Toujours « sans (bons) papiers » et maintenant sans toit.

Publié le par Michel Durand

Nous devons réfléchir à ceci :

- que faire avec les personnes qui ont épuisé toutes les ressources du droit français ?

- Faut-il changer le droit ?

- Comment concilier les principes universels et la réalité ?

 Tours-20120218-00019.jpg

Le préfet applique sans faillir une politique digne du roi Ubu.

Le roi Ubu était un roi très fantasque mais on l’oublie souvent, également très cruel. Lire ICI

 

Il y a une dizaine de jours, une femme d’Arménie et ses deux jeunes filles furent contraintes de quitter le logement qu’elles occupaient. Déboutées du droit d’asile, on leur fit savoir qu’elles devaient quitter le Centre d'accueil de demandeurs d'asile (CADA).

Pas d’autres solutions que de rester dans la rue. Les personnes actives à Médecins du monde peuvent aussi en témoigner.

L’enseignante donnant, entre autres, des cours de langues françaises aux jeunes filles, ne put se résoudre à voir abandonnée cette famille aux inconnus des lieux publics. Elle propose de quoi dormir chez elle. Mais c’est très petit ; la vie à quatre ou cinq n’est pas vraiment possible. Alors, au bout de quinze jours, il faut chercher ailleurs. Le 115 se montre débordé : il n’y a jamais de place. Une longue recherche qui connut de nombreux refus.

Heureusement, une maison de religieuses a bien voulu recevoir les jeunes filles pour un court temps. Cela encourage l’enseignante à continuer ses recherches pour un logement qui puisse durer au moins jusqu’à la fin de l’école.

Nos appels à la prise de conscience face aux dénis des droits humains fondamentaux s’adressent généralement à la situation des personnes dites « sans papiers ». Depuis plusieurs années, s’ajoutent les sans toits. Inacceptable le sort imposé aux personnes qui ne peuvent plus être hébergées parce que leur demande de vivre sur le territoire français (ou européen) est rejetée. C’est en toute connaissance que le droit leur impose de vivre dans la rue quand il n’y a pas reconduite à la frontière. Et l’obligation à quitter le territoire respecte-t-elle les Droits humains ?

Geneviève Jacques, nouvelle présidente de la Cimade s’exprime clairement : l’affaire Léonarda est « l’illustration choquante d’une politique de reconduite à la frontière de familles dont les enfants sont scolarisés. Certes, la mesure prise respecte la légalité, mais est-ce légitime au regard des droits fondamentaux ? (…) Combien de drames pourraient être évités si les États européens reconnaissaient un « droit à la mobilité » de leurs voisins du Sud, avec une politique de visas de longue durée permettant entrées multiples et allers-retours. Cela suppose surtout que nous apprenions à changer de regard sur les « étrangers » pour échapper à l’avenir mortifère d’un continent enfermé dans ses peurs. Construisons des ponts entre les peuples au lieu de nous acharner à construire des murs, meurtriers et inefficaces. »

Publié dans Politique

Commenter cet article