Samedi 2 février 2008
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20:31
Un habitant de Beni-Isguen me conduisant, dans sa voiture, à la maison d'été de Monsieur Ch… qui se trouve dans l'oasis de cette même ville où je passe mes vacances (mon
traditionnel mois sabbatique de janvier), laissa aller son cœur pour me dire : « vous les Français, vous êtes les citoyens de la terre. Avec votre passeport, vous pouvez aller partout où vous
voulez. S'il y a l'exigence du visa, vous l'obtenez tout de suite ».
Citoyen de la terre !
Un long silence s'installe dans la conversation. Quand je suis arrivé à reprendre la parole, ce ne fut que pour tenter de justifier mon silence, mon absence de mots
adéquats.
Oui, devant cette injustice flagrante, je n'ai rien à dire. De fait, le Français, les Européens, ne rencontrent aucune barrière dans leurs désirs de voyager. Ils sont bels et bien
citoyens du monde jouissant de la possibilité de se rendre dans la région de leur choix. Faudrait-il, concrètement, refuser cet avantage puisque tous les hommes de la terre n'en jouissent pas de
façon identique ?
Dans la phrase, « vous, les Français, vous êtes citoyens du monde, de la terre », à cause peut-être de mon imagination, ou du ton de la voix, j'ai perçu un non-dit qui relève de
l'époque coloniale. « L'Occidental se considère partout chez lui, il en a les moyens. C'est le maître, le vainqueur ».
La politique de la France, surtout depuis quelques années, telle fut la suite de notre conversation, est complètement inégalitaire. « Vous venez chez nous sans problème. En 24
heures vous obtenez un visa. Mais moi, j'ai de la famille en France et ma demande de visa m'est toujours refusée. Ici, j'ai un bon métier ; j'ai la famille, des enfants qui commencent à être
grands, je n'ai pas le désir de vivre en France mais seulement de rendre visite à mes frères. Pourquoi me refuser le visa touristique ? »
Je rapproche le récit de cet homme blessé de ne pouvoir, comme moi, être « citoyen du monde », des difficultés qu'un époux et père rencontre pour faire venir à Lyon sa famille.
Tous les papiers sont correctement réunis. La préfecture de Lyon certifie que rien ne manque et pourtant le consulat de France à Alger, pour la énième fois vient de dire que l'on ne pouvait pas
remettre maintenant le visa, car il fallait encore examiner la situation de l'enfant, un bébé de quelques mois. La jeune maman devra refaire quelque 400 kilomètres pour un nouveau rendez-vous au
Consulat.
Quand, muni d'un certificat d'hébergement algérien je me présente au consulat algérien de Lyon, 24 heures après je peux retirer mon passeport oblitéré du visa adéquat.
Sur le regroupement familiale voir la position de l'Eglise catholique
Par Michel Durand
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Publié dans : écrit de Béni Isguen
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Vendredi 29 février 2008
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17:49
Être passionné pour une tâche, c’est avoir compris le sens, l’intérêt qu’elle contient. Dans le choix d’une profession par exemple, il importe grandement d’avoir saisi la valeur du travail à
accomplir. On pourra même parler dans ce contexte de
« vocation ». Plus qu’un métier, c’est une
« vocation ».
« J’aime ce que je fais, dira celui qui ne compte pas ses heures ».
À l’opposé, celui qui ne voit dans le travail qu’une occasion de gagner de l’argent, ne trouvant aucun intérêt dans ce qu’il fait, trouvera fort longues ses heures.
« Interminables ! »
« Le travail que j’accomplis n’a pour moi aucun sens. Il n’y a rien de valorisant ».
Quel sera alors le ressort qui permet de durer ?
Le salaire.
On n’est motivé à accepter les dévalorisantes conditions du travail que par l’argent qu’il procure.
« La fiche de paye, voilà le sens de mon boulot ».
Le pouvoir d’achat !
Un économiste parlerait mieux que moi de l’étrange engrenage qui soutient depuis des siècles les hommes au travail.
Il y a d’abord la nécessité de sortir de la misère. C’est l’acceptation de n’importe quel travail pour se procurer le minimum vital : un toit, des vêtements, de la
nourriture.
Dans une situation de pauvreté, le quotidien est assuré, mais il faut continuer à travailler dur au cas où la maladie surviendrait. Les lendemains demeurent incertains. Si
l’hiver est froid, par exemple, il n’est pas possible de se chauffer correctement.
Il y a quelque temps un habitant du M’Zab, région du désert saharien où j’ai vécu ce mois de janvier, me faisait remarquer que, « quand on a les moyens, on passe les mois d’hiver sans même
s’en apercevoir ». Maisons chauffées, vêtements chauds sont autant de « moyens » qui aident à vivre le froid.
Quand va-t-on s’apercevoir que les « moyens » envisagés dépassent largement ce dont on a besoin ? Où commence l’enrichissement ?
Il semblerait que les Occidentaux considèrent qu’il n’y a pas de limites à l’acquisition d’argent. Plus il y en a, mieux c’est. L’histoire traditionnelle du M’Zab, selon mes petites
connaissances, indique le contraire, notamment dans la construction de l’habitat. Il suffit de bâtir selon les besoins. L’homme mesure, au plus 1 m 80, pourquoi construire une porte plus haute ?
L’ostentation et le superflu n’ont pas de place. Je pense qu’un jour, je développerai, photo à l’appui, cet aspect.
Revenons à la question du pouvoir d’achat
Il est tributaire du travail. Bon métier égale bon salaire, donc bon pouvoir d’achat.
Ou alors, petit métier, nombreuses heures travaillées pour, enfin, augmenter, un peu, son pouvoir d’achat.
Il est important de favoriser celui-ci, car c’est lui qui va permettre l’accroissement de la production. Travailler, gagner de l’argent, consommer, entretient le système productiviste. En effet,
pour s’enrichir, il faut produire, donc, en conséquence, inciter à consommer la production. Tel est le rôle de la publicité : pousser à consommer afin de garantir l’écoulement des objets
produits. « Consomme et tais-toi » soulignent, ironiquement, les « Casseurs de pub ».
Mais il n’est pas nécessaire que je m’étende sur ce propos qui est archi connu. Je souhaite plutôt essayer de tracer le lieu de la limite entre besoins de première nécessité pour
sortir, bien évidemment de la misère, mais aussi de la pauvreté et dépassement abusif de ce qui est utile à l’homme pour son bonheur. Quand entre-t-on dans l’ostentatoire ?
On entre dans l’ostentatoire avec la convoitise.
Que l’homme soit tenté d’avoir toujours plus, personne ne peut le nier. La tentation est diablement humaine, comme le dit Jacques 1, 13-14 : « Que nul, quand il est tenté, ne dise : "ma
tentation vient de Dieu". Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne. Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l’entraîne et le séduit ». La convoitise est la
source de tout mal parce qu’elle incite à vouloir avoir plus que le voisin, être mieux que lui, avoir plus de moyens. Tel le côté ostentatoire de l’habitat qui montre que l’on a mieux réussi, que
l’on est plus riche qu’autrui.
Selon Jacques Ellul :
« La clé de la tentation, c’est la convoitise qui est en chacun de nous, dont l’autre face s’appelle esprit de puissance »
. Pour lui,
« la convoitise englobe toutes les origines de la tentation, mais lorsque celle-ci concerne l’être humain, elle prend la forme de l’esprit de puissance ».
En effet, c’est au cœur de l’homme que sortent les pensées mauvaises (cf Marc 7, 21-22).
Marc cite dans ce chapitre 7, les traditionnels commandements de Dieu (le décalogue de Moïse). Relisons-les. Exode 20. Ils parlent également de convoitise
.
« Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; ce serait un vol.
Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain ; ce serait adultère.
Tu ne convoiteras rien de ce qui est à autrui ».
Certes, aujourd’hui, il y a d’autres moyens que le vol pour assouvir sa convoitise. C’est le pouvoir de l’argent. Si je me permets ce rapprochement, c’est tout simplement pour signaler le
problème en sa racine. Le désir d’avoir plus découle de la convoitise interne à chaque humain. Aussi, une effective objection de croissance dans son désir de construire un nouveau mode de vie ne
saurait ignorer cette fondamentale tentation. Pour la combattre, il n’y a que la sagesse de la modération de ses envies afin de trouver le sens de l’existence dans un en deça de la consommation.
La lecture des évangiles donne de nombreuses pistes de cette vie simple.
Par Michel Durand
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Samedi 1 mars 2008
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14:14
L’idée d’un progrès infini, d’une croissance absolue vient de la convoitise individuelle et sociale.
Avant de lire ce texte ci-dessous de Jacques Ellul, rappelons-nous que exousia signifie les autorités, un « plus » provenant du cœur
humain imposant ses modes de voir à tous.
SI TU ES LE FILS DE DIEU
« Tout s’enracine dans la convoitise ».
Regardons le récit de la Genèse « où nous trouvons les deux niveaux de la convoitise : la femme regarda l'arbre et vit que son fruit était agréable à la vue (convoitise des yeux),
précieux pour ouvrir l'intelligence (convoitise du savoir... lequel ?) et qui correspond à la convoitise suscitée par le serpent : « Vous serez comme des dieux capables de dire ce qui est bien et
ce qui est mal », convoitise absolue : être comme Dieu !
De là en effet dérive tout le reste, et spécialement ce que nous connaissons dans notre monde actuel, à savoir de proclamer bien ce qui manifestement est mal (par exemple tuer pour la patrie, ou
pour le parti, ou pour la religion) et proclamer mal ce qui est dit bien par Dieu (par exemple, la récusation des autorités, le combat pour une véritable liberté, la véritable autonomie de la
personne). Et cette convoitise se porte à son sommet sur l'autre. Elle est alors l'inverse de l'amour. Domination de l'un sur l'autre, quel que soit cet autre, la femme, l'enfant, le vaincu,
autrefois le nègre ; maintenant l'esprit de puissance habite dans l'islam, contre l'Occident.
Adam et Eve, Adriaen Van
der,
Van der Kralinger-Ambach, XVII-XVIIIe
Mais la convoitise, l'esprit de puissance ont un caractère individuel, habitant au cœur de chacun, cependant que tous étant habités par cette convoitise, c'est donc le corps social qui,
tout entier, l'exalte. El il se produit le phénomène de l'exousia ; c'est-à-dire que la totalité des individus d'un corps social ne produit pas seulement une addition de puissance, mais
aussi un plus, qui donne à la société son caractère incommensurable à l'individu, et un sens ultime, qui contraint tout individu et qui fait que seul le corps social paraît
légitime (d'où l'interprétation absurde de la « démocratie »). Et ce sera de ce corps social que vont naître alors un esprit de puissance au second degré, une convoitise au second degré, qui, à
la fois, donnent un sentiment de vérité absolue et poussent à satisfaire notre convoitise personnelle dans la voie ouverte pour ce corps social. La tentation prend donc à la fois son origine dans
notre personne, et trouve sa justification dans le corps social qui lui donne souvent la possibilité de s'accomplir.
Mais pour qu'il y ait tentation, il ne suffit pas que la convoitise existe, Elle pourrait rester enfermée dans notre cœur et se borner à nous torturer. Jacques nous dit que l'on est « amorcé »,
attiré, appâté. Il faut qu'il y ait une circonstance extérieure - rencontre, événement fortuit ou provoqué - qui amorce la convoitise, L'homme assoiffé d'argent ne le volerait pas s'il n'avait la
rencontre brusque avec l'argent à sa disposition (ou presque... ce serait si simple de gagner ces millions à portée de la main). L'homme habité par l’Eros peut rester torturé, refoulé, jusqu’au
moment où il rencontre la femme ,qui devient brusquement pour lui la Femme, et qui de plus semble l’accueillir. Ainsi la tentation est la conjonction entre cette convoitise et cette
circonstance.
« Le diable n’est que le représentant de l’humanité entière, qui parle en son nom. Il n’est qu’un personnage symbolique et artificiel, le vrai tentateur étant l’humanité, personnelle et
sociale ».
Jacques Ellul
Par Michel Durand
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Mardi 11 mars 2008
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18:49
Quand on a les moyens !
Je reviens sur cette expression employée et commentée il y a quelques jours. Ne peut-on pas imaginer un lien avec la première des tentations de Jésus relatées dans les récits
évangéliques qui parlent de Jésus jeûnant 40 jours dans le désert (Mat 4,1-11) : « Si tu es le fils de Dieu ordonne que ces pierres deviennent des pains » ?
Jésus, homme comme tous les hommes, a connu tout au long de son existence la faim. Ses disciples aussi connurent la faim : « Un jour de sabbat, Jésus vint à passer à travers
des champs de blé. Ses disciples eurent faim et se mirent à arracher des épis et à les manger » (Mat 12,1).
Quoi de plus normal que de rassasier sa faim, même légère, fut-ce un jour sabbatique où il est, selon la loi, interdit de travailler (et non de cueillir, soit dit en passant, des
produits dont on n’est pas propriétaire).
Jésus comble sa faim.
Comme tout homme, il trouve le pain nécessaire pour satisfaire ce besoin premier. Mais, accomplir un miracle prodigieux pour cela, voilà une tentation qu’il refuse.
Quand le besoin n’est-il plus premier ?
Il y a pour l’humanité d’aujourd’hui –l’Occident surtout, mais des pays dits émergeants suivent à grands pas le même chemin- une réelle tentation à augmenter inconsidérément les «
moyens » dont on dispose en transformant l’accessoire en essentiel. La « tentation économique » de l’Occident
(voir Jacques Ellul)
consiste à rendre légitime toutes sortes d’activités productives. On crée des besoins pour se donner l’occasion d’inventer des productions qui vont satisfaire ces besoins. Si, « sur le marché,
est lancé un produit, c’est qu’il correspond à un besoin ». Au préalable, la publicité a efficacement agi pour que le besoin en question soit considéré comme bien réel. « La vie économique
n’existe que pour satisfaire des besoins qu’il faut créer pour pouvoir écouler le nouveau produit ». Et l’homme montre une grande ingéniosité dans ce domaine créatif.
Quand on a les moyens, est-ce pour se payer tout ce qui est produit ?
La société de consommation offre une production telle que jamais la faim ou la soif de nouveauté ne sera rassasiée.
L’homme serait-il comme Dieu, capable de créer mille et mille choses ? On pourrait le penser à force d’apprécier de ce qui est inventé pour répondre aux attentes humaines, par
exemple pour une femme (et peut-être un jour pour l’homme) engendrer un enfant avec le seul contact d’un laboratoire médical. Par sa capacité de « miracle productiviste », l’homme prouve qu’il
est divin.
Mais voilà : « Ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu » (Mt 4,4).
Nous comprenons que « le pain » dont il est ici question est le symbole de toute espèce de fabrication dont l’homme est capable. Parmi celles-ci, il y a de l’indispensable et du
futile.
« La faim de pain est indiscutable, écrit Jacques Ellul. Mais la faim de la Parole de Dieu, moins évidente dans les tripes, est encore plus essentielle ». Jésus, refusant de
transformer des pierres en pain, ne refuse pas de prouver qu’il est le Fils de Dieu –miracle merveilleux qui n’aurait vraisemblablement aucun effet sur des personnes obstinées à le condamner.
Jésus indique qu’il y a beaucoup plus important que le pain. Pour lui, homme comme pour tous les hommes, il y a d’abord à avoir faim de la Parole de Dieu.
« Ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra » (Lc 4,4).
« La Parole du Dieu vivant, l’Être des Êtres, le Père est encore plus indispensable pour vivre une vie d’homme digne de l’humain (la production de tous nos innombrables « biens »
en réalité abaisse l’homme au-dessous de l’humain…). Voir Jacques Ellul, le défi et le nouveau, si tu es le Fils de Dieu, la Table Ronde, 2006, p. 988.
Par Michel Durand
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Mardi 18 mars 2008
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18:01
Je lis l’ouvrage de Max Gallo :
L’empire, l’envoûtement, la possession, le désamour avec une grande passion.
J’ai du mal à me détacher de ces trois tomes.
A l’occasion, je vous donnerai à lire quelques pages.
Alors que certains voudraient que l’on exalte les bienfaits de la colonisation, je trouve ces pages pleines d’enseignements.
L’humanité, en quête de
progrès, aurait-elle pu éviter, pourrait-elle éviter les conquêtes, les humiliations, les massacres, le terrorisme ?
J’énumère :
- Empire romain, conquête de tout le monde connu à l’époque autour de la méditerranée. Une paix ? Les terres africaines servent de grenier à blé pour Rome, puis
Constantinople.
- Conquêtes arabes, razzia d’esclaves, déportation des nègres aux Amériques, aux Maghreb.
- Abolition de l’esclavage, mais travail forcé ; enrôlement des soldats « chairs à canon » pour la guerre de 14-18 ; représailles des révoltes. Et toujours l’humiliation, « la
plaie inguérissable qu’est l’humiliation, cette lèpre de la colonisation ».
Dans la ligne de Mussolini, dégageant la Rome antique, quel occidental colonisateur ne pense-t-il pas : « c’est notre droit et notre devoir que d’être les héritiers de Rome,
nous qui avons colonisé l’Afrique avec nos légions ! »
Progrès, conquêtes, colonie, Indiens massacrés, nègres exportés. Commerce, colonialisme. Néo-colonialisme. Révolte, répression, revanche de l’Orient contre
l’Occident. L’axe du bien contre l’axe du mal… selon quel critère ?
Il me semble qu’il est bien difficile de parler de la valorisation de la colonisation même si tout n’a pas été dé-civilisation. Comment connaître toute la vérité de la colonisation
française et ce que cette histoire légua aux hommes à venir ?
Max Gallo nous en donne une idée.
Bien sûr, il est toujours possible de dire, même historique, son ouvrage, « l’Empire », n’est qu’un roman.
Extraits :
« Qu’est-ce que j’attendais pour dire la vérité de ce que j’avais vu en Haute-Volta ? Je savais que l’on incendiait les villages parce que les jeunes hommes s’enfuyaient pour ne
pas être enrôlés » (p. 187).
Une division noire affectée à se lancer à l’assaut des lignes allemandes :
« Il neigeait. Les tirailleurs étaient figés par le froid, paralysés dans leur capotes trempées, les doigts gourds… En quelques secondes la moitié d’entre eux avaient été fauchés
par les mitrailleuses, et les autres s’étaient mis à courir en tout sens…
Un noir est vivant ou mort ; ça ne se soigne pas ! »
Il y a une loi « commune à toutes les civilisations : la richesse ne naît que de la peine des hommes »… des mines de charbon (Germinal, Zola) aux construction des lignes de chemin
de fer dans la forêt équatorial.
Par Michel Durand
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Publié dans : écrit de Béni Isguen
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