Samedi 4 juillet 2009
Après avoir lu dans le trimestriel de Confluences deux articles également publiés dans ce blogue, Geneviève Cornu m'écrit :

Depuis les dérives de l'Eglise et de sa hiérarchie, j'avais tiré l'échelle.

Contrairement à ce qu'écrit Joël Arlin, je ne pense pas que le pape et l'Opus Dei et les autres de la même espèce soient "devenus fous". Ils suivent une logique dont le but est de revendiquer le rôle politique du religieux : ils rêvent de devenir des ayatollahs chrétiens. On voit quels sont les résultats d'une telle vision de par le monde.

Tous ces méchants qui se cachent derrière le masque d'une morale rigide, ont pour l'instant un ennemi commun qu'ils veulent abattre : la laïcité. Et quand ils auront repris les manettes dans les zones d'influence du pouvoir, ils se diviseront en conflits sectaires et sanglants.

 

J'avais un certain bonheur, moi qui suis agnostique, à être parmi les croyants de "bonne foi". Mais j'attendrai en vain qu'ils expriment nettement leur liberté de conscience et leur sens de l'humain, ce serait tout de même réconfortant de les voir défiler avec des banderoles disant leur désapprobation à l'égard de la haine des juifs,  de la soumission des femmes, de la souffrance transformée en punition bien méritée. Décidément, le catholicisme n'est pas un tremplin vers "autre chose".

 

J'ai lu le récit de votre voyage dans le Tassili. Il y a une vingtaine d'années, je fus à Djanet, j'ai gravi le passage pour monter sur le plateau, et j'ai vu aussi les migrants. J'ai alors écrit un poème en prose, sous le coup de l'émotion et de la pitié.

 

 

LES MIGRANTS

 L'incandescente fluidité enveloppe la sphère où l'univers bascule sur un point sombre : zéniths noirs échappés à la certitude des repères cardinaux gréant les sens, à présent éperdus délirants dans l'air flottant palpable et rôtissant les sables

Il fuse un éclat d'ombre hésitant dans la forme d'un nom jusqu'à l'épuisement des mirages fébriles ; surgit la fièvre d'un contour devenu discernable, un feu follet noirci et bougeant au désert ; un point de mire mouchetant le regard jusqu'à l'impact à la surface du monstre craquelé né de ce lieu fissible parmi l'épanouissement des soleils disséquant la matière

La houle humaine rassemble les infinis sur la ligne brisant le cercle des horizons et pousse les combats rangés au rythme de ces corps baignés de flammes qui cèdent peu à peu aux pulsations de sang de chair et de sueur gagnant obstinément les marges grandissantes pour l'espoir d'un ailleurs invisible

Passe la danse mortelle des êtres déchiquetés dans une luminosité opaque, confondus en un point qui s'efface et coule dans l'au-delà des sables

Geneviève Cornu

 

 

 

 

Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Vendredi 3 juillet 2009
Nous allons à Lyon, mercredi prochain, tenir notre cercle de silence de Juillet de 19h à 20 h, place des Terreaux. Il n'y en aura pas en août mais en septembre, le 9 septembre.

Voici un beau poèmes écrit par un ami prêtre du Prado.


Ils sont venus à un rendez-vous
            curieux
            un peu mystérieux!

Un cercle s'est formé
            s'est élargi
            a grandi encore
            sous le regard des passants étonnés

Nous étions dix, quinze
            Vingt, trente puis soixante
            formant un cercle, un cercle de silence
            sous le regard des passants interrogés

Nous sommes restés là :
            10,20 minutes
            30, 45minutes et une heure entière
            sous le regard des passants questionnés

Ils semblaient nous dire :
            Vous êtes là, en silence, mais quelle est votre parole ?
            Que dites-vous? Que voulez-vous ?

Nous leur répondons
            Les migrants et les mal-logés lancent un cri à notre conscience.
            C'est pour cela, qu'avec eux, nous nous taisons et faisons « silence! »
      Nous demandons :
            Qu'en toute circonstance soit respectée leur dignité
            Qu'à chacun soit donnée sa chance en humanité.

        Ils sont « sans voix » !
        Avec eux, nous nous taisons !
        Mais notre silence devient un cri !
        Un cri non-violent
        mais un cri d'indignation
        que nous répercutons
        dans «ces cercles de silence»:

Jacques Lancelot Prêtre - Caen

Les « cercles de silence» sont nés à Toulouse, à l'initiative des Frères Franciscains. Ils ont formé ces cercles de silences pour demander que soit respectée la dignité de tout migrant quelque qu'il soit et où qu'il soit.
Il faut dire fort et bien haut que certaines Municipalités ont des programmes bien pensés et courageux de logements sociaux.


Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Lundi 29 juin 2009
Triste à voir :  à l'aéroport de Madrid

images d'aéroport...

où l'on prend le temps d'observer la chaîne de responsabilités, c'est-à-dire les différentes parts d'humanité présente et active dans les procédures d'expulsion : les "vrais gens" qui scotchent bousculent s'agacent sur le noir récalcitrant, ceux qui filment et photographient pour témoigner, et celui qui a le pouvoir de dire le "refus d'embarquer" et en fait usage in extremis. La mise en œuvre des politiques d'expulsion des étrangers indésirables a besoin du consentement de ceux qui ont un bout de responsabilité dans le dispositif, et le refus de ces politiques passe par la brisure de cette chaîne de responsabilité à un point ou l'autre du dispositif.... par l'usage d'un bout de pouvoir reconnu (jusqu'à quand?) contre l'embarquement/expulsion, ou par la désobéissance civile qui reconnaît la part de chacun dans le dispositif de violence et le fait ainsi dérailler.
Michel Agier


A mettre en parrallèle avec l'appel et la prière de Benoît XVI, du 21 juin 2009 (Angélus)

Prions aujourd'hui aussi pour la situation difficile et parfois dramatique des réfugiés. La Journée mondiale du Réfugié, organisée par les Nations unies, a justement été célébrée hier. Beaucoup de personnes cherchent refuge dans d'autres pays, fuyant des situations de guerre, des persécutions et des catastrophes, et leur accueil pose beaucoup de difficultés mais il est toutefois nécessaire. Que grâce à Dieu, avec l'engagement de tous, on réussisse le plus possible à éliminer les causes d'un phénomène si triste.

Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Vendredi 19 juin 2009

Faire du chiffre demande que l'on de regarde pas autour. En effet, devant unr loi, il n'y a pas de problème de conscience .

Agissant ainsi (demande-t-on les papiers à qui n'est ni jeune, ni maghrébin ?), les ministres montrent qu'aucune parole humaine, même silencieuse, n'est intimidante.

Que notre silence des cercles de silence soient encore plus interpellant, même s'ils n'intimident pas le gouvernement !

N'oublions pas Alea Eddine ElJaadi, ni tous les jeunes dans sa situation.

Arrestation sur le faciès et expulsion hors d'Europe. Ce n'est pas ainsi qui nous concevons le dialogue entre les frères de la Terre. Lire dans "Le Progrès" du vendredi 19 juin 2009.

 

20 ans, sans papier, Alea était hébergé par un militant d'origine juive, partie civile au procès Barbie, au discours tranché. Explications

 

Alea Eddine ElJaadi, 20 ans, de nationalité marocaine, a été expulsé jeudi matin par avion, à destination de Casablanca. Il était en France depuis cinq ans. Il a été interpellé par la police mardi soir, lors d'un contrôle dans le quartier Mermoz à Lyon. Son cas illustre le parcours des jeunes étrangers qui se retrouvent en situation irrégulière à leur majorité. L'administration leur refuse un titre de séjours, considérant qu'ils ne justifient pas d'un cadre familial ou d'une activité salariée stable. Il serait une cinquantaine dans cette situation dans l'agglomération lyonnaise, selon Réseau éducation sans frontière (RESF) qui dénonce avec force ces expulsions. Et pour qui le cas du jeune Alea Eddine est emblématique.

Le jeune homme a d'abord été accueilli chez une tante à Lyon, où il a suivi des études de plâtrier et obtenu un CAP. A sa majorité, en 2007, son lycée professionnel, à Bron, se mobilise pour lui éviter une première expulsion. Il termine son année scolaire mais en août 2008 il retourne au centre de rétention administrative de l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry. Là, un juge des libertés et de la détention décide de l'assigner à résidence. RESF met en place des relais pour assister les jeunes gens qui se fondent dans une existence clandestine. Le jeune homme est pris en charge.

Au cours d'une réunion, il croise Georges Gumpel, 72 ans, qui raconte : «J'ai été d'accord pour l'héberger chez moi, on a bien fait, le lendemain les flics débarquaient chez sa tante.» D'origine juive, Georges Gumpel a été un enfant caché pendant la guerre pour échapper au nazisme. Il a été hébergé à Lyon et en Haute-Loire. Il a été partie civile au procès de Klaus Barbie, car son père figurait parmi les victimes du convoi de déportation du 11 août 1944.

Après une vie professionnelle de fleuriste à Paris, Georges Grumpel est revenu à Lyon il y a quelques années. C'est un militant hyper-actif, membre de l'Union juive française pour la paix (UJFP) qui a pour particularité de soutenir les associations pro-palestiniennes, de contester vertement l'Etat d'Israël. Présent dans nombre de manifestations, Georges Gumpel tient un discours qui dépare.

D'ailleurs, il n'hésite pas à comparer son passé d'enfant juif caché à la situation du jeune Marocain qu'il hébergeait. «Je vois une concordance politique et morale à garder ce jeune garçon, je ne dis pas que la finalité est la même mais les méthodes sont comparables, on utilise des fichiers, on expulse et on se désintéresse de leurs sorts.»

« Je ne comprends pas cette débauche de moyens utilisés pour expulser un jeune majeur qui ne demandait qu'à suivre sa formation» estime Catherine Tourier, membre du RESF-69, «il m'a dit qu'il avait été maltraité avant de prendre l'avion, depuis nous n'avons plus de nouvelles.»


 

Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Vendredi 19 juin 2009

« L'Eglise a le devoir de dénoncer les erreurs fondamentales que révèle aujourd'hui l'écroulement des grandes banques américaines. La cupidité humaine est une idolâtrie qui va contre le vrai Dieu et contrefait l'image de Dieu à travers un autre dieu, Mammon. Nous devons les dénoncer avec courage mais aussi avec pragmatisme, parce que les grands appels à la morale sont inutiles s'ils ne s'appuient pas sur la connaissance de la réalité, qui aide aussi à comprendre ce que l'on peut faire concrètement. L'Eglise dénonce depuis toujours ce qui est mal mais elle montre aussi les chemins qui mènent à la justice, à la charité, à la conversion des cœurs. Même en économie la justice ne se construit que s'il y a des justes. Et ils se forment par la conversion des cœurs ».

Ce n'est pas Jacques Ellul qui a écrit cela dans les années 70, mais le théologien Ratzinger, répondant à un prêtre de Rome, le 26 février 2009. Ratzinger dont on ne connaît qu'une seule conférence sur l'économie prononcée en 1985 sous l'intitulé : « Market economy and ethics ».

Je tiens cette information du journaliste italien Sandro Magister, l'observateur aguerri du Vatican qui depuis très longtemps décrypte chaque semaine l'actualité de l'Eglise et des papes sur son site "Chiesa", traduit en quatre langues. Ce vaticaniste écrit pour l'hebdomadaire italien de centre gauche l'Espresso. Selon Céline Hoyeau de La Croix (15/04/09), il a l'art de mettre en perspective les textes et les décisions du pape à l'aide de documents plus anciens ou d'événements souvent méconnus.

L'événement qui m'intéresse ici est un article publié par « Il Regno » dans le N° 10 de 2009 où son auteur, Ernst-Wolfgang Böckenförde, un intellectuel allemand, demande à la doctrine sociale de l'Eglise de se réveiller de son "sommeil de Belle au Bois Dormant" et de se consacrer à une "contestation radicale" du capitalisme que rend indispensable l'actuel "effondrement évident" de celui-ci.

Ernst-Wolfgang Böckenförde est un catholique, philosophe, éminent spécialiste de la politique que Ratzinger a toujours lu avec intérêt et estime. En 1967, dans un essai qui avait marqué les esprits, il avait présenté ce que l'on a appelé depuis "le paradoxe de Böckenförde", selon lequel "l'Etat libéral sécularisé vit de présupposés qu'il ne peut pas garantir".

Cet auteur demande donc de renverser le capitalisme depuis ses bases car Marx a vu juste.

 

RENVERSER LE CAPITALISME DEPUIS SES BASES

 

De quoi souffre donc le capitalisme? Pas seulement de ses excès et de l'avidité et de l'égoïsme des hommes qui y opèrent. Il souffre de son point de départ, de son principe fonctionnel et de la force qui crée le système. Il est donc impossible de guérir cette maladie par des remèdes marginaux; on ne peut la guérir qu'en changeant le point de départ.

 

« L'organisation de la nature voulue par Dieu, les biens terrestres sont prévus pour la satisfaction des besoins de tous les hommes ». Reprenant l'orientation théologique de St Thomas, il rappelle que « la propriété privée des individus n'existe que dans le cadre de cette destination universelle et lui est subordonnée. ». Ainsi, en cas d'extrême nécessité ; le vol n'et pas un péché.

Solidarité :

« On voit apparaître ici un modèle contraire au capitalisme. Un modèle qui part d'autres principes fondamentaux et démasque ainsi le caractère inhumain du capitalisme. La solidarité n'apparaît plus comme une réparation, pour bloquer et compenser les conséquences nuisibles d'un individualisme débridé en matière de propriété, mais comme un principe structurant de la coexistence humaine y compris dans le domaine économique. »

 

Désormais, Marx n'étant plus, c'est l'heure de l'Eglise.

« Longtemps cette doctrine sociale de l'Eglise a eu une attitude plutôt défensive vis-à-vis du capitalisme dont les indiscutables succès l'impressionnaient. Elle l'a critiqué sur des points spécifiques au lieu de le mettre en discussion en tant que tel. Actuellement l'évident effondrement du capitalisme, dû à son expansion illimitée et presque déréglée, peut et doit permettre à la doctrine sociale de l'Eglise de le contester de manière radicale.

 

 

Mais plutôt que de vous donner à lire ces quelques citations je devrais vous inviter à lire l'intégralité de l'article.

C'est ici : Chiesa.  Il y a de nombreux liens qui conduisent très loin dans la réflexion.

 



Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf
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