vie d'ici et d'ailleurs

Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 19:36

DSCN9081.jpg Une fois de plus, pendant mon congé annuel (février 2012) j’ai pu constater combien la terre n’était désormais qu’un tout petit pays. Les gens circulent à pied, en camion, en bateau, par avion. Si les Portugais ont détourné vers le XVe siècle le trafic transsaharien vers mers et océans, actuellement les routes terrestres revivent. De nombreux « sans-papiers » subsahariens vivent dans la vallée du M’Zab. Ils forment une main-d’œuvre appréciée tant dans les constructions des maisons que dans le travail de la terre. Il me semble que beaucoup s’installent dans les jardins de la palmeraie en échange d’un travail de jardinage et de cultures maraîchères. Le téléphone mobile est aussi un signe de la  mondialisation accomplie. Le monde entier, via l’internet se trouve invité au traditionnel thé vespéral à la palmeraie.

L’Europe, pour se protéger des migrations non désirées, ferme ses frontières et les Algériens souffrent de ne pas pouvoir obtenir de visa. J’ai rencontré plusieurs commerçants mozabites qui disent que pour eux, finalement, ce n’était pas grave. Avant, ils achetaient en France ; maintenant, ils se tournent vers l’Asie. Ils trouvent de bons produits en Turquie (robinetterie, textiles,…) et ils vont faire leurs achats en Chine ou ailleurs (textiles, voitures,…).

Le commerce international a toujours existé autour de la Méditerranée ; il est désormais mondial. Un Mozabite (habitant du M’Zab) m’a expliqué ses voyages en Chine, ses achats, le suivi d’un container (mot anglais – conteneur sous la forme française) : débarquement à Alger, transport par camion (…) jusqu’à Ghardaïa et, éventuellement, plus au sud vers l’Afrique noire.


Par Michel Durand - Publié dans : vie d'ici et d'ailleurs - Communauté : Christianisme
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Vendredi 23 mars 2012 5 23 /03 /Mars /2012 13:35

 

La paroisse Saint-Polycarpe des pentes de la Croix rousse présentera le livre d'Antoine Manson-Vigou, Journal d'un demandeur d'asile (Editions L’Harmattan, 2012)
Le mardi 27 mars à 18h30, au local  

toi d'écoute,

25 rue René Leynaud Lyon 1er.

Entrée libre - lecture - apéritif.

Ce livre dense relate avec une précision acérée et bouleversante les démarches, interrogatoires, ainsi que la vie quotidienne d’un prisonnier dans un centre de rétention puis sa libération "sans filet". Il témoigne pour tous de l'envers du décor des sociétés d'opulence.

 

9782296560291r

 

 

Cet ouvrage contient le pourquoi de notre cri silencieux.
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Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 15:26

9782296560291r.jpg

 

Demander l'asile, quelle idée !

Peut-on imaginer l'humiliation et la déshumanisation que notre protagoniste va endurer, et ce dès les premiers instants de la procédure ?  

Ce livre dense relate avec une précision acérée et bouleversante la vie quotidienne d'un prisonnier dans un centre de rétention puis sa libération "sans filet". Il témoigne pour tous de l'envers du décor des sociétés d'opulence.

 

Rencontre avec l'auteur,  

lecture, dédicace

le mardi 27 mars à 18 h 30

à Toi d'écoute / Saint-Polycarpe

25 rue René Leynaud

69001 LYON

 



 

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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 12:21

Pendant mon séjour à Béni Isguen, j’ai vu de nombreux migrants subsahariens.

Je viens de recevoir une lettre d’un prêtre du Prado qui a choisi l’Algérie pour prendre sa retraite. Il a été appelé par la direction de la prison pour être aumônier auprès des africains chrétiens.

« Pour moi ce qui est très nouveau c’est la demande que l’on m’a fait de devenir aumônier de la prison de Mostaganem. Il y a en effet dans cette prison des subsahariens chrétiens qui ont fait la demande de voir un prêtre, et je ne pouvais pas refuser étant seul prêtre sur ce secteur ».

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Palais de justice de Mostaganem

 

De son courrier, j’extrais trois passages qui parlent du problème des dit « sans papiers » :

 

"Je vois donc pour le moment une dizaine de subsahariens qui sont tous des migrants, et la liste va s’allonger parce que je viens d’apprendre que de nouveaux subsahariens ont été arrêtés et affectés dans la prison de Mostaganem. Ils ont fui leur pays soit à cause de la famine ou de la guerre et ils sont, tous ces migrants, dans la grande ville d’Oran. On évalue à  2000 camerounais ceux qui sont dans cette vaste banlieue  et beaucoup d’autres de diverses nationalités que l’on pourrait appeler « sans papiers » et qui vivent de vrais galères. Alors il n’est pas surprenant qu’ils puissent parfois se retrouver en prison. Je les vois tous les 15 jours et nous prenons toujours un long temps de partage des nouvelles, puis un temps pour nourrir leur foi avec une page d’évangile. J’admire leur courage et leur foi. Je dois aussi faire l’agent de liaison entre eux et leurs familles. Ainsi l’un d’eux est du Nigéria et aujourd’hui j’ai eu un entretien par téléphone avec sa famille dont il n’avait pas de nouvelles, car ces détenus ne peuvent ni téléphoner ni à plus forte raison adresser de message par internet.

 

Tout récemment  j’ai rencontré un jeune avocat qui a défendu un des 10 dont je viens de vous parler. Il est venu me voir tout à fait consterné :   « Procès bâclé ; j’ai la conviction que mon client est innocent, mais c’est un « black » et il fallait un coupable. »  Il en a pris pour 10 ans ! Puis  tout à l’heure coup de tél en provenance de Tamanrasset : 3 parmi ceux que je connais ont eu une remise de peine (5 ou 6 jours à attendre dans cette ville avant qu’on les dépose à la frontière du Mali) mais ils sont là sans rien, sans argent, sans toit ! Je viens de leur envoyer des unités de téléphone qui vont leur permettre de se nourrir.

 

.  Ici les jeunes sans emploi sont nombreux et dans beaucoup de familles il y a eu des tentatives pour partir en petit bateau et joindre l’Espagne. On les appelle les « Harragas » et si certains arrivent à gagner l’Europe, un bon nombre soit sont arrêtés par les polices de  la mer, soit périssent en cours de leur voyage (il y a de redoutables tempêtes sur la méditerranée) Presque chaque semaine des corps sont retrouvés par les marins pêcheurs. Mes jeunes amis sont très  préoccupés par toutes ces tentatives de départ et ils sont souvent scandalisés de voir que quelques uns avant le départ divorcent abandonnant femmes et enfants pour être plus libre une fois en Europe en vue d’un mariage qui facilitera leur insertion et l’obtention des papiers."


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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 15:44

- « Mais vous savez de quoi il s'agit ? »

- « Mais oui, les Sans Papiers sont des hommes sans voix et vous, vous criez pour eux ! »


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Depuis 3 ans, Place des Terreaux à Lyon, des manifestants, hors des sentiers battus, se retrouvent une heure par mois. Je participe depuis le début à des « Cercles de silence ». Une banderole rappelle le sens de ce rassemblement : « Lyon, cercle de silence, soutien aux Sans Papiers... »

 

DSCN7206.jpg


Depuis quelques années, différents événements, comme l'alphabétisation et le catéchuménat, m'ont amené à connaître Samuel (prénom d'emprunt). Il porte avec lui la double peine parce qu'en plus de sa situation irrégulière, il est fortement handicapé (deux béquilles).

Un comité de soutien s'est formé autour de lui : aide matérielle, morale, financière et humaine... "Mon" heure de silence mensuelle avec d'autres croyants en l'homme (pour la dignité de toute personne) et en Jésus-Christ (option préférentielle pour les plus pauvres) est fortement marquée par Samuel. Je rumine l'Evangile du jour avec le vécu de Samuel. Derrière lui, j'élargis ma prière avec tous ces inconnus qui subissent cet exil forcé et ce mauvais accueil.

Alors, quelle joie quand je vois des passants accepter le tract proposé et se joindre quelques minutes au « Cercle ». Je me dis en moi-même que notre présence silencieuse touche l'intérieur et le cœur de quelques passants. En fait, dans un monde de rapidité, de bruit, de façade, notre présence originale interpelle parce qu'elle porte un message.

Un jour, à la fin de notre manifestation, quelqu'un s'approche pour avoir un tract. La personne militante à R.E.S.F (Réseau Education Sans Frontière), qui distribue les tracts, lui demande : « Mais vous savez de quoi il s'agit ? » La réponse est la suivante : « Mais oui, les Sans Papiers sont des hommes sans voix et vous, vous criez pour eux ! » Cet homme anonyme a tout compris. Il m'aide chaque mois à être fidèle à cette action en faveur de la dignité et du respect de tous ceux qui ont dû fuir leur pays d'origine.

Même si ce rendez-vous mensuel est relié à plus d'une centaine d'autres en France, je suis bien conscient des limites de cet engagement.

Par ailleurs je retrouve des « Sans Papiers » par l'intermédiaire de cours de français à la Croix Rouge. Une mère et sa fille me partagent des tranches de vie : « Nous avons dû payer 15000 € pour venir au nombre de 3 d'Arménie. Nous sommes en attente de régularisation, et, en ce moment, je n'arrive pas à dormir », me confie la maman !

Mon cahier de vie conserve toutes ces vies partagées dans la confiance. Celles-ci nourrissent ma prière. Notre vocation pradosienne nous donne la grâce d'être solidaire des plus pauvres. C'est aussi une exigence. Le Christ nous assure que nous ne serons jamais au chômage : « Des pauvres vous en aurez toujours avec vous ».

 

François CHABRILLAT

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  • Michel Durand
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  • Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf
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