lettre aux Hébreux et le psaume 8 nous invitent à méditer aujourd’hui sur notre condition humaine.

L’homme ? Plus que jamais il doit se considérer comme une infime partie de l’univers. L’intelligence de l’homme le conduit toujours plus à découvrir les limites de son environnement. D’un côté l’infiniment grand, avec les milliards d’année lumière du cosmos, de l’autre l’infiniment petit jusqu’aux nanoparticules. Et ce n’est pas seulement de la science-fiction ! Et c’est magnifique. Mais cela peut nous laisser rêveurs, qu’est-ce que l’homme face à cet univers infini ?

Au temps de David, dans les psaumes, au temps de Jésus, dans la lettre aux hébreux le croyant avait l’humilité de se tourner vers son Dieu : qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ?

Mais en même temps la lettre aux hébreux, citant le même psaume, précise bien que Dieu a soumis toute chose à l’homme, que Dieu a mis toute chose à ses pieds. L’homme est capable des plus grandes choses, l’homme est capable de tout maîtriser. Et c’est bien cela !

En 1957, le philosophe et historien de la philosophie Alexandre Koyré publiait son livre Du monde clos à l’univers infini où il explique comment le christianisme avait fourni à l’homme la capacité d’imaginer cet univers infini. Dieu donne à l’homme de comprendre et de maîtriser l’univers jusque dans ses recoins les plus extrêmes.

Et depuis 1957 cette réflexion se vérifie toujours plus. D’une certaine manière Dieu n’a plus sa place dans l’univers puisque l’homme peut effectivement le maîtriser.

Et c’est vrai que l’athéisme contemporain, une certaine laïcité, du moins l’indifférence de beaucoup de nos contemporains s’expliquent certainement de cette manière. Nous n’avons plus besoin de Dieu.

Mais alors que faisons-nous ici dans cette chapelle ?

C’est simple. Nous avons la certitude que Dieu existe, qu’il a fait cet univers étonnant dont on ne pourra jamais connaître les limites, puisqu’il semble toujours plus sans limite et que lui, Dieu, il est au-delà de ces limites, au-delà de tout.

Il nous a donné cette intelligence capable de tout maîtriser, il nous a donné la liberté de faire de grandes choses dans l’univers et donc aussi de faire le contraire, c’est-à-dire de faire le mal jusqu’à pouvoir détruire notre univers, … et cela depuis le début de l’univers lui-même.

Et avec l’auteur de la lettre aux Hébreux nous croyons en Jésus-Christ, Dieu lui-même ayant pris notre humanité pour la sauver de ce mal qui la ronge.

Et nous l’invoquons parce qu’en Jésus il nous redonne la vie.

Nous nous en remettons à Dieu pour qu’il nous apprenne à vivre dans ce monde à la mesure de ce que nous sommes, infiniment libres, infiniment capables de grandes choses, mais aussi infiniment rien en regard de la divinité.

C’est la grandeur et la beauté de notre humanité, mais aussi son mystère, de pouvoir nous tourner vers Dieu et de simplement lui dire notre amour et notre reconnaissance infinie, et de partager cet amour entre nous autres êtres humains, comme nous le faisons aujourd’hui dans cette Eucharistie.


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