Signe du ciel et signe de la terre

Publié le par Michel Durand

Je parlerai encore de la sacramentalité de l’Eglise pour dire que l’ensemble des baptisés dans leur quotidienneté est signe (sacrement) du Royaume de l’Amour. voir aussi : ici.


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Madeleine Delbrel : La conversion est un évènement violent !

 

Lisons Marc 8, 11-13

Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il alla dans la région de Dalmanoutha.

11 Les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus : pour le mettre à l'épreuve, ils lui demandaient un signe venant du ciel.

12 Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit : « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? Amen, je vous le déclare : aucun signe ne sera donné à cette génération. »

13 Puis il les quitta, remonta en bar que, et il partit vers l'autre rive.

Ceux que Jésus insupporte demandent un signe venu du ciel. Il n’y en aura pas.

Déjà, Jésus a opéré plusieurs signes. Il y a eu, chez Marc, deux multiplications des pains. Ces signes viennent de la terre. Ils peuvent passer inaperçus auprès de ceux qui ne savent ni voir, ni entendre. Heureux ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Ces signes sont discrets ; ils émanent de ce que l’homme produit ordinairement, quelques pains, quelques poissons.

Que serait un signe venu du ciel ?

Une opération tellement époustouflante que l’homme ne peut que se soumettre à la démonstration de puissance. C’est ce que veulent les pharisiens comme preuve irréfutable. Une manifestation absolue : que Dieu descende sur terre dans le fracas de sa gloire.

Qu’il n’y ait plus à discuter, à réfléchir.

La puissance de Dieu deviendrait manifeste, l‘homme n’ayant alors qu’a abdiquer. Mais ce signe venu du ciel ne respecte pas la grandeur de l’homme. Jamais Dieu ne veut asséner sa vérité. De tels signes, dit Jésus, il n’y en aura pas.

De toute façon, ils ne sauraient être perçus par les hommes aveuglés par leurs idolâtres convictions.

Jésus prit la parole et dit :

« Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre d’avoir caché cela (les mystères du Royaume) aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25).

 

 

 

Dans une situation en crise, comme celle que nous connaissons, dans l’affrontement Occident chrétien / Orient musulman désormais bien installé, sans oublier les attaques contre les chrétiens ne terre africaine subsaharienne, nous aimerions bien que vienne un signe du ciel.  Il nous dispenserait de toute hésitation.

Non, de signe, il n’y aura que ce qui vient de la terre. C’est ce que produiront les hommes qui apportera le signe (le sacrement) du salut dans la mesure où ils se laissent modeler par l’Esprit, la Parole et l’exemple du Christ. L’Eglise sera alors sacrement de salut.

Un raisonnement semblable (une méditation) doit pouvoir se faire du côté de l’Islam ? Seule la fidélité au Prophète (via le Coran) sous – le regard de Dieu produira des signes concrets d’Amour universel – le Salut.

Pour développer l’importance de ces signes venus de la terre, pour argumenter sur la mission des baptisés qui montrent le « Royaume » dans la façon dont ils vivent leur vie terrestre, il me semble que la lecture du témoignage de Madeleine Delbrel « Nous autres, gens des rues »* serait bienvenue.

Au cours de l’histoire de l’Eglise, nous avons, certes, le témoignage de signes venus du ciel. Des Saints ont eu des apparitions ; la Vierge Marie s’est montrée dans de nombreux endroits ; il est possible d’en faire la recension.

Les apparitions du Christ, le Ressuscité, le Sacré-Cœur, semblent moins nombreuses. On peut également en faire une recension (recherche que je n’ai pas accomplie). Je connais seulement les apparitions de Jésus à Paray-le-Monial à l’adresse de Sainte Marguerite Marie Alacoque.

Notons bien, tous ces signes venus du ciel ne furent jamais en réponse à une demande exigeante venue des hommes.

S’il y a signe céleste, ce n’est que pure grâce, don totalement gratuit et non marchandage.

Jamais de : Dieu on te croira si tu nous prouves par un miracle que...

Heureux les cœurs purs et simples : ils verront Dieu.

Baptisés, soyons signes (Sacrement terrestre – Ecclésial) de cette béatitude.


Publié dans évangile

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