Jeudi 15 mars 2007
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N’est-ce pas céder à une mode que de se décider à créer son propre Blogue ?
Avec ce medium, je pense plutôt découvrir une ouverture vers des inconnu(e)s –futur(e)s ami(e)s- désireux(ses) de communiquer des avis essentiels. Les « billets » à échanger éclaireront, je l’espère, toutes personnes en quête de sens. En bref, un échange d’avis pour une quête de sens à la vie.Chrétien (ou essayant de demeurer fidèle aux Paroles de Christ), j’entretiens la conviction que le langage religieux aura toujours tendance à s’écarter de la bienheureuse annonce de Jésus, sa Bonne Nouvelle (Evangile). Aussi, pour que l’Institution “Eglise” rejoigne sa réalité d’“Assemblée” de Jésus, Verbe du Père, “Corps du Christ”, elle doit sans cesse se convertir. Dans les années 60, grâce aux réflexions des évêques réunis en Concile, on affirmait, dur débat, que l’Eglise est invitée à toujours se réformer. L’Église ? c’est-à-dire tous ceux et celles qui reconnaissent dans leur vie la force du baptême.De la nécessité du politique.Le fait que nous ayons bientôt des élections invite à réfléchir sur l’importance du politique. Des membres du Mouvement Chrétien des Cadres et des dirigeants du Loiret se posent la question : « Par endroits, on entend dire : "Pourquoi l'Eglise s'intéresserait-elle à la politique ?". "Ne serait-ce pas une remise en cause de la séparation des pouvoirs ?". "Jésus n'a-t-il pas dit qu'il fallait rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ?" » Voir le blog du MCC du Loiret.Personnellement, je pense que cette question n’a pas lieu d’être. L’engagement au service de son voisin est une nécessité. Il ne peut y avoir de séparation entre l’adhésion à Dieu et la reconnaissance de la dignité de son concitoyen de la planète Terre.Matthieu 5, 43-46 : « Vous avez entendu qu'il a été dit : «Tu dois aimer ton prochain et haïr ton ennemi.» Eh bien, moi (Jésus) je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. Ainsi vous deviendrez les fils de votre Père qui est dans les cieux. Car il fait lever son soleil aussi bien sur les méchants que sur les bons, il fait pleuvoir sur ceux qui lui sont fidèles comme sur ceux qui ne le sont pas. »Les évêques de France ont publié un texte allant dans ce sens : Qu’as-tu fait de ton frère ? Sans être un groupe de pressionLes chrétiens (l’Eglise) ne forment pas de groupes de pression agissant comme le font dans les couloirs du pouvoir les professionnels de l’économie, (lobby, lobbies). Ils tentent de modifier le cours des évènements en travaillant à la racine des consciences. On peut pourtant se questionner sur les pratiques de quelques groupes, par exemple l’Opus Dei.Tous les secteurs du quotidien sont concernés : travail – repos – voyage – loisirs – culture - environnement – pays riches et pays pauvres – santé – famille – affectivité – amour – fécondité - éducation …autant de sujets sur lesquels j’aimerai bien, au cours des semaines, échanger avec vous en toute liberté.Ce n’est pas le dogme qui compte avant tout. Mais, en première ligne se trouve notre libre perception de l’universel message d’Amour du Créateur de toutes choses. Il est à souhaiter que cette découverte personnelle ne s’oppose pas au contenu dogmatique. En ce sens, n’oublions pas une devise régulièrement pratiquée à Confluences, association pour la promotion d’un temps libre édifiant : « fidèle à la rectitude de sa conscience, ce que l’homme découvre par lui-même quand il est ému par la beauté ne s’oppose pas à ce que Dieu dit de lui dans sa révélation ».Ma réflexion dépend sans aucun doute des multiples rencontres et lectures que je peux faire, lectures choisies en fonction de mes intérêts et convictions. Jean-Luc Macia, dans l’éditorial de la Croix du mardi 6 mars 2007, écrit : « Le nombre des personnes se déclarant catholique, on le sait, continue de diminuer. Il est possible que les premiers à quitter le giron du catholicisme fassent partie des “progressistes” que l’Eglise a patiemment conquis pendant le première moitié du XXe siècle, notamment à travers les actions de l’ACO, de la JOC ou de la CFTC. La part des partisans de la gauche se restreindrait ainsi parmi la population catholique ». Cette hypothèse demande à être confirmée ou infirmée , surtout il convient d’élucider et de dire clairement ce qui provoque des départs qui se pratiquent souvent, comme en le dit, sur « la pointe des pieds », alors que le visage d’une Eglise affirmant son autorité et sa vérité est tendance. Plus que l’affirmation : qui peut prétendre connaître Dieu ? c’est la recherche qui est sur le sentier du vrai.
Par Michel Durand
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Vendredi 16 mars 2007
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13:59
On me pose la question : qu'entendez-vous par Église ?
Quand je parle d'Eglise, je pense avant tout à l'Église du Christ, à l`Eglise corps du Christ qui transcende vraiment toute Institution. Aussi, j'espère que vienne vraiment l'Eglise universelle, icône (image) de l'Amour de Dieu pour tous les hommes.
Je pense que l'Eglise c'est plus l'ensemble des baptisés conscients de leur baptême, et de leur mission auprès de leurs voisins, qu'une Institution. Mais voilà que, tenté par un repliement identitaire, nous majorons l'Institution au détriment du « Corps mystique du Christ ». Effectivement, l'Eglise ne créera son universalité qui si elle s'ouvre à tous, sans limite sociale, ethnique ou autre : « Et nous tous, Juifs ou non-Juifs, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps par le même Esprit Saint et nous avons tous eu à boire de ce seul Esprit » (1Co 12 13).
J'appartiens à la traditionnelle Eglise catholique romaine dont je pense qu'elle doit sans cesse mettre en oeuvre ce qu'elle a découvert au deuxième concile du Vatican : l'Eglise doit toujours se réformer.
Par Michel Durand
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Lundi 19 mars 2007
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18:35
Ci-dessous l'homélie prononcée dimanche dernier (18 mars 2007). J'ai réalisé un lien entre désobéissance (voir texte précédent), magistère et Parole du Dieu-Père pardonnant
Livre de Josué : 5. 10 à 12 : "Ils mangèrent les produits de la terre."?
Psaume 33 : "Un pauvre crie, le Seigneur entend."?2ème lettre de saint Paul aux Corinthiens : 5. 17 à 21 : "Il nous a donné de travailler à cette réconciliation."?Evangile selon saint Luc : 15. 1 à 32 :"Quand ton fils que voilà est arrivé... ton frère qui était mort ..."
Je ne peux commencer l'homélie de ce jour sans évoquer l'exhortation Apostolique post-synodale sur l'eucharistie source et sommet de la vie et de la mission de l'église que le pape Benoît XVI vient de publier. Les recommandations de ce texte, qui ont valeur d'obligation, reprennent pour l'essentiel les propositions d'un synode des évêques du monde entier réunis en octobre 2005. Ce deuxième document majeur, comparé au premier (portant sur l'amour et la charité) est très disciplinaire.Nous pourrions nous réunir pour en discuter ; j'attends vos propositions. Il déçoit beaucoup de chrétiens tant du côté de ceux qui veulent une ouverture que de ceux qui souhaitent revenir à une tradition tridentine (Concile de Trente) ou baroquisante des XVII et XVIIIe siècle).Avec les chrétiens je me pose la question : Quelle est l'obéissance due par les catholiques au magistère de l'EgliseLe magistère de l'Eglise n'est pas au-dessus de la Parole de Dieu ; il n'a pour but que de l'expliciter et a donc une autorité moindre. Par "magistère", il faut entendre ce service original du pape et des évêques qui consiste à "interpréter de façon authentique la Parole de Dieu, écrite ou transmise", sans prétendre se substituer à elle (Vatican II, Dei Verbum, N° 8).Ecoutons la Parole de Dieu.Dans les premiers versets du texte que je viens de proclamer, deux types de personnes sont en présence.En premier des pécheurs, des publicains qui sont en marge de la communauté. Ils ne peuvent prétendre à la plénitude de la vie de la communauté parce que leur situation professionnelle, familiale, ethnique (ou autre) est incompatible avec la loi religieuse en vigueur.Or Jésus est avec eux. Il leur parle, mange avec eux, prend du temps pour rester auprès d'eux. En effet, ces exclus de la religion « venaient tous à Jésus pour l'écouter ». Ils ne cherchent pas une couverture morale. Ils veulent s'abreuver de vérité. Et nous savons que Jésus « est venu pour les pécheurs et les malades ».Cela choque ceux qui sont dans la juste ligne de la morale :« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! »Ce sont des Pharisiens et des scribes, des gens honnêtes, qui, à chaque instant et dans les moindres détails de la vie quotidienne, s'efforcent de plaire à Dieu. Ils ont une haute idée de la sainteté de Dieu et pensent que seule la personne rituellement sanctifiée peut se recommander de Dieu. Si donc Jésus est de Dieu, il ne peut côtoyer les pécheurs.Jésus connaît et comprend leur enfermement. Il ne peut les affronter de face. Ce serait peine perdue. Alors, il utilise le biais de la parabole. Ici, la parabole de l?enfant prodigue qu'il serait plus juste d'appeler la parabole du Père aimant.Prodigue est un adjectif qui qualifie les personnes qui dépensent exagérément. Il s'emploie également au figuré dans le sens de « qui donne abondamment ». Par exemple, l'héritier prodigue a dilapidé la fortune de ses parents. Tel est le cas du jeune de ce récit qui pour faire la fête dépense toute la part d'héritage qui lui revient. Ayant faim et se retrouvant dans la misère, il repense à son père. C'est vraiment ingrat et pas moral du tout.9 versets sont consacrés à cet épisode du fils.12 versets concernent la joie du père d'avoir retrouvé son fils.Il n'est pas nécessaire de commenter le récit de la parabole car elle est simple à saisir ; elle appartient à notre comportement banalement humain. Le fils aîné qui n'a rien à se reprocher ressemble bien à nos jalousies quand on dit, par exemple à son frère ou à sa soeur : « ce n'est pas juste, il a reçu plus que moi alors qu'il a moins mérité que moi ; c'est quand même moi qui ait fait tout le travail ! ».Tout l'objet de la parabole porte sur la miséricorde du Père. Et j'emploie ici un P majuscule pour bien signifier que la Père en question est l'image de Dieu. Il est ce Père qui aime ses fils sans aucun calcul. Il dit à chacun « tout ce qui est à moi est à toi ». Il ne sollicite pas du fautif une quelconque confession. En effet, il n'a pas besoin d'explication car il comprend très bien que le seul fait d'être présent est pour son fils perdu le regret d'avoir ainsi agi. Sans tarder faisons la fête « car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ».Avec ce Père, Dieu il n'est question que d'amour gratuit... Nous pourrions ici reprendre la première exhortation de Benoit XVI sur l'Amour : Dieu est Amour. Amour miséricorde, Amour qui engage l'aimé à modifier sa vie dans le sens de la perfection. Tout cela, le fondement de l'Evangile, est bien plus important que d'apprendre le latin au séminaire, non pour étudier de Saint Augustin, mais pour prononcer la liturgie eucharistique :De façon plus générale, je (Benoit XVI) demande que les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, soient préparés à comprendre et à célébrer la Messe en latin, ainsi qu'à utiliser des textes latins et à utiliser le chant grégorien; on ne négligera pas la possibilité d'éduquer les fidèles eux-mêmes à la connaissance des prières les plus communes en latin, ainsi qu'au chant en grégorien de certaines parties de la liturgie.Méditons plutôt ceci : c?est la reconnaissance de nos faiblesses, le regret de nos fautes qui nous conduisent vers Dieu-Père et nous engage à mettre nos pas dans ceux du Christ.« Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils ».Tel est notre prière pour ce temps de carême. Nous en reparlerons lors de la liturgie de la réconciliation.
Par Michel Durand
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Jeudi 29 mars 2007
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Je viens de recevoir – campagne d’abonnement - un exemplaire de la revue : « Serviteur » (servir ceux qui servent) qui se donner comme mission de « préparer l’Eglise qui vient ». Le ton des textes de ces 24 pages m’a rappelé une phrase du bulletin officiel « Eglise à Lyon » de janvier 2007. Il y est question de la traditionnelle et populaire journée du 8 décembre. Les missionnaires du 8 « Merci Marie » reçoivent la
« rappeler la dimension chrétienne de cette fête au cœur de la « fête des lumières » en voulant « souligner la pertinence de la foi chrétienne pour aujourd’hui ». Rien que de plus louable. Mais, ne lit-on pas leurs regards sur les générations précédentes quand ils écrivent : « Après des années où les mots “mission”, “évangélisation”, semblaient avoir disparu du vocabulaire chrétien, les voici remis au goût du jour. » Enfin, ces jeunes missionnaires du 8 annoncent que l’on a heureusement pris conscience que Lyon est une « terre de mission » ce qui est en phase avec la « nouvelle évangélisation » mise en place par Jean-paul II. Le dossier de « Serviteur » signé par l’élégant Bertrand de Castelbajac montre des orientations similaires. Il pense que les médias manque d’objectivité quand ils parlent de la vie des apôtres chrétiens du milieu du XXe siècle. Ils ne pourraient montrer qu’avec « une certaine nostalgie l’importance de l’engagement militant dans les décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale ». Pour lui la générosité de ces militants ne peut être qu’ « un peu brouillonne ». Fini le temps où « l’assurance de travailler à l’avènement d’un avenir plus beau était la meilleure des récompenses » ! Ce qu’il faut pour aujourd’hui, c’est de ne pas déplorer que « les temps ont bien changé ». Il faut se professionnaliser et galvaniser (tâche, semble-t-il, de Serviteur) la professionnalisation : « L’efficacité remplace le dévouement au titre de valeur phare ; car pour fonctionner, l’univers associatif a besoin de fonds, et les bailleurs qui les allouent réclament des résultats tangibles et rapides. »Par crainte que les anciens oublient le rôle enjoliveur de la mémoire, Bertrand de Castelbajac rappelle qu’il faut se méfier du mirage d’un « avant très supérieur à la plate réalité contemporaine ». Pourtant, les générations à venir ne doivent avoir aucune crainte. « Néanmoins, poursuit-il, l’émergence depuis la fin des années 70 d’un nouveau modèle d’engagement est indubitable. Les idéologies s’effacent peu à peu au profit de la technique ; les combats politiques cèdent la place à une action sociale plus neutre et consensuelle ».Attention ! que ce jeune Bertrand se méfie de la génération qui monte derrière lui. Elle lui montrera toute l’idéologie techniciste de ses positions teintées de marketing, de coaching, de managment.Qui est promoteur de cette revue et de « Ecclesia RH » ? La meilleure réponse à ma question, la plus rapide, réside, objectivement, dans une visite à leur site ; Ecclesia RH, le site des salariés, des employeurs et bénévoles de la communauté chrétienne.Il y a, qui peut en douter ? beaucoup de compétences dans les RH. Je suppose aussi que, dans les groupes de bénévoles qui entourent les cadres de l’institution Eglise, il y a de grandes valeurs professionnelles. Pourtant, l’Eglise étant plus une communauté universelle réunie par le Christ qu’une entreprise commerciale, je demeure persuadé que la présence de syndicalistes apporterait une autre couleur fraternelle. Je dis cela parce qu’il me semble que de nombreux conseils sont composés de notaires, d’agents immobiliers, de banquiers, des personnes qui sont plus proches du patronat et qui ne connaissent pas les problèmes vécus, par exemple, par un petit commerçant qui doit se défendre devant les exigences de son propriétaire. Les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres. Pour éviter les entorses en ce domaine, Jésus recommande de prendre le parti des plus petits de la société. Mais tout cela relève, assure-t-on, de l’idéologie.Bertrand de Castelbajac note que Ecclesia RH a analysé les inévitables fractures générationnelles au sein des associations. Tout doit-il se penser en inéluctables conflits de générations ? Je pense que la question est plus profonde et me demande quand l’Eglise ne sera plus aux mains des puissances financières. mission de
Par Michel Durand
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Vendredi 6 avril 2007
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11:22
Jeudi Saint
Je n'ai pas beaucoup de temps, ces jours à consacrer à mon blogue ("gue", j'y tiens, c'est quand même plus français). Je vous invite à lire le texte de mon homélie de ce jeudi saint dont voici un extrait :
Comment accueillir en nous le Christ ?
Voilà la grande question que nous devons nous poser.
« A quoi devons-nous, dans notre communauté humaine et ecclésiale, renoncer pour accueillir l?immense nouveauté du Christ ?
Ou encore :
Qu?est-ce qui doit recommencer pour que commence, chez nous, la venue du Seigneur ?
Et je me pose ces questions sans aucune abstraction. Les élections que nous préparons sont directement concernées par notre accueil de Dieu en Christ.
Jeudi-Saint. Qu?est-ce qui se commence autour de cette table festive alors que Jésus exprime qu?il a vraiment désiré prendre, dans la joie, ce dernier repas avec ses disciples les plus proches, les Douze apôtres. Qu?est-ce qui se commence à la dernière cène ?
La Passion, bien sûr, comme nous allons le rappeler, demain (vendredi saint), devant le corps du Christ mort, exposé à notre contemplation. Nous méditerons sur les souffrances mortelles du Christ qui se demande dans le jardin des oliviers, au plus noir de ce vendredi, pourquoi Dieu l?abandonné. Or, dans cet abandon commence aussi le peuple nouveau ; un peuple qui prend naissance dans la communion au Christ abolissant dans l?humanité entière toute sorte de division.
Abandon ? renaissance.
A quoi devons-nous mourir pour que naisse le monde ?�
Surtout, je vous adresse un poème qui m'as été donné, dans le cadre ce blogue, par Jacques Lancelot, prêtre, qui a vécu en Amérique Latine, secrétraire du CEFAL (Comité épiscopal France - Amérique Latine).
Il prit le pain… et le tablier de service
St Jean, dans son Evangile, ne relate pas l’institution de l’Eucharistie. Il met à la place le lavement des pieds. L’Eucharistie a donc une dimension de service, une dimension sociale. Le service du frère fait partie de l’Eucharistie. J’ai voulu relier les deux.
Jésus, au cours du repas, le Jeudi Saint,
s’est levé de table, a déposé son vêtement.
Il prit un linge, versa de l’eau dans un bassin
et commença à laver les pieds de ses disciples.
Jésus, à cette même table, au cours du même repas
prit le pain, rendit grâce et le partagea avec ses disciples
en disant : « Ceci est mon corps ! »
Aujourd’hui, Jésus prend le pain
et me le donne en nourriture.
Il prend ensuite le tablier de service
et me le passe à la ceinture.
Avec ce Pain, Seigneur Jésus, viens nourrir en nous la force d’aimer !
Et chaque matin, viens nouer à notre ceinture, le tablier de service.
Nous sortirons alors et travaillerons à humaniser un morceau de notre monde.
Ton Esprit le divinisera et en fera ton Corps et ton Sang consacrés.
Mais en attendant
Je te vois Jésus, sous les traits des immigrés.
Ils le sont, comme toi en terre d’Egypte, tu l’as été.
Ils courent le monde en quête d’une terre plus hospitalière
que celle qu’ils ont laissée dans l’insécurité ou la misère.
Terre qui, pourtant leur était si chère !
Les portes de nos pays leur sont fermées
Mais avec l’énergie du désespoir, obstinés,
ils entrent... la peur au ventre,
avec pour seule richesse, quelques bonnes adresses.
Ils frappent, et là,
des hommes, des femmes les reçoivent, en tablier de service.
Ils ont même commencé d’apprendre le russe, l’arabe et l’anglais,
pour les accueillir dans leur langue et débroussailler leurs papiers.
Je te vois Jésus, sous les traits des prisonniers.
ils le sont aujourd’hui, comme tu l’as été.
Privés de liberté, ils ont soif de visites et de respect.
Et je vois des hommes et des femmes,
paisibles et sereins qui se sont avancés,
ils ont noué le tablier de service et sont entrés,
cette semaine encore, rendre visite à leurs frères prisonniers.
Prenez et mangez
Ils sont mon corps.
Par Michel Durand
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