Politique

Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /2007 13:49
Imaginez qu'une personne de votre connaissance s'approche de vous dans la rue pour vous dire sa triste situation. A bout de ressources, elle n'a plus d'autres solutions que de gagner son repas en l'échangeant avec son corps. C'est de la prostitution.
Comme vous connaissez cette personne, vous ne restez pas indifférent à sa détresse. Vous l'invitez chez vous et quand vous comprenez qu'elle n'a plus de logement, puisque vous la connaissez, vous lui donnez un coin pour dormir. Rien que du banal entre connaissances. Le dialogue remet en place les idées. Une solution se présentera obligatoirement. En bref, par le regard d'amitié que vous avez posé sur votre ami(e), une alternative progressivement deviendra évidente. La prostitution n'est pas une fatalité.
Certes, il faut du discernement dans le dialogue avec des personnes en difficulté. Si l'on agit seule, on risque de se tromper. Aussi le rencontre avec les associations compétentes est une prudente nécessité.
Ayant dit cela, je m'interroge sur les nombreuses chambres libres qui se trouvent dans les maisons d'Eglise, les paroisses, les couvents, les maisons de formations... Pourquoi n'offriraient-elles pas une pièce à qui est sans domicile ? une place à qui doit se prostituer pour payer ses amendes et qui n'a d'autres lieux pour dormir que son véhicule de "travail". Ces questions me sont venues au cours d'une rencontre avec les membres du Nid.



Par Michel Durand - Publié dans : Politique
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Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /2007 18:10
Voici, ci-dessous, un bref échange dans la ligne de ces pensées sur l’Eglise.
Michel Durand : Ma réflexion dépend sans aucun doute des multiples rencontres et lectures que je peux faire, lectures choisies en fonction de mes intérêts et convictions. Jean-Luc Macia, dans l'éditorial de la Croix du mardi 6 mars 2007, écrit : « Le nombre des personnes se déclarant catholique, on le sait, continue de diminuer. Il est possible que les premiers à quitter le giron du catholicisme fassent partie des "progressistes" que l'Eglise a patiemment conquis pendant le première moitié du XXe siècle, notamment à travers les actions de l'ACO, de la JOC ou de la CFTC. La part des partisans de la gauche se restreindrait ainsi parmi la population catholique ». Cette hypothèse demande à être confirmée ou infirmée , surtout il convient d'élucider et de dire clairement ce qui provoque des départs qui se pratiquent souvent, comme en le dit, sur « la pointe des pieds », alors que le visage d'une Eglise affirmant son autorité et sa vérité est tendance. Plus que l'affirmation : qui peut prétendre connaître Dieu ? c'est la recherche qui est sur le sentier du vrai.

Jonathan : Les fidèles de gauche ? pour eux c'est dur... surtout s'ils sont Socialistes, il leur faut voter pour quelqu'un qui revendique ne pas croire en Dieu ! Je pose d'ailleurs la question sur mon blog, un chrétien peut-il voter pour un incroyant ? J'ai fait une expérience avec Jésus-Christ. Tout le monde peut la faire... même dans l'intimité de sa chambre. Il suffit de se reconnaitre pécheur devant Dieu, de lui demander pardon, et de recevoir Jésus dans son coeur comme son Sauveur et son Seigneur. J'ai reçu une telle joie et une telle paix, que je ne puis douter de lui.
   
Un Lyonnais : L'Eglise ne peut pas garder son universalité si elle devient uniquement fréquentée par des personnes sociologiquement homogènes, en l'occurence la bourgeoisie de droite. La grâce de l'Esprit est de permettre à des personnes différentes de communiquer autour de la table dressée par le Christ malgré leurs différences et en s'enrichissant mutuellement de ces dernières. La « ghettoisation » de l'espace et la fragmentation de la société conduit des zones entières à être déchristianisées, notamment les secteurs habités par des populations modestes. La bourgeoisie qui a vu germer en son sein de grandes vocations n'a pas le droit de choisir le repli communautaire, et devrait envoyer des laïcs missionnaires dans les paroisses les plus en difficulté.
Par Michel Durand - Publié dans : Politique
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /2007 17:09
Nous étions douze, hier soir, à débattre autour d'une table garnie de mets provenant, ce soir-là, de l'Est de l'Europe Centrale. Nous parlions, sans romantisme, de l'accompagnement des "sans papiers". De fil en aiguille furent évoqués les « sans domicile », les « sans travail », les « sans droit ». L'absence, désormais évidente, de culture syndicale efficace rend difficile une action concertée. Ainsi on constatait que le soutien des "sans papiers", malgré toutes les prises de parole dans la presse écrite et orale, n'a pas de répercussion dans les syndicats : « On n'en parle jamais dans mon syndicat ».
L'individualisme pèse lourd sur les situations où chacun ne pense qu'à tirer individuellement son épingle du jeu.
André Talbot saisi bien les conséquences négatives de l'individualisme quand il écrit : « Si la montée actuelle de l'individualisme induit des fragilités pour la vie personnelle, elle a aussi des conséquences sur la vie commune organisée dans le cadre politique. Aujourd'hui, les solidarités effectives ont tendance à privilégier des liens partiels et corporatistes : on s'unit pour un temps limité, de manière à promouvoir plus efficacement un type d'intérêt particulier. Mais de telles pratiques fragilisent notablement le lien social et toutes les relations instituées dans un ensemble politique » (Dans Albert Rouet, Un nouveau visage d'Eglise, Bayard, 2005, p. 210).
L'action concertée inscrite dans la durée se raréfie. Comment alors, à la racine du politique, changer les mentalités pour qu'elles correspondent davantage aux besoins humains actuels ?
Nous regrettions donc la force du mouvement syndical qui, dans les siècles précédents, a rendu aux ruraux venus émigrés dans les quartiers miséreux des villes, toute leur dignité humaine.
Souvent on entend ce témoignage : « Je n'ai pas voulu me mettre en désobéissance par rapport à la Loi. Je me suis tout simplement retrouvé dans cette situation, sans m'en rendre réellement compte. Ce n'est qu'après que j'ai réalisé. Soutenir une personne « sans papier » en la recevant chez moi m'a paru tellement évident que je n'ai pris conscience qu'après des conséquences que la dite désobéissance civile comportait ».
Le Service de Communication de l'Eglise de Lyon a réalisé un dossier sur ce sujet. Il y est considéré que la désobéissance civile, ou civique, relève d'une nouvelle forme de lutte : « Les formes de contestation actuelle que nous observons à travers les combats des « sans » : sans papiers, sans logement, sans travail, traduisent clairement l'émergence de nouvelles formes de lutte que l'on traduit souvent par désobéissance civile ou désobéissance civique ou encore désobéissance citoyenne ».
J'ai lu avec plaisir ce dossier. Et je vous invite à prendre le temps nécessaire pour profiter de cet apport.
Surtout qu'il n'est pas seulement question de désobéissance civile par rapport à la loi d'un Etat. Plusieurs paragraphes sont, en effet, consacrés à l'objection de conscience vis-à-vis du magistère de l'Eglise. Ils profitent de l'apport de la réflexion d'une équipe de chrétiens de la paroisse de la Sainte-Trinité du Perreux-sur-Marne (diocèse de Créteil).

Notons :
A la paroisse Saint-Polycarpe (Lyon) sera bientôt organisé un débat (ouvert à tous) sur la désobéissance civile. Il suivra un reportage d'une heure sur ce sujet.
Par Michel Durand - Publié dans : Politique
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Lundi 16 avril 2007 1 16 /04 /2007 19:48
Dimanche prochain : séance de vote.
Et on dit qu’il y a encore de nombreux indécis.
C’est qu’il faut reconnaître que le choix est difficile.
Ce choix dépend bien évidemment de la hiérarchisation des valeurs.
Si je place en tête de liste : la famille, les enfants, le droit à la vie… je vais être invité à miser pour un candidat que la tradition démocratique placerait plutôt à droite.
Si je place au premier rang des valeurs inaliénables la fraternité, la juste solidarité, mon regard inclinera plutôt vers la gauche.
Me voilà bien malheureux parce que sur la plus haute place du podium se trouve en même temps droit à la vie en famille et droit à la vie pour toute l’humanité.
Le partage universel d’une Terre qui n’appartient pas aux pays riches demande l’acceptation d’un mode de vie autre, plus sobre, vie simple sans esprit de concurrence. Mais qui efficacement peut interroger le néolibéralisme économique alors que tous veulent toujours un plus matériel sans se préoccuper du manque à gagner humain ?

Dans ma consultation sur le filet virtuel j’ai sélectionné le site de chrétiens en monde rural je vous invite à lire particulièrement le dossier de l’Eglise à Poitiers : Chrétiens et Politique. Il est amusant, bien que cela prenne du temps, de remplir la grille proposé par le CMR.


« La situation internationale est préoccupante. La violence naît des injustices criantes soulevées par une globalisation rapide, des refus de l’autre, du nivellement des cultures. Les phénomènes croissants de migration résultent de ces déséquilibres : ils demandent d’être traités par accord entre états dans le cadre d’un développement cohérent, la paix naît du respect de l’autre et de la justice.

C’est en fonction de ces enjeux qu’il importe de juger de la valeur de nos choix, et de chercher ce qui mérite de grandir. Parmi les programmes présentés, les résultats des élections indiquent la direction et les buts que doivent servir les représentants élus. Ces élections donnent légitimité à ceux qu’elles mettent en avant. Voter demande donc de s’informer soigneusement et avec discernement.
Pour conclure, trois questions résument les principaux enjeux des prochaines échéances :
- Quelles qualités du vivre-ensemble promouvoir, afin de reconnaître chacun dans sa dignité ?
- Quelles orientations sociales et économiques soutenir afin de favoriser, chez nous et dans les relations extérieures, la cohésion de la société et un juste équilibre entre les peuples ?
- Quel avenir et quel environnement préparer pour demain ?
Alors, au-delà des légitimes diversités, les élections retrouveront un sérieux digne de la vie démocratique. Chacun est invité à examiner lucidement ses motivations, et à réfléchir avec d’autres.
Le droit de vote fut, en notre pays, un long combat. Il le reste encore aujourd’hui pour beaucoup d’hommes, du moins pour obtenir des élections libres et honnêtes. Une longue tradition de vie démocratique nous donne le devoir de poursuivre et de la faire progresser. Voter en est une expression qui prendra sa pleine signifi cation si cet acte s’inscrit dans une volonté de fraternité. La politique y trouvera une expression de sa dignité : établir de justes relations entre les hommes. »
† Albert Rouet
Archevêque de Poitiers
Par Michel Durand - Publié dans : Politique
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Mardi 17 avril 2007 2 17 /04 /2007 10:49
Je reçois un texte de Sébastien Giorgis, il se place dans les études portant sur la décroissance.
Qu’en pensez-vous ?

Sept thèses en guise de conclusion
 
Les analyses partielles qui forment cet essai ont permis d’aboutir à quelques conclusions. Je vais essayer de les énoncer succinctement sous forme de thèses, puis de leur donner une illustration utopique.
 
1. La crise actuelle du capitalisme a pour causes un surdéveloppement de capacités de production et la destructivité, génératrice de raretés insurmontables, des techniques employées. Cette crise ne peut être dépassée que par un mode de production nouveau qui, rompant avec la rationalité économique, se fonde sur le ménagement des ressources renouvelables, la consommation décroissante d’énergie et de matières.
 
2. Le dépassement de la rationalité économique et la décroissance des consommations matérielles peuvent être réalisés par hétérorégulation technofasciste, aussi bien que par l’autorégulation conviviale. Le technofascisme ne sera évité que par une expansion de la société civile qui, à son tour, suppose la mise en place de techniques et d’outils permettant une souveraineté croissante des communautés de base.
 
3. Le lien entre « plus » et « mieux » est rompu. « Mieux » peut être obtenu avec moins. On peut vivre mieux en travaillant et consommant moins, à condition de produire des choses plus durables  qui n’engendrent ni nuisances ni raretés insurmontables dès lors tous y accèdent. Seul mérite d’être produit socialement ce qui reste bon pour chacun quand tous en jouissent – et inversement.
 
4. La pauvreté dans les pays riches a pour cause non pas l’insuffisance des productions mais la nature des biens produits, la manière de les produire et de les répartir. La pauvreté ne serra supprimée que si on cesse de produire socialement des richesses rares, c’est-à-dire réservées et exclusives par essence. Seul mérite d’être produit socialement ce qui ne privilégie ni n’abaisse personne.
 
5. Le chômage dans les sociétés riches reflète la diminution du temps de travail socialement nécessaire. Il montre que tous pourraient travailler beaucoup moins à condition que tous travaillent. L’égale reconnaissance et rémunération sociale de tous les travaux socialement nécessaires est la condition à la fois de la suppression de la pauvreté et de la répartition du travail sur tous ceux qui y sont aptes.
 
6. Le travail social étant limité aux productions socialement nécessaires, la réduction du temps de travail pourra aller de pair avec l’expansion des activités autogérées et libres. En plus du nécessaire qui leur est assuré par la production sociale, les individus pourront créer durant leur temps libre, seuls ou collectivement, tout le superflu qui leur paraît désirable. La production d’une variété illimité de biens et services dans les ateliers et coopératives de voisinage assurera l’expansion de la sphère de la liberté et le dépérissement des rapports marchands ; l’expansion de la société civile et le dépérissement de l’État.
 
7. L’uniformité du modèle de consommation et de vie disparaîtra en même temps que les inégalités sociales. Les individus et les communautés se différencieront et diversifieront leurs styles de vie au-delà de ce qui est aujourd’hui imaginable. Leurs différences seront toutefois le résultat des emplois différents qu’ils feront de leur temps libre et non de l’inégalité des rémunérations sociales et des pouvoirs. Le déploiement des capacités autonomes durant le temps libre sera la seule source des différences et des richesses.
 
Pour illustrer ces thèses, voici une utopie parmi d’autres possibles. Les thèses ci-dessus peuvent recevoir des traductions différentes de celle qui est ici suggérée. Elle n’a d’autre but que de libérer l’imagination quant à ce qu’il est possible de faire pour changer la vie. “

André Gorz, dans “Ecologie et liberté” en 1979 !
Je vous conseille de (re)lire ce petit essai de 114 pages, (ed. Galilée), très clairvoyant et perspicace dans l’analyse de ce monde naissant dans lequel nous sommes “en plein” aujourd’hui. Une seule (grosse) fausse note, son “utopie” finale est un remake de 1984 (Orwel), à faire froid dans le dos (ou sourire) sauf que pour Gorz, ça n’est pas une allégorie ni de l’humour...
Sébastien Giorgis
Par Michel Durand - Publié dans : Politique
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  • Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf
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