Réponse à l’article du Père J.J. Launay

Publié le par Michel Durand

Pourquoi l’ego de l’artiste serait-il plus à même de s’affirmer dans un art dit non-figuratif que dans un art de la représentation du réel ?
Jean-François Monnet, artiste ayant exposé à la BASA 2009, m' a adressé ce texte par courriel.
Il s'agit d'un commentaire à l'article de J.J. Launay qu'il est bon de relire avant d'aborder la réflexion de Jean-Francois. Voir son blog : passage du kairos.

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Un Rameau jallira de la Souche de Jessé - J Monnet

J’ai de multiples fois constaté que la non-figuration, telle une musique, donnait un espace de liberté fort apprécié par qui regarde ; et était capable de suggérer des états de l’âme (pour ne pas dire des états d’esprit) qui permettait à une personne non seulement d’être surprise par l’œuvre (surprise créant un intérêt) mais aussi d’y adhérer par son intimité.

La non-figuration est donc espace de liberté ; et l’on ne pourrait reprocher à une œuvre sa dimension de mystère. « Mystère » et « mystique » n’ont-ils pas part liée ?

Après c’est une question de sonder les cœurs et les intentions : dans cette œuvre quelle part d’ego ? L’artiste ne se moque-t-il pas du monde à ne présenter au public que si peu de chose ?...au risque de passer à côté d’une intuition ; ou à côté d’une réelle authenticité de la démarche artistique.

Cette authenticité peut d’ailleurs effectivement très bien rejoindre « quelque part » celle du silence érémitique…

 

Peut-être plus sûre est l’appréciation qui jaugera la « maîtrise » de la facture : quelle part de science vraie dans la maîtrise du médium employé ? Mais même dans ce domaine la référence à une soi-disant facture classique est dangereuse. Je pense par exemple aux peintures de Jackson Pollock, avec des effets de peinture projetée, giclant sur la toile en de vastes mouvements impulsés par le geste du bras. La finalité de l’œuvre gouverne (et ceci relève d’une parfaite cohérence esthétique) les moyens mis en œuvre pour produire « l’effet » pictural.

 

L’art minimaliste pose donc le problème de tout art non-figuratif. Par tempérament je n’adhère pas vraiment à cette esthétique de l’ « en creux », pensant que l’esprit humain se nourrit plus volontiers de substance que de perte de substance. Mais disant ceci j’ai bien conscience de camper déjà dans une interprétation !


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