Solidarité 1 – L’accueil

Publié le par Michel Durand

J'ai été invité par une communauté pour parler de solidarité. En voici quelques traces.

 

Se sentir solidaire les uns des autres relève d'un banal impératif de conscience qui se concrétise sans peine à l'intérieur de son groupe d'appartenance. Personne ne laisse dans le besoin un voisin qui connaît de grandes difficultés. Quand le problème rencontré est immense, nous en avons fait dernièrement l'expérience avec le tremblement de terre en Haïti, une solidarité mondiale (à partir des pays les plus riches, mais pas seulement) se met en place. Rapidement les dons d'argent se multiplient.Jiraidormir2.jpg

Il faut quand même noter que la solidarité de ce type dépend de la médiatisation qui en est faite. Avons-nous une identique solidarité pour tous les problèmes de la faim rencontrés dans le monde ?

L'accueil chez les pauvres.

On dit souvent que plus les habitants d'un pays sont pauvres, plus ils se montrent solidaires.

Nous en faisons l'expérience quand nous voyageons (même touristiquement) dans un pays du Sud. Un jeune routard sera bien accueilli dans un village d'Afrique noire. On ne le laissera pas dormir dehors et on lui offrira à manger. Idem dans les régions rurales du Sahara, du Maghreb pour ce que je connais. Il y a d'autres témoignages possibles : voir les récits de tour du monde à vélo. Bien sûr, il sera d'autant mieux accueilli qu'il participe financièrement à la dépense. Ce n'est que justice banale. Les émissions télévisées d'Antoine de Maximy, "j'irai dormi chez vous" sont des sondages très intéressants pour voir comment se comportent les gens quand ils sont en présence d'un touriste farfelu qui "veut rencontrer les gens". Souvent, le vidéaste constate que plus le quartier où il se trouve est fortuné, moins il a de contacts. Mais, on ne peut en faire un absolu. Les riches savent aussi se montrer solidaires en ouvrant leurs portes à des personnes en difficultés, surtout quand celles-ci appartiennent à leur famille même éloignée.

La situation rurale se prête plus à la pratique de la solidarité que l'exiguïté des appartements urbains. Comme la ville se trouve désormais à la campagne, nous pouvons conclure qu'une forme d'entraide ancestrale a disparu. Nos modes de vie, nos exigences de confort, notre conception de la sécurité font qu'il devient difficile d'aider quelqu'un comme on le faisait aux siècles précédents. Citons, par exemple, les trimards, les journaliers qui voyageaient de ferme en ferme au grès de leurs désirs et des travaux saisonniers. La législation française ne permet plus cette embauche. Offrir de dormir dans une grande en échange de petits travaux n'est plus possible. Jadis, les maisons religieuses, monastères, couvents, séminaires, pensionnats donnaient des petites tâches à des personnes en graves difficultés psychologiques. Ils étaient payés en conséquence et étaient assurés du gîte et du couvert. Actuellement, la législation du travail, les charges sociales à payer sont telles que cette forme de dépannage s'avère impossible.

Je rappelle sous forme d'anecdote, ces évolutions tout simplement pour tracer un profil de la solidarité vécue. Cela nous permet de voir comment, dans la ligne de l'Evangile, il est envisageable d'être solidaires, il est envisagé d'être solidaires.

 

Publié dans Anthropologie

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