Pauvreté, simplicité volontaire... le message du Christ.

Publié le par Michel Durand

J’ai rencontré à  la fin du mois d’août, pendant ma retraite annuelle à Cîteaux, un moine de ce monastère qui témoigna d’une façon agréable de l’indispensable pauvreté pour que l’homme vive bien. Il citait et commentait la première des béatitudes (Mt 5, 1) : bienheureux les pauvres de cœur.

Il n’est pas question de la misère, qui est à combattre, mais de la disposition intérieure à quitter tout ce qui encombre. Quand « j’ai assez » pour vivre, quand je considère que « cela suffit » pourquoi continuer à acquérir ? L’économie libérale a horreur des limites. L’esprit de pauvreté par amour du bonheur comprend où et quand il faut mettre des limites. Pour cela, il façonne l’être humain à quitter spontanément tout ce qui encombre.

Quitter !


N’est-ce pas naturel à l’aimant ?

L’homme, la femme quitteront les parents aimés et respectés, pour rejoindre l’amoureux(se). « Ils ne feront qu’une seule chair ».

Selon la parabole de la perle découverte (Mat 13,45-46) nous sommes invités à vendre tous nos biens pour acquérir ce qui est encore d’un plus grand prix : le bonheur, la perle fine.

Se séparer de ce qu’on possède.

D’après le droit de l’Église (canon1191*), la pauvreté est un bien possible et meilleur offert à tous les baptisés.

Dans ma méditation du Chapitre 6 de Jean, ce dernier mois d’août (voir les homélies à St Polycarpe), à plusieurs reprises, j’ai souligné l’appel de tous les baptisés à devenir chaque jour davantage disciple du Christ. C’est par amour du Christ que l’on quitte ce qui ne conduit pas à lui. Et, agissant ainsi, on tente de la suivre au plus près.

Jésus est l’exemple d’une pauvreté radicale. Sur sa terre galiléenne, il ne manque de rien. Il ne connaît pas la misère. C’est un Maître reconnu, honoré qui est souvent invité. Il est bien reçu et mange bien (sauf quelques accidents de voyage). Sa pauvreté n’est pas de cet ordre, mais dans la dépendance permanente à son Père. L’évangéliste Jean montre bien comment Jésus quitte sa volonté propre pour accomplir la volonté de Dieu. Jésus est comme Abraham, qui quitte une terre connue pour aller là où Dieu le conduit.

La pauvreté de cœur  est faite d’abandons, de limites à ne pas dépasser, de reconnaissance du moment « ça suffit ». La pauvreté libère pour le bonheur. Son annonce est une Bonne Nouvelle. Nous la recevons pour notre joie et notre paix.

Ceci dit, l’être pauvre de Jésus développé par Jean, la pauvreté de cœur de Matthieu invite à une vie sobre. Voir Luc : heureux les pauvres.

Le moine dont je tiens ce témoignage développe une merveilleuse comparaison. Les objets que nous utilisons : chaises, tables, maisons, etc. ont autant de valeur que les vases sacrés destinés au culte eucharistique. On ne peut que respecter nos outils de travail et tous les objets qui nous servent au quotidien. Les entretenir, les protéger, en prendre grand soin. Pour celui qui souhaite vivre selon l’esprit évangélique de pauvreté, le gaspillage n’est pas pensable.

La pauvreté évangélique volontaire puise dans l’Amour et dans la Vérité la force de contrer l’économisme ambiant.


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*Can. 1191 - § 1. Le voeu, c'est-à-dire la promesse délibérée et libre faite à Dieu d'un bien possible et meilleur, doit être accompli au titre de la vertu de religion. § 2. À moins qu'ils n'en soient empêchés par le droit, tous ceux qui ont un usage suffisant de la raison sont capables de faire un voeu.

 


Publié dans Témoignage

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Pauvre 07/02/2012 16:46


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