Lundi 6 juillet 2009

Aujourd'hui, j'ai envie  de publier ce message signé par dix évêques. Il se glisse dans la suite des journées précédentes.


Rennes, le 19 juin 2009 ; 
Source : Archevêché de Rennes

Au jour où commence l'Année Sacerdotale proclamée par Benoît XVI à l'occasion du 150ème anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, le Curé d'Ars, nous nous adressons au Peuple de Dieu qui est en Bretagne et dans les Pays de la Loire, avec une estime particulière pour nos frères prêtres : leur vie est saisie par l'amour de Dieu.

Hier, en grand nombre, les prêtres ont accompagné les familles au long de leur histoire. Ils se sont engagés pour une solidarité plus évangélique et pour une éducation donnée à tous. Ils sont partis au loin en terre de mission. Ces prêtres ont tout donné. Âgés, ils demeurent des veilleurs dans la prière et continuent de rendre service. Nous sommes pleins de gratitude pour le sacerdoce qu'ils ont reçu et pour le don de leur vie, fidèle, discret et quotidien, au service de Jésus-Christ et de leurs frères et sœurs.

Aujourd'hui, nombreux sont les baptisés qui, avec les prêtres et les diacres, portent le souci de témoigner de la bonté de Dieu, Père de tous les hommes. Dans les paroisses, les aumôneries et les mouvements, prêtres et baptisés prient et partagent le trésor de la Parole de Dieu. Ensemble, ils accompagnent ceux qui désirent approfondir leur foi ou qui recommencent leur vie avec le Christ. Ensemble, ils accueillent ceux qui attendent la consolation dans l'épreuve ou qui cherchent un sens à leur vie. Ensemble, ils transmettent la foi aux enfants et aux jeunes, et vont vers les plus pauvres dans l'esprit des Béatitudes.

Aujourd'hui comme hier, les prêtres sont un don inestimable et nécessaire. Là où le bien-être matériel borne l'horizon, ils annoncent l'invisible qui est Dieu et l'espérance véritable qu'il suscite. Là où le mesurable et le rentable emprisonnent la vie, ils veulent être prophètes de la liberté et de l'amour authentiques. Là où les divisions détruisent les relations, ils offrent le pardon et ouvrent des chemins de réconciliation.

Hommes pris parmi les hommes, les prêtres connaissent leurs propres fragilités et s'appuient sur la grâce de Dieu. Les multiples visages qu'ils croisent façonnent leur cœur. Et ils se laissent façonner par Jésus-Christ qu'ils rencontrent en particulier dans l'Eucharistie et les autres sacrements. Dans les changements de notre société, les prêtres veulent être des pasteurs bons et compatissants, inlassables témoins de Dieu qui aime et sauve le monde.

Nous rendons grâce pour tous les prêtres, en particulier pour les prêtres diocésains qui, autour de leur évêque, forment le presbyterium. En mission sur un même territoire, la fraternité des prêtres est source de joies et d'élans apostoliques.

Aujourd'hui et demain, enfants, jeunes et familles, pauvres ou riches, malades ou bien portants, attendent un prêtre qui les écoute, les comprenne, réponde à leurs questions et leur parle en vérité de Dieu. Nos contemporains veulent entendre une parole de bonté et d'espérance qui stimule leur foi et leur intelligence pour leurs engagements dans la ville ou dans le monde rural, là où chacun vit et travaille.

À l'écoute de ces attentes, les prêtres ne cessent pas de s'adapter pour être toujours plus proches de leurs frères et sœurs. Car notre monde a besoin du ministère sacerdotal. Nous croyons que Dieu ne cesse d'appeler des jeunes à devenir prêtres à la suite et au nom de Jésus-Christ. Pour tous les baptisés et avec eux, ils seront totalement donnés à l'annonce de l'Évangile et de la joie qu'il promet à tous. Nous assurons de notre affection les cent séminaristes de nos diocèses.

En cette Année sacerdotale, chaque communauté chrétienne réfléchira sur le prêtre. Ainsi grandira l'estime du sacerdoce, don de Dieu. Ainsi viendra l'audace d'interpeller des jeunes afin qu'ils s'interrogent sur leur vocation. Oui, en Bretagne et dans les Pays de la Loire, les prêtres ont une mission magnifique : « le sacerdoce, c'est l'amour du Cœur de Jésus ».


Le vendredi 19 Juin 2009, en la solennité du Sacré Cœur de Jésus

Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo
Mgr Emmanuel Delmas, évêque d'Angers
Mgr Thierry Scherrer, évêque de Laval
Mgr Alain Castet, évêque de Luçon
Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans
Mgr Georges Soubrier, évêque de Nantes
Mgr Jean-Marie Le Vert, évêque de Quimper et Léon
Mgr Lucien Fruchaud, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier
Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes
Mgr Nicolas Souchu, évêque auxiliaire de Rennes

Par Michel Durand - Publié dans : Eglise - Communauté : Christianisme
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Dimanche 5 juillet 2009
Comme d'hab.... Vite sur le site de Saint-Polycarpe. C'est ici.


Ezechiel 2, 2 – 5 : 2 : L’Esprit vint en moi, il me fit mettre debout,


Psaume 122 ( 123 ) : nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu,


Deuxième Lettre de Paul aux Corinthiens 12, 7 – 10 : le Seigneur m’a déclaré : "Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse."


Marc 6, 1 – 6 : N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon


Par Michel Durand - Publié dans : Eglise - Communauté : Christianisme
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Mardi 30 juin 2009

Pourquoi ai-je repensé, ce matin, dans ma prière, à cet événement vécu il y a peut-être une dizaine d'années ? Je ne sais. 


Est-ce la vision, le désir d'une Église ouverte à tous et à toutes ? Est-ce la conviction que l'Esprit libère de toutes contraintes, que la foi en Jésus-Christ affranchit de toute tutelle légale ?

« Nous savons que l'homme n'est pas justifié par les œuvres de la loi, mais seulement par la foi en Jésus-Christ » (Gal 2,11ss).

C'était un dimanche après-midi ; un chrétien du quartier Saint-Paul, proche de Saint-Jean (où se trouvait l'espace Confluences) m'informe que les chevaliers du Saint-Sépulcre - à moins que ce ne soit l'ordre de Malte - interdisent l'entrée de la cathédrale à toutes personnes étrangères à leur mouvement. Je vais voir. Des barricades métalliques bloquent effectivement les entrées de la cathédrale Saint-Jean de Lyon sous le regard de la police nationale. Un service d'ordre interne aux Chevaliers refoule toute personne voulant entrer. Il devait être nécessaire de montrer un carton d'invitation. Les gens, touristes et visiteurs, s'indignent : « même quand il y a une messe, un mariage, on peut entrer ». « Dans l'Église, rien n'est secret »...


Je m'informe. Il s'agit d'une cérémonie strictement privée : des adoubements. Traduisons : l'entrée officielle dans l'ordre des chevaliers du Saint-Sépulcre. En fait, je demeure incertain de l'exactitude des mots employés.

J'argumente que dans l'Église catholique tout culte est public. Ils ne peuvent interdire la présence de quiconque. Je pousse la barrière. Le jeune du service d'ordre interne appelle des collègues qui viennent en renfort. J'insiste. Ils me retiennent des mains. Puis l'un me prend par la veste et aux épaules. Je pousse encore la barrière sentant que des personnes, dont l'ami qui m'a informé, s'associent à la démarche (somme toute symbolique) contestataire. Ils font alors appel à la police nationale (les CRS, je pense) présente sur place. En un premier temps, tous réitèrent l'interdiction d'entrée parce qu'il y a une cérémonie privée. Mon indignation augmente. Depuis quand la police est-elle au service de ce faux visage d'Église ? Profitant d'un relâchement, je saute par-dessus la barricade. On en vient vraiment aux mains. Les chefs de tout bord s'approchent. Je leur fais savoir : « Vous n'avez aucun droit à interdire l'entrée de l'église. Le sacristain, désormais informé, explique que je suis prêtre et qu'il me connaît bien. Cela crée un trouble dans la police qui finalement laisse entrer toutes les personnes présentes à ce moment précis. Le service d'ordre interne referme vite la barricade.

À l'intérieur, c'était la fin de l'adoubement. Robes longues noires pour les femmes, mantilles sur la tête. Costumes noirs, grande cape pour les hommes. Une autre époque, un autre monde. Des « personnalités » de la société qui obtiennent de l'Institution Église, de l'évêque, le droit de privatiser le bâtiment « église-cathédrale » à l'usage exclusif de leur rite, alors que, selon l'Évangile, rien n'est secret, rien n'est caché, tout doit être crié sur les toits (Mt 20, 26ss)

« Ne les craignez donc pas ! Rien n'est voilé qui ne sera dévoilé, rien n'est secret qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les terrasses ».


Pourquoi cet événement m'est-il revenu en mémoire ?

Je pense que c'est tout simplement à cause de la bonne place que, de plus en plus, les partisans de la fausse tradition obtiennent dans l'Église. Des coutumes religieuses, donc humaines, l'emportent sur le message évangélique. Dentelles, ceintures à franges, soulier à boucle, camail en peaux d'hermine (ou de lapin), col en celluloïd... deviennent prioritaires. Bientôt la barrette ecclésiastique soutenue par des hommes en longue cape blanche reviendra et l'on se réjouira du retour de la tradition. « L'Église retrouve ses rites ancestraux ! ».

 

Notre-Dame de Paris, mai 2008


Les évêques qui favorisent ce retour et se réjouissent de la présence des « traditionalistes » au sein de l'Église s'aperçoivent-ils que, loin derrière ceux et celles qui font claquer leur talon sur les dalles du temple, s'éloignent, nus pieds pour ne faire aucun bruit, une foule de personnes qui s'étaient réjouies d'avoir, un temps, osé franchir le seuil de l'Église ?

L'Esprit libère de la tutelle des fausses traditions.

« Donc, les pharisiens et les scribes l'interrogent : "Pourquoi tes disciples ne se comportent-ils pas suivant la tradition des anciens, mais prennent-ils leur repas avec des mains impures ?" Il leur dit : "Isaïe a bien prophétisé de vous, hypocrites, ainsi qu'il est écrit : Ce peuple m'honore des lèvres ; mais leur coeur est loin de moi. Vain est le culte qu'ils me rendent, les doctrines qu'ils enseignent ne sont que préceptes humains. Vous mettez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes." » Marc 7,5ss).

Je vois dans ce verset, l'étude d'Évangile à mûrir pour discerner de la vraie, la fausse tradition.


Ayant terminé cette page, je vous dois un aveu. Le matin dont il est question en première phrase, ce n'est pas ce matin, mais un matin de février 2009, pendant mon séjour à Djanet.

 

Par Michel Durand - Publié dans : Eglise - Communauté : Christianisme
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Dimanche 28 juin 2009

Comme d'habitude, rendez-vous sur le site internet de Saint-Polycarpe.

Aujourd'ui à l'étude : le regard de Jésus envers un notable religieux, chef de synagogue, Jaïre et une exclue de la Synagogue, la femme malade, l'hémoroïsse.

 


Par Michel Durand - Publié dans : Eglise - Communauté : Christianisme
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Mardi 23 juin 2009
La Croix de Pâques 2009 - FORUM :

Pietro de Paoli, écrivain (1)
 

Beaucoup, comme moi, ont été, ces dernières semaines, happés par un intense sentiment de tristesse et de fatigue. Cet état du cœur et de l'esprit m'a conduit à retrouver un passage qui m'avait fortement frappé lors de ma première lecture du Journal d'un théologien, d'Yves Congar. L'auteur y raconte comment au début de l'automne 1956, alors qu'il a passé les précédentes années à tenter de conserver le droit de publier et d'enseigner, il se retrouve « exilé » à Cambridge. Là, il fait l'expérience de la plus grande déréliction. Il est étreint par un immense sentiment de solitude, d'impuissance, d'inutilité, jusqu'à penser que sa vie est « ratée ».

Ainsi, au cours d'une promenade sous le ciel gris et bas de ce terrible fine english weather, comme disent nos amis britanniques, le voilà qui se laisse tomber sous un arbre, et dans la pluie fine et ininterrompue, il se « prend à pleurer amèrement (...) Dominus autem assumpsit me : ces larmes, Dieu ne les entendra-t-il pas ? » (2). Cet homme a 52 ans ; il est l'un des théologiens les plus brillants de son temps, il a résisté à l'épreuve de la captivité en Allemagne, et le voilà réduit aux larmes et au sentiment de faillite. Oui, l'Église peut faire souffrir, elle peut faire souffrir cruellement les meilleurs de ses fils et de ses filles.

Si je m'arrête à cet épisode poignant de la vie d'Yves Congar, c'est parce que la période de la vie de l'Église où elle se situe n'est peut être pas sans parenté avec la nôtre - du moins est-ce l'espoir que je nourris.

1956, c'est la fin du pontificat de Pie XII, et une période où il semble alors, au regard de tous les observateurs, que l'Église catholique est en plein « raidissement » doctrinal et disciplinaire. Depuis quasiment dix ans, les condamnations tombent sur les chercheurs, les théologiens, sur des initiatives comme celle des prêtres-ouvriers en France. C'est encore une fois une sorte de grande crise antimoderniste qui parcourt l'Église, en total décalage avec l'élan de liberté et d'énergie qui a saisi les peuples au sortir de la guerre.

Pourquoi regarder le futur cardinal Congar en pleurs sous son pommier ? Parce que précisément, il ne sait pas - et personne ne sait - qu'il va être appelé à jouer un rôle de tout premier plan dans le concile Vatican II, dont nul ne sait encore qu'il va être convoqué. Cet homme croit sa vie finie, et elle va commencer. Cet homme croit son travail intellectuel perdu ; il est seulement enfoui, comme le grain semé en terre, et nul ne soupçonne encore la moisson qu'il va donner.

En ces temps de chagrin, je me tourne vers le P. Congar, je me souviens que le temps des larmes doit aussi être celui des semailles.

Ce n'est pas une faute de pleurer au spectacle de notre Église qui se crispe, du moins dans les prises de position de quelques-uns de ses hiérarques. C'en serait une de baisser les bras. L'Église catholique n'appartient pas à Rome, elle appartient au Christ qui en est la tête, elle nous appartient à nous qui en formons le corps.

Dans cette perspective, les questions soulevées par le P. Congar - place des laïcs, collégialité, dialogue œcuménique... - sont encore d'actualité, parce qu'elles sont le moyen de rendre le grand corps de l'Église vivant et communicant. Communicant avec le monde pour lui annoncer l'Évangile, pour faire battre le tambour de la Bonne Nouvelle. Mais il y a de nouveaux défis ; mondialisation, répartition des ressources de la terre, sauvegarde de notre environnement. Il faut lever le nez ; ni les questions ni les réponses ne sont dans les missels. Elles ne sont pas non plus dans les dogmes. Elles seront peut-être dans le travail de l'intelligence et de l'amour, si nous consentons à le faire.

Je ne proclame ni un optimisme béat, ni une Espérance renvoyée à la consommation des temps. Aujourd'hui, et dans ce billet, je cultive un espoir raisonnable : celui que la crise dans laquelle nous sommes sera le prélude d'un grand souffle de renouveau, peut-être le deuxième souffle de ce Concile si décrié, quasi condamné par certains alors que sa mise en œuvre a à peine commencé, alors que nous avons à peine pris la mesure du trésor que les pères conciliaires nous ont laissé.

Pour cela, il faudra réussir à briser la grande folie égotiste qui nous traverse afin de redevenir vraiment catholiques. Car il est là, le véritable enjeu, revenir à la source de notre catholicité, c'est-à-dire la vocation universelle. « Allez, de toutes les nations, jusqu'aux extrémités de la terre... », voilà notre identité. Nous, catholiques, ne nous situons pas dans la logique d'un petit reste de purs et durs qui auraient à résister héroïquement à un monde hostile. Nous sommes des sangs mêlés, des métèques, citoyens du ciel et de la terre.

Oui, pleurons, puis séchons nos larmes, et occupons-nous de nos affaires : celles que Dieu nous confie, le soin et le souci de l'humanité tout entière.

 

(1) Dernier ouvrage paru : La Confession de Castel Gandolfo (Plon 2008).

(2) Journal d'un théologien, d'Yves Congar (Cerf, 2001), 419 p., 38,85 €.

 

 
Par Michel Durand - Publié dans : Eglise - Communauté : Christianisme
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