Quand nous défilons contre la loi Taubira, la Bonne Nouvelle est-elle annoncée aux pauvres ?

Publié le par Michel Durand

Comme annoncé hier, voici le texte rédigé par André Harreau le 29 décembre 2012

 

Ce n'est pas le but, répondront certains, d'autant que nous  ne le faisons pas en tant que chrétien. Ah ! Bon. J'y reviendrai, car pour moi la réponse est non.

Nos évêques demandent à juste titre qu'un telle loi ne soit pas votée, avant l'installation d'un grand débat national ; mais il me semble que ce débat est bien lancé : il ne se passe pratiquement pas de jour, depuis la fin de l'été, sans que des avis sur cette question ne soient partagés, dans la presse, la radio et même la télévision, et aussi... entre amis et en famille ! Personnellement je partage d'abord l'avis du Père Paul Valadier, jésuite spécialiste de la morale, venu à Lyon nous en parler, lorsqu'il dit que son premier reproche à ce projet de loi est un manque notoire de préparation.

Je ne m'attendais pas à une telle mobilisation à propos de cette question du mariage à ouvrir ou non aux homosexuels. Mais je trouve ce débat passionnant et essentiel. J'aimerais partager ici  les convictions qui font progressivement leur chemin dans ma conscience. Je les classerais autour de cinq idées.

1)    Il me semble souhaitable qu'un échange sur ce sujet se fasse en présence d'au moins une personne homosexuelle, en tout cas indispensable de faire comme si elle était présente (sommes-nous d'ailleurs si sûr que dans le groupe ne se trouve pas quelqu'un(e) qui a cette tendance sexuelle, sans oser l'avouer, tellement c'est... mal vu ! Je pense souvent à ce fils d'une très bonne amie, charmant garçon, plein de qualités, qui s'est suicidé parce qu'il ne pouvait assumer socialement son homosexualité). Cette "présence" aura forcément une influence sur la façon dont nous allons évoquer cette question.

2)    Malgré des progrès considérables, nous ne sommes pas complètement sortis (moi le premier) de la culture du rejet de l'homosexualité ; nous voulons bien être compréhensifs, accueillants même, aux personnes homosexuelles, mais de là à trouver normal que deux hommes s'embrassent sur la bouche... N’oublions pas que ce n'est qu'en 1982, que l'homosexualité a été dépénalisée ! Et ce n'est qu'en 1993 que l'OMS a retiré l'homosexualité de la liste des maladies mentales... Certes, les évêques et tous les théologiens, écrivains et journalistes catholiques, prennent bien soin de dire que le refus de ladite loi n'a rien à voir avec l'homophobie, et qu'il est vivement recommandé d'être "accueillant" aux homosexuels, mais aujourd'hui encore les textes officiels de l’Église catholique, rappelés dans le dossier spécial de La Croix du 6 novembre 2012, considèrent que « les actes d'homosexualité sont intrinsèquement désordonnés », « ne sauraient recevoir d'approbation en aucun cas » ; que dans l'éducation des jeunes, il importe d'abord de « chercher avant tout à découvrir les facteurs qui poussent vers l'homosexualité » ; bref, l’Église demande aux homosexuels de vivre leur désir sous le mode d'une amitié chaste (comme, du reste, les couples hétérosexuels non mariés, précise le Père Foyer, qui écrit, dans ce même dossier, qu'il ne leur est pas demandé « de vivre d'emblée cette chasteté et une continence parfaite, mais au moins de croire que c'est possible et d’essayer de vivre cela »). De telles phrases, qui, d'ailleurs, ne me semblent pas toutes sur la même longueur d'onde, n'entretiennent-elles pas en nous l'idée que l'homosexuel(le) est quelqu'un à part, (anormal?), gênant, qui nous demande un effort pour être accueilli, sans restriction, « comme un frère (une sœur) », dans notre vie quotidienne.

3)    Aujourd'hui, beaucoup de commentateurs, y compris chez les chrétiens, disent qu'il faut reconnaître que le PACS (n'oublions pas que lors du vote de la loi qui l'a créé, la Conférence des Évêques a pris position contre, la qualifiant d' « inutile et dangereuse »), doit être amélioré pour mieux protéger juridiquement les couples "pacsés" ; et qu'à cette occasion, il pourrait être envisagé, de créer une sorte d'Union civile, qui serait scellée devant le maire, comme le mariage, mais réservant ce terme aux unions hétérosexuelles, le mot mariage recouvrant plus que la célébration de l’amour entre un homme et une femme, car il est l'acte constitutif d'une famille, cellule qui a vocation d’accueillir les enfants à naître et mérite donc une protection spécifique de la part de l’État. Je comprends bien les raisons et l'importance de cette position, mais je ne vais pas jusqu'à penser, comme un de mes amis, que si cette loi est votée « je ressentirai une grave perte de repères pour mon propre mariage » ; comme moi, il est marié depuis plusieurs décennies (avec ma femme, nous terminons la sixième! !), mais j'avoue ne pas me sentir personnellement en danger... ; et d'ailleurs j'ai cru lire ou entendre, ici ou là, que certains de nos responsables chrétiens, malgré les solides raisons évoquées plus haut, se résigneraient à ce que ces unions civiles bénéficient du mot mariage. Supposons que je sois homosexuel, vivant un amour que je pense aussi fort, aussi beau, que celui des couples amis hétérosexuels ; s'ils sont si heureux de nous inviter à fêter leur mariage comme symbole fort de leur désir de fidélité, pourquoi, avec mon compagnon, serions-nous privés de le faire aussi ? A mon avis aucun(e) homosexuel(le) chrétien(ne), ne songe à demander, le sacrement du mariage (et d'ailleurs tous ne demandent pas ce mot de mariage pour leur union civile), par contre beaucoup seraient heureux de rencontrer des prêtres comme le Père Jean, curé de paroisse, qui témoignait dans le même dossier du 6 novembre de la Croix : « j'ai béni une union entre deux hommes » ; le Père Valadier, nous disait, à Lyon, que, sans avoir réfléchi sérieusement à une telle pratique, spontanément il trouvait qu'elle pourrait avoir du sens.

J'ai même "accueilli", un peu surpris, mais d'une oreille attentive, l’argumentation d'un député PS, à propos de l'égalité, souci du législateur, soulignant qu'à l'heure actuelle, que cela nous plaise ou non, les cellules "familiales" homosexuelles existent de fait, et que les responsables de la nation se doivent de les protéger, les encadrer, comme les autres familles.

4)    La question des enfants, est mise en avant, à juste titre, par l'ensemble des protagonistes de ce débat. Je suis évidemment complètement persuadé que l'idéal pour tout être humain est de naître et grandir, dans un foyer où il est accueilli par un homme (son papa) et une femme (sa maman) ; et même s'ils ne sont pas tous formels, je trouve, selon ce que nous disent une grande partie des "psy" et autres spécialistes de l'enfance, que l'absence du repère masculin ou féminin, dans sa croissance, son évolution, est pour l'enfant , source     de déséquilibre plus ou moins grave. Et plus encore, je crois que tout être humain a besoin d'une généalogie la plus claire possible, et que de ne pas pouvoir connaître l'un ou l'autre (à plus forte raison les deux) de ses  géniteurs est une souffrance qui le poursuivra toute sa vie.

J'ai eu la chance de participer aux dernières Semaines Sociales, fin novembre, dont le thème , "Homme et Femme ; la nouvelle donne", a donné à presque tous les intervenants l'occasion d'aborder ce débat. Et j'ai été sensible à l'argument, développé en particulier par Sylviane Agacinski, selon lequel, il est certain que cette souffrance (ne pas connaître, un de   ses géniteurs) existe depuis toujours, du fait des malheurs de la vie, pour des orphelins surtout, mais qu'une loi (si on permet aux couples homosexuels d'adopter des enfants en utilisant, en particulier, la PMA) favorise et multiplie cette occasion de souffrance est inconcevable... Cependant, une autre intervenante, Michelle Pérot, favorable à cette loi Taubira, nous disait que, s'il faut rejeter, bien entendu, l’affirmation d'un "droit à l'enfant", lorsqu'un couple homosexuel désire un enfant, ce désir est très fort, car pour ce couple la réalisation de ce désir est toujours une vraie course d'obstacles ; et que tout enfant vraiment désiré a toute les chances de connaître une enfance heureuse. En contrepoint, j’entendais ce témoignage d'une amie flamande bruxelloise, des Petites Sœurs de l'Assomption, me disant son étonnement et son admiration devant la manière belle et émouvante avec laquelle un couple d'hommes homosexuels, pratiquants, de leur paroisse, élevaient leurs deux filles jumelles, adoptées et  visiblement très heureuses...

A ce stade me voilà très perplexe, d'autant qu'un autre intervenant des Semaines Sociales, attirant notre attention sur les dérives de la technologie, utilisant les découvertes toujours plus extraordinaires de la Science, font de l'homme un véritable apprenti sorcier ; par exemple dans ce domaine si délicat de la PMA. Et du coup, je me disais "dans ma petite tête" : le législateur n'a-t-il pas le devoir... d'interdire l'usage de la PMA ! Mais cette technique ne permet t'elle à des couples stériles d'avoir des enfants ?

Poussant plus loin ma réflexion, je me dis que cela fait bien une cinquantaine d'année que la possibilité de divorcer (un couple sur deux divorce...), fait que nous connaissons (presque...) tous, dans nos familles, des enfants perturbés par la séparation de leurs parents et qui vivent dans l'ambiance de ces familles dites "monoparentales" ou "recomposées", loin de la famille bien équilibrée que nous souhaitons tous idéalement ; mais en même temps, nous devons reconnaître que la plupart de ces enfants ont une capacité étonnante d'adaptation à ces situations, et font finalement des adultes... comme les autres ! Et je me dis aussi que nous connaissons tous des enfants dont les parents (hétérosexsuels !) ne se sont pas séparés et qui, pourtant, n'ont pas une enfance très épanouie, impatients de pouvoir se soustraire à l'autorité de leurs parents pour "vivre leur vie". Enfin, j'ai lu plusieurs fois que des études ont été menées, en particulier aux USA, d'où on ne pouvait conclure que les enfants élevés par des couples homosexuels étaient davantage atteints de troubles psychiques que les autres.

5)     Alors, me dis-je, une telle loi va t'elle vraiment bouleverser la donne sociale ?

[ je me sens assez d'accord avec quelqu'un qui écrivait qu'en Espagne, où un telle loi a été votée depuis plusieurs années, ce qui détruit les familles, plus que la réforme du mariage, ce qui fait souffrir les enfants et leurs parents, c'est le chômage, la précarité, la misère, et que c'est d'abord sur ce terrain que nous devons manifester notre solidarité et notre engagement pour de bonnes réformes]

Cette loi ne va t'elle pas tout simplement encadrer une situation sociale en évolution ? Et dans cet encadrement ne conviendrait-il pas de veiller particulièrement à ce que toute personne, quelle que soit la manière dont elle est "venue au monde", puisse toujours, dans la transparence, pouvoir retrouver l'identité de ses géniteurs ?

Je crois que nous devons entendre en effet, et tenir compte du cri d'alarme de Sylviane Agacinski, quand elle dit que nous n'avons pas le droit d'organiser institutionnellement cet absence de repères, pour les générations futures, où des enfants ne  connaitraient plus leur père ou leur mère, voire les deux. Elle ajoutait cependant (ou quelqu'un le fit dans la salle) qu'en matière de legs aux générations futures les questions écologiques planétaires étaient beaucoup plus préoccupantes...

Et cela me conduit tout naturellement à ma conclusion qui reprend mon interrogation de départ, à propos de l'annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres. Nous venons de vivre le temps de l'Avent où, trois dimanches sur quatre, l’Évangile mettait en valeur le personnage de Jean-Baptiste, venu "préparer le chemin" et répondant à notre question : « que devons-nous faire ? », par l'impératif : partagez ! J'ai toujours été bouleversé par la situation de ce "précurseur" se retrouvant en prison pour avoir "contesté un puissant", et qui envoie ses disciples demander à Jésus (Mt 11,2-5) « Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » ; et la réponse de Jésus, dans sa simplicité laconique nourrit, chaque jour ma foi : « Allez rapporter à Jean ce que vous voyez et entendez : les aveugles retrouvent la vue et  les boiteux marchent droit... et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ».

Vraiment, quand je vois la manière efficace avec laquelle nos évêques mobilisent les "fidèles" pour aller marcher contre cette loi, et donc acquièrent une visibilité forte dans les médias, est-ce que cela porte la Bonne Nouvelle aux pauvres ? Les "pauvres" : non seulement les près de neuf millions de français qui vivent au dessous du seuil de pauvreté, mais tous ceux qui vivent loin de la "richesse" de l’Évangile, dont beaucoup de jeunes, pour lesquels, à mon avis, une fois de plus l’Église catholique, ne se mobilise que pour des questions de mœurs ou de morale, loin de leur quotidien, souvent douloureux et dénué de sens. En ces temps ou l'on parle beaucoup de la (nouvelle ?) évangélisation, il me semble urgent de montrer d'abord à tout ce "troupeau sans berger" notre solidarité, par des gestes symboliques forts comme des marches par exemple, demandant à nos responsables politiques et économiques d’œuvrer plus efficacement contre la financiarisation de l'économie, les paradis fiscaux, pour un encadrement normal des banques, la construction d'une Europe regroupant ses forces, des mesures lisibles allant vers la pérennité de notre planète si vulnérable, le rejet définitif de cette arme vraiment "diabolique" (baptisée pour se faire accepter) de "dissuasion" nucléaire, qualifiée par Benoit XVI de "funeste et... fallacieuse".

En écrivant tout ceci, je suis parfaitement conscient de paraître prétentieux, ayant l'air de dicter à nos évêques leur devoir... Si l'un ou l'autre vient à me lire et que mes propos offensent, qu'il accepte de me pardonner, car il me faut du courage pour parler, en m'appuyant sur l'esprit de Vatican II, qui, demande à tous les baptisés de se sentir co-responsables de l’annonce de l’Évangile à nos contemporains ; à qui veut l'entendre, je dis volontiers que le "métier" de pape ou d'évêque est une charge épouvantable que je ne leur envie pas !  Je souhaite simplement qu'ils accueillent ce que je ressens comme important, parmi d'autres voix, d'autres approches. Et du reste je voudrais ajouter plusieurs remarques complémentaires :

-Je comprends leur mobilisation autour d'une question qu'ils vivent comme essentielle ; je suis d'accord pour dire, avec eux,  qu'il ne faut pas avoir peur de déplaire, quand on obéit à sa conscience (ce qui justifie précisément l'objection de conscience) ; mais je me sens fortifié quand je dis que dans la lutte pour le respect de la vie et de la dignité humaine, il y a d'autres priorités à prendre en compte, je me sens fortifié donc, par le témoignage de Véronique Margron, dominicaine, théologienne, ancienne doyenne de la faculté de théologie de l'Université Catholique d'Angers ; voici, en substance, ce qu'elle nous a dit  lors de son intervention aux Semaines Sociales, après avoir évoqué clairement son opposition à la loi Taubira : « rentrant de deux semaines très éprouvantes passées au Sud-Kivu, auprès de populations vivant un vrai martyre, en particulier des femmes et des fillettes pourchassées, traitées comme des esclaves, mutilées, violées, et auprès de médecins, de chrétiens, de bénévoles de toute sorte, qui vivent, dans le dénuement et presque le désespoir, une assistance épuisante à ces populations abandonnées, voilà qu'une des premières questions que l'on me pose, en revenant ici, est de savoir ce que je pense du projet de loi Taubira... J'ai vraiment ressenti... un décalage horaire ! ».

Et j'ai la faiblesse de penser que je me trouve aussi un peu sur la même longueur d'onde que Guillaume Gaubert  qui, dans son éditorial de La Croix du jour de Noël, évoquant la précarité que vivent trop de nos contemporains, écrit : «... les chrétiens sont nombreux aux avant-postes de la solidarité, sur le plan matériel et aussi par une simple présence, chaleureuse, affectueuse. Il est bon de le souligner en ces temps où la parole des catholiques se fait beaucoup entendre sur d'autres sujets . »... Eh ! Oui.

- Car en effet, je tiens aussi à souligner, que partout, dans la société, aussi bien chez les responsables politiques, économiques, sociaux que parmi les "obscurs de la base", des chrétiens œuvrent magnifiquement auprès des plus démunis, et essaient, à leur place, de faire bouger les mentalités, les comportements, les structures, etc . Ai-je tort de souhaiter que tout ce travail exemplaire se fasse dans une mobilisation claire de notre "institution" ? J'en voudrais donner deux exemples concrets. Le premier, s'est passé le 18 novembre, à Lyon, lors du défilé organisé contre cette loi : il y avait beaucoup de monde sur la place Bellecour, qui attendait le départ, et parmi eux, visiblement, beaucoup de familles catholiques ; or cette foule entourait un grande tente où, comme chaque année, la municipalité organisait la Semaine de la Solidarité Internationale, et plusieurs stands étaient tenus par des bénévoles catholiques. Notre archevêque a participé à cette marche, comme simple citoyen a t-il précisé aux journalistes (qui, bien entendu, n'ont pas eu de mal à le repérer comme un citoyen... particulier !) ; eh ! bien, si notre cardinal (qu'il me pardonne !) était d'abord allé (avec ces mêmes journalistes) visiter lesdits stands, en saluant, comme il se doit, le travail remarquable de solidarité exprimé ici devant toute la population lyonnaise, il me semble que cela aurait surpris et rendu plus crédible l'engagement de l’Église contre ce projet de loi... Deuxième exemple : plusieurs évêques, allant dans les sens que je souhaite (pardonnez-moi !), ont manifesté courageusement contre la façon dont l’État français traite les immigrés clandestins ; or un franciscain (donc un bon catholique !), de Toulouse, a lancé en France ce que l'on nomme les Cercles de Silence, destinés à alerter le public sur cette façon trop souvent indigne de traiter nos "frères en humanité" : il ne me semble pas que nos évêques recommandent aux paroissiens, (comme il l'ont fait, par exemple à Lyon, dans une majorité de paroisses, à toutes les messes du 3ème dimanche de l'Avent, en demandant de prier et jeûner pour que la loi Taubira ne soit pas votée, et pour encourager à aller à Paris pour la manifestation prévue le 13 janvier), recommandent, donc, de participer à cette heure de silence une fois par mois* ; et je ne demande qu'à me tromper, mais il ne me semble pas qu'un seul d'entre eux soit allé, au moins une fois, comme "simple citoyen", encourager par sa présence tous ces gens, dont beaucoup de chrétiens, qui donnent ce superbe témoignage de solidarité.

- Je suis bien conscient, enfin, qu'il est plus facile, pour nos évêques, de mobiliser sur des questions de mœurs que sur des questions économiques, ou plus strictement politiques : beaucoup de fidèles (et même de moins fidèles : un ministre a dit jadis à un évêque qui osait parler de la bombe atomique : « occupez-vous de vos oignons, messeigneurs, restez dans vos sacristies ! »), ne comprendraient pas, surtout chez les catholiques en situation de responsabilité : la mobilisation aurait moins de succès, mais encore un fois, est-ce que la Bonne Nouvelle... ?

 Enfin, j'entends bien que que nos évêques prennent le plus grand soin de dire que cette manifestation du 13 janvier n'est pas organisée par eux, et qu'elle n'est donc pas spécialement catholique... Mais qui est cette Frigide Barjot ? (pourquoi ce pseudonyme au goût douteux ?). Et  leur encouragement à y aller est très clair et tout le monde a compris que sans cette mobilisation les participants  seraient... beaucoup moins nombreux. Alors qu'on le veuille ou non il faut bien reconnaître que c'est un témoignage (de la Bonne nouvelle ?) que nous donnons...

 

[rédigé par André Harreau le 29 décembre 2012]

 

* à Lyon le cercle de silence se tient le deuxième mercredi de chaque moi, place des Terreaux de 18 h 30 à 19 h 30 (ndlr).


Publié dans Anthropologie

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