Rencontre

Publié le par Michel Durand

Avec la famille sacerdotale du Prado, nous lisons l’Évangile en regardant particulièrement les rencontres de Jésus. Le but de cette lecture méditée est principalement la préparation de l’assemblée du Prado de France qui se tiendra en janvier 2011.


Le regard de Jésus sur les personnes qui font appel à lui ou que le hasard met sur sa route est chargé de tendresse, de miséricorde, de bonté, d’écoute, d’attention à celui ou celle, à ceux qui se présentent.

J’ai observé cette attitude fondamentale en séjournant quelques jours chez les frères de l’Évangile (spiritualité de Charles de Foucauld) à Béni Abbés.

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Un exemple : la conversation à table pendant l’un des trois repas du jour ne sera pas interrompue par les accueillants toujours disposés à l’écoute dans la rencontre.

Dans la suite de Jésus, qu’avons-nous d’autre à faire que de se réjouir de l’essentiel de la rencontre : atteindre le cœur d’autrui dans son désir d’être aimé et écouté.

Qu’avons-nous à faire ensemble ?

Rien.

Sinon d’être là, intensément présent à la présence de l’autre. Je me rappelle en cet instant le thème de la biennale d’art sacré actuel de 2002 : « Présent ». Être présent à autrui en recevant son « présent ». Vivre l’intensité de la rencontre.

Par le Christ, l’incommensurable Dieu Amour entre dans la mesure de notre temps et de notre être en quête d’amour. Encore une fois, nous entrons dans la médiation de Dieu, Miséricorde : Memoria Passionis (Jean-Baptiste Metz).

Visiter et être visité

Les frères de Béni Abbés sont toute disponibilité.

On frappe à leur porte à n’importe qu’elle heure du jour. L’heure de midi semble être privilégiée. On sait qu’ils sont à la maison pour le repas. Le matin et l’après-midi (après 16 h) ils peuvent être au jardin ou en visite dans les familles.

Ils reçoivent facilement à leur table : une occasion de dialoguer. Certains s’invitent sachant qu’ils auront un  bon repas.

Que se passe-t-il pendant la rencontre ?

Rien de bien spécial. On parle de soi, on échange des nouvelles, on s’informe sur la santé des uns et des autres, de la famille. On s’écoute. Les frères écoutent beaucoup. On se respecte. C’est la vie de tous les jours. On sent un grand amour du prochain.

Hommes de prière, les frères sont rencontrés avec leur statut spécial dans la société algérienne de « marabout ». Ils sont du même bord, de la même dynastie que les grands marabouts de la culture musulmane.

L’accueil des personnes qui viennent à l’Ermitage pour rencontrer la présence historique et spirituelle de Charles de Foucauld est différent. Ceux-ci sont en attente de paroles, de connaissances. Le rôle du frère est ici, un  peu, celui d’un guide recevant des voyageurs pèlerins. Après l’enseignement, il y a toujours un échange sans limites de durée. Cette disponibilité auprès des passagers est pour eux primordiale. Il serait impensable, impossible de ne pas répondre aux attentes des visiteurs, quels qu’ils soient. Le seul moment où il semble vraiment difficile d’être reçu, c’est pendant les heures chaudes de la journée, 14 h – 16 h ; la sieste indispensable en ces pays. Quoique je crois avoir perçu quelques exceptions.

Recevant chez eux, les frères sont aussi largement reçus chez les gens, dans les familles. Ils le sont très simplement avec beaucoup de sympathie et de simplicité. Presque membres de la famille, les femmes sont présentes, comme j’ai pu le constater « de visu ». Que de thé et de café est bu !

Pour terminer, je signalerai la visite à l’ermitage d’un homme qui désire boire une tasse de café. L’heure n’est pas très bien choisie, 18 h 30. C’est bientôt l’heure de la prière du soir avec eucharistie. Pas de problème, on lui fait et on boit un café tout en causant. L’homme sait qu’il y a la prière. À 19 h il sera parti.

 

Publié dans Eglise

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