Quasiment chaque famille originaire du Vietnam qui vit aujourd’hui en France compte un ancêtre mort en martyr entre le XVIIe s. et le XIXe

Publié le par Michel Durand

Vu le poste d’hier, c’est en toute logique que je communique cet article :

 Les catholiques vietnamiens célèbrent la mémoire de leurs martyrs à Lourdes

 Entretien. Recueilli par Martine de SAUTO. La Croix du 2 août 2013

 

P. Pierre Luc Ha Quang Minh, prêtre du diocèse de Poitiers, aumônier des catholiques vietnamiens, explique le sens du pèlerinage à Lourdes à partir du vendredi 2 août jusqu’à dimanche 4 août, des catholiques vietnamiens à l’occasion des 25 ans de la canonisation des martyrs du Vietnam (1988-2013).

 

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Des catholiques se retrouvent à l’occasion de la fête de l’Eglise du Vietnam dans leur paroisse de Paris.

 

Combien compte-t-on de catholiques vietnamiens actuellement en France?

P. Pierre Luc Ha Quang Minh : Il y a près de 300 000 Vietnamiens en France, dont 30 % sont catholiques. La plupart sont des boat people, arrivés en France dans les années 1980-1990, après la chute de Saïgon en 1975. Je suis un ancien boat people. Né au Vietnam en 1962, je suis arrivé en France à 17 ans. Avec l’aide de prêtres et de religieux, eux-mêmes boat people, ils se sont organisés en aumôneries reconnues par les évêques. Aujourd’hui 47, elles sont rattachées au service de la pastorale des migrants et des réfugiés.

 

Pourquoi votre pèlerinage a-t-il cette année une coloration particulière?

P. Ha Quang Minh : Il est organisé à l’occasion des 25 ans de la canonisation par Jean-Paul II des 117 martyrs vietnamiens, dont dix missionnaires français. On estime à près de 100 000 le nombre de chrétiens morts au Vietnam entre le XVIIe et le XIXe  siècle au nom de leur foi. Quasiment chaque famille qui vit aujourd’hui en France compte un ancêtre mort en martyr. En tant que prêtre du diocèse de Poitiers, je suis particulièrement touché par celui de nos deux saints martyrs, notamment celui du P. Théophane Venard (1829-1861). Il avait 9 ans lorsqu’il a appris dans un journal édité par les Missions étrangères de Paris la mort en martyr du P. Jean Charles Cornay, prêtre du diocèse de Poitiers, exécuté en 1837. Devenu prêtre des missions étrangères au Tonkin, le P. Théophane a été, à son tour, exécuté en 1861 à Hanoï. Il a laissé des lettres d’un style très poétique. À les lire, on est emporté par son élan, sa foi, son espérance.

 

Cet héritage est-il aujourd’hui encore un appui, notamment pour les jeunes générations?

P. Ha Quang Minh : Les catholiques vietnamiens sont bien intégrés dans leur église locale. Ils ressentent aussi le besoin de se retrouver pour participer à une célébration en vietnamien, à l’occasion de certaines fêtes comme celle du Têt, ou pour vivre ensemble des moments forts de leur histoire commune. Le témoignage des martyrs est un appui mais aussi un appel à vivre en fidélité avec le Christ. À Lourdes, les conférences porteront sur l’histoire de l’Église et des martyrs du Vietnam, mais aussi sur la manière d’être témoins, hier comme aujourd’hui. Pour les jeunes, dont une centaine sera présente à Lourdes, la question de la transmission est essentielle. Nés en France, ils ne se sentent ni tout à fait français, ni tout à fait vietnamien. Ils parlent de moins en moins souvent la langue, méconnaissent de plus en plus l’histoire et la culture du pays d’origine de leurs parents, même s’ils sont parfois désireux de les redécouvrir. Nous nous efforçons de les accompagner dans cette quête d’identité, en tenant compte de leur culture, de leur manière d’interroger la foi et de leur besoin d’échanger entre eux. Le pèlerinage est un signe de communion avec l’Église du Vietnam, minoritaire (8 % de la population) et soumise à la surveillance du régime communiste, mais très vivante comme ont pu le constater, très étonnés, les paroissiens que j’ai pu emmener au Vietnam.

Publié dans Témoignage

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